CHAPITRE XXIL
CURIQSITÉS DU CŒUR.
Pendant la conversation éminemment frivole que nous avons rai>portée au précédent chapitre, miss Mary Trevor et Diana Siewart s'étaient isolées du cercle principal et s'étaient fait, pour elles seules, une conversation bien différente de celle du gros de l'assemblée.
■— Mary, disait Diana, qui était devenue sérieuse devant la détresse de son amie ; ma bonne Mary, ne m'ouvrirez vous point votre creiir?... Vous vous souvenez bien que nous nous sommes promis de n'avoir point de secret l'une pour
sol
l'autre... moi, je n'ai poinl de secret; si j'en avais, vous le sauriz .. IN'e ni'aiinez-vous donc plus, Mary ?
— Si, Diana... oli ! je vous aime bien... comme autrefois... mieux qu'autrefois, depuis que ceux qui m'aimaient m'ont oabliée!... maisje n'ai pas de secret.
— Et pourquoi donc étesvous si pâle, Mary?... Pourquoi nesavez-vous plus sourire?
— Sivais-je donc sourire autrefois ? murmura miss Trevor. — Diana, vous n'y songez pas... moi, sourire!...
— Oli I oui, sourire I être heureuse, Mary... Miss Trevor baissa la tête.
— Être heureuse ! répéta-telle, comme si ce mot eût été pour elle un terme d'une langue inconnue.
— Vous réliez auirefois, Mary...
— Diana, j-- ne m'en souviens plus.
Mary laissa tomber ce mot tout bas. Il était l'expression simple et sini ère d'un découragement si profond, que miss Stewart sentit ses yeux se mouiller de larmes.
— Chère Mary, dit elle, ne parlez pas ainsi... Vous ne pouvez avoir oublié nos bonnes causeries au château de ma mère, et nos longues promenades dans les grands bois de Ttevor Castlel... Quels beaux rêves d'avenir nous faisions toutes deux!
— Celaient des rêves, Diana!...
— Des rêves qu'on peut changer en réalité, Mary !. . Tout n'est-il donc pas autour de vous comme autrefois 1 Voici mon cousin Frank r.;venu de son voyage...
— Il ne faut pas me parler de Frank, dit miss Trevor en fronçant légéremenl ses délicats sourcils.
— Pourquoi, Mary? ne l'aimeriez-vous plus?
— Non.
Mary tourna la tête. Lorsqu'elle regarda de nouveau sa compagne, une sorte de sourire pénible à voir conlraclait son visage
— Vous ne satfz donc pas.* reprit elle ; j'aime 1^ marquis de Rio-Sanio !
— Vous aussi ! s'éiriamiss Stewart.— Oh ! prenez garde, ma pauvre Mary I j'ai ea bien peur de l'ainier, moil... Je crois que je l'ai aiuié... je crois même. .
Diana s arrêta ei devint plus rose qne le sat-n du ruban qui nouait sa riche chevelure.— Puis tout à-( oup elle fourit de bon cœur.
— Mais moi, poursuivif-elle, j'aime à ma manière et n'en prends poiut de mélan olie... C'est le roi des hommes, après tout !... Ah I vous l'aiBiez, Mary... Eh bieu I je ne puis dire combien je suis heureuse de vous voir plaisanter. .
— Je ne plaisanie, pas, Diana; je meus.
Miss SIewarl ptrJit son sourire et contempla son amie, dont la Voie plaintive s'él.iil emplie tout-à-coup d'amertunt'.
— Vojs raent'z''. . répéta-t-elle sans comprendre.
— Je souffre ! murmura miss Trevor.
Diana passa son bras autour de la frêle taille de sa compagne.
— Cela sevoil trop, pauvre Mary Irépliqua-t elle en soupirant; mais VL'lra pens e m'échappe .. vos paroles n'ont plus de sens pour moi ..
— Tant mieux, Diar.a ! c'est qie vous êtes heureuse.
— Je le serais, Mary, si je ne vous voyait! point souffrir... Et je voudrais tant vous soulager... mon Dieu! Mais je ne comprends plus votre cœur... Par pitié pour vous et pour moi, répondez-moi sans détour. JN'aimez vous plus Frank Percevai?
— J'épouse le marquis de Rio Sanlo, Diana.
— On me l'avait dit... Je n'y voulais point croire.. Pauvre Frank !
Mary aspira fortement l'odtur kre et subtile de son flacoa de sels.
— J'espère que je mourrai bientôt! dit elle. Les bras de miss Stewart retombèrent.
