CHAPITRE XV
DONNOR ,
A l'aspect de Donnor d'Ardagh et de son babil noir en lambeaux, le premier mouvement des bandits assemblés dans le parloir du rookcry fut de rire ; mais l'honnôte visage du pauvre Irlandais portait en lui quelque chose qsi commandait l'Intérêt, ce qui, joint aux paroles de Snail, fit taire les éclats de leur bruyante gaîté.
— Ah! t'est ton père, cela.Snail? dit Tom en toachantson chapeau : — «iablel...
Le gros Charlie et l'autre joueur (iront un signe de 'Me amical.
— Oui, c'est mon iière, s'écria Snail, mon brave homme de père, qui vient boire avec nous, pardiea !
Donnor avait continué de s'avancer d'un pas précipité tant iiu'avail duré son élan ; mais sa course l'avait épuisé. Il se laissa tomber sur un banc et tâcha d'étancher à l'aide de ses mains la sueur de son front.
— Voulez-vous boire, rfnJrfi/ (papa) ? demanda Snail ; — j'e vous présente ces trois gentlemen, qui sont mes amis et mes camarades.
Les (rois (jmtlemm firent trois salufs tels quels.
— Si ma femme Madge n'était pas sur l'eau, pardieu ! poursuivit Sna'l tn relevant son col avec une gravité grotesque, — je vous la présenler<iis, daddy
Doniror ne répondait point et regardait son fî's avec un muet éionnemeui. Le ton de Snail avait é é depuis le commencement de cette scène sans aucun mélange d'irrespeclueuse raillerie. Le petit diôlf était arrivé .'i ce point de pouvoir dire toutes ces sottises de la meilleure fui du monde.
— Je n'ai pjs soif, dit enfin l'Irlandais avec effort ; — vous avez de beaux habits, Snail.
— Oui, daddy... je ne suispasm.éLCTilentdemon tailleur... je p:'nse (lue ma toilette est celle de Ions les gens comme il faut.
— Pasvre Nel! ! murmura Donnor.
.^vSnail n'entendit pas. S'il eût entendu, il n'eût point compris ce qu'il y avait d'amère douleur dans le souvenir évoqué d'une cha^le épouse en face A^ la'déjiravairon d'un fils.
— Da^ldy, reprit-il de ce tob de bonne amitié que pr. ndrail un lils honnôlemcnt parvenu en face de son [(ère rts'é pauvre, — vous ne vous soignez pas ass z I Vous èies maif;re co'Dma vin paralounttr.v daddy!.. n'est ce pas, Toni? .. Que diable ! vous me ferez passer pour un mauvais lils !
— Laissons cela, ^filant, dit Doiiror avec une gravité pleine de liisiesse; je ne suis point \enii ici pour m'occupcr de moi .. Où do;.c est votre sœur Loo ?
— Loo!...)>ardieu ! j'y pense, daddy, vous avez raison... j'avais engage Loo ù venir vous faire la révérence comme c'est ion devoir... Elle sera ivr,\dad, peut-être, voyi'z vuU'-. . C'est la moindre d;s choses... Il faut bien qu'elle liumccte n j.auvre poitrine. . Mais où diable est-eile? ajoula-l-il en parcourant le parloir du rcgarJ.
Loo avait disparu.
— Par exemple, voilà qui n'est pas bien, reprit Snail d'un ton sentencieux ; — voyez-vous, Tom, mon ami, je n'aurais jamais cru cela de ma sœur Loo... Que diable I il faut savoir un peu se conduire... Loo I ma sœur Loo !
— Assez, Snail, dit l'Irlardais, je vous parlerai seul.
— Du tout, daddy, du tout ; il faut que Loo apprenne les bonnes façons .. Elle est la sœur d'un gentleman et ne doit pointagir comme une lille sans aveu... Loo! ma sœur Loo!
On entendit le bruit étouffé d'une toux convulsive que l'en cljerchait à réprimer.
— Eh 1 je savais bien ! s'écria Snail ;— elle est tombée dans quelque coin... Si c'est comme cela, vous sfnlez, daddy, qu'il n'y a rien îi dire... quand en est ivre ..
— Cette toux est affreuse, murmura Donnor qui s'était levé.
— C'est une mauvaise toux, daddy... Mais avec du gin CH la lait taire... Tenez ! je vois le !-)out de sa robe.