—Mourir! reprit-elle ;— Oh ! vousraimezencore,Mary!... El comment l'aur'ez-vous oublié! Un noble cœur comme le vôtre ne change point et n'aime qu'une fois... Mais quelle tyrannie étrange force donc ainsi votre volonté? Lord Trevor est le meilleur des pères, lady Campbell ..
LE SIÈCLE,
— Ecoulez I interrompit Mary avec un frisson de terreur.
— Qu'y a-t-il ? demanda miss Siewart.
— IN'cntendez-vous pas?...
Diana écouta de toutes ses oreilles et n'entendit rien, si ce n'est la voixtlùtéedemonsieurlevicomtedeLantures Luces, narrant, de l'agréable façon que nous avons rapportée, une eccentricity de Brian de Lancester.
Les nerfs de la pauvre Maiy semblaient cependant violemment ébranlas.
— Oh I j'entends, moi ! dit-elle, et ce bruit me fait peur..; C'est une voiture, Diana, qui court sui- le pavé de Park-Lane : si c'était la sienne!...
11 y avait une indicible épouvante dans la voix de miss Trevor.
— La voiture de qui? demanda Diana.
— La sienne I je l'entends de bien loin : quelque chose de lui absent correspond avec mes pauvres nerfs et les torture. Ma tante dit que je l'aime... et je l'aime peut-être. Diana... n'aimez jamais, oh ! jamais! Vous qui êtes si fraîche et si jolie, vous qui souriez si gaiment, Diana ; vous qui chantez si doucemert à votre harpe, vous qui dansez au bal avec une joie si franche, vous qui êtes libre partout et partout heureuse, n'aimez jamais, cela lait trop .«louftrir! On apprend à pleurer, Diana ; on devinU pAle et bien triste... le chant irrite, la danse fatigue... et la nuit... OU ! la nuit. Dieu qui n'a point pitié VOMS envoie des rôves de bonheur... Des rêves quand le bonheur est impossible et que l'angoisse vous guette au réveil 1
Mary levait au ciel ses grands yeux sans larmes; sa voix était sourde et lente comme l'atteinte du désespoir.
— Pauvre Mary! soupira miss Siewart qui devinait vaguement l'ttendue de cet étrange martyre.
— Il y a six jours qu'il n'est venu, reprit Mary Trevor; — sais-;e, mon Dieu ! si je d.-sire qu'il revienne ! Je souffre autant quand i! est loin de moi, parce que sa pensée est toujours présente. . Ah! j'espère q e je mourrai bientôt!
— Mais autrefois Mary, s'écria miss Stewart navrée, — quand vous aimiez Frank Percevai, vous ne souffriez pas ainsi!
Une lueur passagère é.-laira le front pûle de miss Trevor.
— Autref.iis, murmura-l-cl'e, - autrefois I... quand il devait ven r, comme jetais joyeuse! comme j'épiais la marche trop lente de l'aiguille sur le cadran de la pendule ! Que j'étais pressée de le voir, heureuse de sa pié^enie, attentive k fa noble parole, jalouse de chacun Je ses regards! Mais ce n'est pas hi de l'amour, Diana . Ma tante m'a longuement expliqué tout cela... lo guement et souvent... si souvent qu'une brume a couvert ma propre pensée. L'amour, voyezvous, est un supplice, et* e que j'éprouvais pour Frank était un senliment tout plein d espoir et de bo. heur... Oh! c'est le marquis de llio S.icti que j'aime!
Cette parole, qui semblait être ui e raillerie amère et désespérée, Marv la prononça d'un ton de mo^ne convi;;tion.
—Mais c'est de la folie, chère Mary ! s'écria Diana ; —vous avez mal compris lady Canipbcli, ou la fascination exercée parcr-t homme a troublé votre inldligeuce... Vous aimez Frank, vous ne l'avez jamais aimé d.ivantage.
— Vous êtes UEeji-une fille, raa bonne Diana, dit miss Trevor en secouan' la tête, — et vous n'enie.idez rien à ces chcs s .. ni moi non plus, vraiment... j'en meurs sans les connaiire.
11 y eut un instant desilence entre les deux amies. Monsieur de Lantures Luces avait tini son récit, la conversation faisait trêve aussi de l'autre cùté du salon Diana contemplait sa compagne avtc une douloureuse curiosité. Mai y semblait méditer, ou, pour jiarler mieux, ele livrait son esjirit sans défense aux assauts de sa tristesse accoutumée. Un nuage de mélsncolie plus amère descendit tout à-roup sur son front.