Il s'élança 1 1 lira le bras de Loo cachée derrière la cloison d'une case —la pauvre pt tite flile faisait résistance. L'abrutissement de ses facultés inltllcctuelles avait empêché le poison de l'exemple d'agir aussi efficacement sur elle que sur son Irère Snail ; elle pouvait encore avoir honte devant son père qu'elle aimait.
C'é ait |iour cela qu'elle s'était cachée.
Snail la fit sortir de force de sa case et la poussa au devant de Donnor en disant :
— Allons, Loo, par le diable, ma sœur, pas d'enfantillage 1 Faites la révérence au daddy, Loo!
La peii e fi le, confuse, mit ses deux mains sur ses yeux humides.
— Père !... oh! père! murmurât elle en pleurant.
Donnor avait l'âme brisée. La vue de cette toilette caractéristique, de ces oripeaux d'infamie, la vue de ce fard plaqué sur des joues baves aux pommettes desquelles le gin et la consomption avaitnt mis seuleacent une étroite tsche de sang, la vue de cette poitrine creuse et convulsivement soulevée, tout cela le navrait. Le doigt de la mort était sur celle enfant parée pour l'orgie. Elle haletait parmi ses larmes, et sa toux, contenue, amenait une salive rougeâtre à ses lèvres décolorées.
— Elle ressemblait à Nell pourtant aufrefois^ pensa Donnor —Pauvre Nell ! Elle a bien fait de moarfr 1 ""%
Loo se t^na l toujours devant son père, immoBile et les yeux couverts doses mains. Donnor lui-rait au front un baiser en levant son regard humide vers le ci^T
— Que Dieu ail pitié de vous, ma fi le, dit il.
— Oh ! mumura Loo, je vous aime, daddy... et je pleure quand je pense à vous .. Mais il r'.c faut du gin pour éteindre le feu qui est là dedans.
Elle pressait à deux mains sa poitrine.
— Du feu, ajoutât-elle, du l'eu, toujours!... Si vous saviez, daddy, comme je voudrais mourir!
Donnor fit un geste de mtiol désespoir.
— Diibb;! dit le gros Charlie, —-ça commence à m'ennuver.
— Cet habit noir est un vrai rabâljoic, ré|)liqja Tom Turnbull,— mais pas d'esclandre, vous autres. Il a l'air d'un brave homme.
— Vrai, daddy, vous m.c faites pleurer comme un fnfanf, s'écriiit pendant cela Snail, (|ui réellement s'était ému sans trop savoir iiourqioi... Un gentleiraii ne doit {as pleuriT, que diable! e'. d'aileurs j'ai dOiirc mon m.ouchoir de batiste à ma jolie Madge... Alltns, daddy ! a loi s, Loo ! assez dejélémia'es comme cela, ou qu; Dieu me damr.e!... et vive la joie.
Snail termina relit- harangue éloquente par nn formidab'e miaulemeni qui tit sauter à la fois tous les personnages présens. Malgré ses prétentions au titre de gentleman, Snail enclianléde l'elfet produit, allait rcdoul-ler, lor.--qu''jn regard de son père lui fcr^ra la bouihe.
— Du diable si on peut rire avec vous, daddv, grommela-
— J'ji ù vous parler, Snail, dit doiici^m-nt Donnor qui se souvenait du motif de sa visite.
-■Me parler, Jai?.. en particulier, je pense?... Quelque secret de famille que le père veut me confuT, ajoulat-':! en se tournant vers ses camarades... Je suis le lils aiii(', voyezvous... l'hériiier pr('SOBiplif, ma foi!
— Faites vos affaires, monsieur Snail, dit gravement Tom ïurnbull.
— Ga-dez moi mon jeu, reprit celui-ei... faites un mort .. Je. vais r.venir ; — daddy, je suis à vous.
Donnor conduisit ses deux enfaiis :i la case la plus éloignée Il s'assitentre eux.
Turnbull se reprit à mêler les caries.
— Le l'ait est, dit il bvecuiie sorie de sérieux, que si j'étais le père de deux vermines semb'a'des, — et lionnèle homme, par hasard, — je les écraserais 1 un contre l'auire, moi!
— Bail! grommela Cliailie, Loo n'a pas quinze jours à vivre et Snail ne fera pas longicr.ips attendre le gibet... Tu perdr.iis la peine, Turnbull.
Trois jours se passèrent. Le pauvre Donnord'Ardjgh, dans son zèle enlliousiasle, avail iirumis .\ la léi;ère plus qu'il ne pouvait tenir. Snail ne savait rien et n'avait nul moyen de savoir, malgré son intelhjîence réellement fort précoce. La grande Famille, en effet, n avait garJ d^, codier ses sccre's à ses ageus subalternes. — Snail avait juré foi dliouime qu'il allait donner satisfaction à son pèie sous vingt quatre heures Présomptueux, vain et ne manquant pas d'ailleurs d'une certaine bonne volonté, il tâcha peut être, mais ne réujsit point
Au bout de ces trois jours, Stephen n'avait donc encore aucun indice qiii put le mettre sur la trace des deux sœurs, il savait seulement (lu'elles n'é'ai iit point tombées sous les coups des assassins de la Résurrection Celait une consolation négaiive, un préleSite d'espérer, m e. couragenient à continuer sans relâche \es démarches elles recherches.
Donnor d'Arilagh se multipliait. Son zele ardent lui donnait dts forces. 11 ajlait tant que durait le jour, s'infurmant, furetant, épiant. Le soir venu, il rendait compte ù Stephen des eflortsjde Si journée, et comme ses efforts avaient c;é vains, il Récusait ainèremcnt de son impuissance.
Dans l'univers entier, il n'y a jieui être pas deux peuples aussi e.'Seutieliemciit dilVérens \nn de l'aiilre que les .anglais et les IrlauJais. Autant les premiers sont dignes jusqu'à la morgue, léservés ;usqu'.i la froideur, personnels jusqu'à cet égo'isme qui s'accole à leur nom dans les deux mondes en façon de locution proverbiale, autant les autres sont d'abord facile, communicalifs, empressé-s serviabksel toujours prêts à semelirc à la di position d'aiitrui.
Os qualités aimables sont, il est vrai, accompagnées chez l'Irlandais d'une sorte d'exagération full '. Il parle de mettre sa main au feu pour un ani d'un jour, et vous jette à la têle, après un quand heure 'de connaissance, l'oUVc brufqiie de sa bourse et de son reur.
On p ni prendre son cœur, qui est bon, quoique versatile, élourdi, oubli ux.
Mais nous délions i\i'\ que ce soit de prendre sa lourse. — Ceci soit dit sans 1 off user, car, s'il m avait une, nous croyons sincèrement qu il l'ouvrirait volontiers.
L'Ai.g'aisau <on'raire a «ne bour.-c, toujours, mais il ne l'ouvre poil t, si ce li'. si pour prodiguer toutà coup, un jour oti la fa laisie le talonne, son revenu de dfux anné s avec le lasic bruyant d'une oslentalioii groshière et brutale. — Si le nmes cnrcgi. trait dans ses incommensurables colonnes les ncms des gens charitables, les Anglais se ruineraient en aumônts. j
Aussi, sont-ils 1res forts pour les assoi iaiions de bienfaisance, où l'aumône se fait à grand bruit et où chacun a le ; droit de signer son oITrande.
Il n'y aura pas beaucoup d'Anglais dans le royaume des rioux. I
L'AniîIais est loyal commerçant ; sa parole vaut sa signa- ' lure, qui est bonne; il ne s'engagft jamais à la légère. L'[rlandais, malheureusement, ne suit point c tte nétbode S'il
LE SIÈCLE. --
fait un commerce, ce qui est rare, il joue au plus fin, promet sans tenir et laisse proiesler ses billels.
Mais, hors du commerce, l'Anglais reste toujours un marchand : il y a de l'usurier jusque chez les lords : l'Irlan'ais, au contraire, sait êire homme. Tous lessenlimens g iiéreux sont en lui. Il aime, il se dévoue, et sa rcconnaissjnce, lorsqu'elle parvient à percer l'atmosphère d'oubli et d'é'.ourderii» où nage son cœjr d'enfant, revél tous les caractères de la passion.
Si l'Angleterre atteignait enfin le but de ses dé?irs et parvenait .'i dominer le mon le, l'univers se mourrait bienlôl du sp'e.'n. Si l'Irlande devenait un peuple et prenait la tête des naiions, quels gais nî^p/î'nji ou verntil de tous côtés! Newloik triniuerait avec Berlin, Camion avec Paris, et la polkî serait dansée, le jour tt la nuit, sur toute la surtace du g'obe.
On sait l'immense iuiqailé de la conduite de l'Angleterre vis-à-vis de l'Irlande. Ce compte-là te balancera quelque jour, et John Bull, q;:i s'engraisse de l'autre côté du canal Saini-Georgi's, sous re-;:èce d'un mi lier d'épais bénéficiaires protestans, verra sa portion rognée. — Daniel O'Connel adéj^ bien de la peine ;i empêcher de mordre lea longues dents de l'Irlande, aiguisées [ta;' un ieùne de deux siècles.
Eu a tendant, une chose qui mérite d'être notée, c'est la haine hargneuse de l'Anglais protestant contre l'Irlandais catholique. Ou dirait que les premiers pressentent le terme prochain de l-ur <r:<'"'Si et usuralre tyrannie. Quand le bourreau descend ù la haine, c'est qu'il a grand'peur de sa victime.
Quant au mépris systématique, affiché longtemps par la métropole, les é\énemens se soni chargés eux mêmes d'eu faire justice.
Donnor d'Ardagh était un vcrilable Irlandais, mais les défauls parliculiers à sa race étaient mitigés chez lui par une sorte de mélancolie native. Il n'en était pas exempt tontà-faii, et peut-être avait-il montré plus d'une fois en sa vie l'oublieuse versatilité du caractère national Mais ici la main de son bienfdiienr l'avait tiré d'une détresse si profoiule ! C'était a vie qii'on lui avait donnée en aumône, — et jinis tout àioup sa reconnaissance ardemment exe tée séiait trouvée en face d'un malheur. Elle n'eut pas le ten.ps de se refroidir. Donnor se mit à l'u^uvre aussitôt Faible, il travailla comme un homme fort. Une lois l'œuvre commencée il la continua sans se lasser. Plus on serf, plus on veut ser- ' vir, quand on a l'àme bonne. Le dévoûment se mulliplie par lui-même dans sa course, et il est au cœur de l'homme une faculté sublime qui le pousse à aimer mieux à mesure qu'il sacrifie davantage.
Désormais la rainure était creusée. Donner apparlenail à Sle|duMi plus complètement que si le jeune m'decin eût accepté le faulasiique marché proposé naguère devant la porte de l'oflicede monsieur Dishop, dans Worship-Slrcet.
Par malheur, le pouvoir du pauvre Irlandais était loio d'avoir 1 s mêmes pro|)ortions que son ièle.
Sl<phcn luttait avec son énergie calme et le sang froid de sou courage contre l'arcablenjCiU qui le gagnait. Sa mère brist^e par ce coup affreux qui l'avait frappée à l'i.xprovisle^ gardait le lit, et Mac Nab pirlageait le temps que lui laissait l'aclivilé de ses re. herches entre le chevet de la vieille dame malade et ce ui de Fraiik Perceval.
Ce dernirr était en \oie d.', convalescence et le vieux Ja k se délectait à consalcr chaque malin un peu de mieux.
— Celui-lù au moins, disaitil, fera mentir la devi.se du grand écusson... une belle devise ppurlanî... Moro ferra iiost a mors! . M;'.is pis agréable à mitire en action... Nous avons tiiéde là Sou Honneur : que Dieu soit hénil
Depu's cette nuit de veille qui avait préeéJé la falale nouvelle, celle nuit où le monologue de Stephen, tourmenié à la fois par sa jalocsie et ses souvenirs, s'était rencontré d'une laçon si extraordinaire avec le rêve de Perctval, le jeune médecin n'avait point eu le temps d'e;itreleuir son ami. Ses visites n'avaient f»lé depui.i trois jours que de courtes ajiparitions, où i' seh'iiaitde faire sou oliice de médecin, pour s'échapper aussitôt après cl reprendre sa pénible t.lch'e.
PAUL FEVAL.
li n'avail l'oinl cependant ouilié son dessein d'inlerrogrr Per cval. Loin de là, son désir sVlail accru pai mi les circonstances funestes où il venait de passer, parce que l'enlèvement des deux sœurs se ratlacliait pour lui, par un lien 'agiie du reste et qu'il ne sa^ailpoint définir, au suj^l di' ses s imbres médilalions duraul la nuit de uille.
Bien des lois, depuis tro's jours, il s'éiait dit que l'inconnu de Teniple-Cliurch n'était joint Oranger à l'enlèvement.
Cette iJfe ne tenait point de Rnt le ra'sonnement, car la conduite d'Eihvard durant cette soiré;', qui avait été comme le prologue des mallieurs du pauvre Sleplien, prouvait claireiiieni qu'il ne connaissait point les deux sœurs. Et d'ailleurs, la connaissance admise, pourquoi le beau rêveur tiltil enlevé deux jeunes filles? Les larrons de sa tournure se fon:e. lient d'une proie à a fois et ne sont point si s:révoYans que de se faire une réserve de raailresses,
■> aisSl'-plu'n avait beau se réiéter toutes les choses raisonnables, il n'y croyait point. Il y a ait en lui parti ^ris de bairle Difgiiilique inconnu de Temple-f hurcli, et les Ecossa's sont presque aussi entêtés (pie les Gallois.
I 6 soir de ce troisième jour, il quitta sa mère à la brune et s'achemina vers Diidley House, résolu à tenter de découvrir ce qu'il pouvait y a oir de commun ettre le rê'C dî Perceval et sa préoccupation à lui.
C- rapprochemeni étrange, celle rencon're du sommeil et de la veille pouvait n'être qu'un hasard. Mais...
Mais, en défini i'e, on exp'iqurrait toutes choses avec ce mol hasard ! Et loutes choses seraient assuiémcnt fort irai expli;|ué.s.
— Eh bien ! ami, s'écria PerccTal dès que Stephen fut entré dans la hambre, — qu. Iles nouvelles aujourd'hui ?
— Aucune! répondit trisiemenl Stephen.
— Pauvre Mac-Vab! que je voudrais 'lire debout pour vous aider dans vos recherches... Ah! chaque minute me montre plus grand ie mal qac m'a fait ce marquis de Piio- Sanlo'... Pensez- ous que je puisse me leverdmiain, Stephen?
Siephen lui lûla le pou's et l'examina.
— Peut-être, dit il ensuite; — vous êtes mieux, Perce al; ou ne peut plus craindre de vous faire parler... et j'ai d'imporlanics questions à vous faire.
— ['es que lions? répéta Fra!:k élonné; — j suis prêt à vous répond.e .. niais quepouveivousavoirà me demander qui no.-cssite un début si solennel?
Ste|)hen essaya de sourire.
— Mon Dieu I diiil, ma li islesscdéieinl sur loutes nieï paroles et sur loules mes actions; Frank... mais ce que j'ai à vous demander n'est rien moiiis que sol nnel... Au contiaire, il s'agit d'une circonstance futile et qui emprunte tout son intérêt à un souvenir Urrible, l'assassinat de mon père, — ([u'une renconire rccenleest venue raviver en moi... Vo ci ce dont il s'agit. Perceval.
Stephen raconia ici en peu de mois ses sombres raéditalions, landis qu'il vrillait au chevet de son ami blessé. Il psrlj de sa jal usie, de 1 inconnu de Temp'e-Chur^h et de ta ressemblance avec l'assassin de son père.
— Quelque chose manquait à celle ressemblance, Frank, ajoutil il. Q elqiie chose dont j.; ne pouvais po nt tne rendre compte... et c'est veus qi.i, en rêvant, av.z misfii'. à n:es iiieeititudes.
— Gomment ce'a? dem;nJa Frank.
— Jech rchais ift trait, — la chose, — qjï manquait à cet liomme pour ressembler parfaitement au meurliier. . et vous avez prononcé le nom de la chofc <\u\ manquait. .
— Alil... lit insuucieusemciil Perceval.
— Vous avez dit : 'acica(ii?e...
— La cicalrice! lépéla Frank, qui pVjil et se souleva à deaii.
— Puis vous avez dépeint ceU.; cica'rice.
— Ah! lit encore Perceval, mais non plus cêlte fois svec insoueiance; — et. . dites moi, Stephen . ai-je prononcé le fccm du marquis de Ric-Santo';'
— Nos, répondit Stephen qui, à son tour, s'élonna; — vi Us savi z doe.c ce que je veux dire ?
Fraik tourna h lêle vers le portrait de miss Harrict Perceval qu'éclairaient confusément les derniers rayons du jour.
— Oui, Stephen, oh 1 oui, muraiura-l il avec une douloureuse émotion; —je sais ce que vous voulez dir.-... Pauvre sœur!.. Ce rêve nic vient souvent, et c'est ui horrible rêve !..