— Elle est bien bêle, Diana, sa-cz-vous, dit elle, la femme qui ni'a pris le cœur de Frank Percevai !
— Que dites vous, Mary? répliqua vivenent miss Stewart frappée d'un trait de lumière ; — Frank aimer une autre femme!... Oh! que je voudrais ne me point tromper et croire que la jalousie seule fait votre tourment! Je vous rassure-
PAUL FÉVAL
rais.... car vols êtes dans l'erreur, Mary !... et qui sait si l'on n'a point cilomnié le pauvre Frauk auprès de vous?
— J'ai vu, répondit Mary; — elje est bien belle I
— El qu'avfz-vous pu voir! s'écria Diana, retrouvant toute sa pétulance. — Frank «si moii cousin, et je ne souffrirai pas.. Pauvre Mary, se reprit-elle; —pardon ! Je pense con;prendre à présent vo:re mal... Mais qui donc dans la maison de James Trévor est l'ennemi de Frank Percerai?
— C'est moi, répondit miss Trevor, dont l'œil eut un fugitif éc'air de courroux.
— Vous, Mary!... Comment voulez-vous que je vous croie? Je vous sais si noble et si bonne! Oh! lout cela est bien étrange, mon Dieu I... J'ai cru comprendre un instant: mais jevois raainlenint que touies ces choses bizarres sont audessus de ma pauvre intelligence... 11 y a comme un sort jeté sur vous !
^■^ Peut-être, Diana... mais qu importe?.... Ne sais-jepas qHe je mourrai bientôt !
Ce fut en ce moment que la comtesse de Derby, annoncée, entra dans le salon de Trevor.
Jadis, avant l'arrivée de Rio-Santo à Londres, lady Ophelia était fort intimement liée avec W) Campbell. Depuis, sa îiaison connue avec le marquis avait naturellement refroidie les rapporl.s enlre elle et la lanle de Mary. Néanmoins, ces Telations n'avaient point cessé : ou ne rompt point volontiers tout à fait dans un certain monde, parce qu'une rupture lait parler toujours. Nous avons vu lady Ophelia au bal de Trevor-House.
Mais il était bien rare maintenant que lady Oplielia et lady Campbell se rendissent visite sans façon pour ainsi dire et les jours réserves aux intimes. Lin mur d'étiquette s'était élevé entre elles deux. Elles ne s'aimaient pas.
Au contraire, lady Ophelia avait conservé pour Mary Trt- Tor une sorte d'amiiié ou plutôt une tendre compassion. ïMary était sa rivale pourtant; mais l'âme véritablement nfiLle de la comtesse de L)«iby ne pouvait prendre de haine contre ce débile et inoffetisif adversaire que lui donnait le hasard. — Et puis son esprit exquis, mondain, tuhtil et savant à ùislinguer les nuances les plus imperceptibles, voyait clair ou à peu près au fond du cœur de Mary.
Elle devinait que .sa véritable rivale n'était pas la lauvre enfant, mais sa tante, lady Campbell, dont l'entètcrnsnt était uce passion ft qui aimait, — à en perdre l'esprit vraiment! — pour le compte et .i la place de sa nièce.
Nous ne sachons pas «ju'on ait fait er.core de comédie sur ce sujet. La maiièrecst un [cuinfaisissable; maisSIieridan ou mieux FielJing l'auraient pu nietlie à la portée de tout le monde. — Et quoi de plus comique, ca effet, que ces excellentes personnes, arrivées à l'iSge de la sagesse, qui poussent le dévoûment jus.]u'ii se charger d'avoir un cœur pour autrui?
Les lady Campbell, hélas! sont moins rares (ju'oii ne le pense. Ce sont de vertueuses femmes, de spirituelles femmes, d'aimables femmes.
En vériié, cela est ainsi. Nul ne peut dire le contraire. — Et ces bondes créatures, remp'ies de douceur d âme, font plus de mal chacune que trois ou quatre mégères do la pire espèce.
Elles so'it oisives. Elles ont trop d'esprit et trop de cueur; elles emploient l'un et l'autre. 11 le faut bien : c'est la loi de nature.
Avec un peu plusd'égo'isme, elles cherclieraicnl le bonheur pour elles-mênus; avec moins d'esprit, elles ne seraient plus dangereuses.
Tournez cela d'une certaine favon, vous toucherez au grotesque et vous ferez rire ; mais sur nos lèvres, à nous, le i ire se glace: sous ce burlesque travers il y a eussi de la tragédie.
Par les soins empressés, g'néreux, maternels de toute lady Campbell, il y a presque toujours quehiue .Mary Trevor qui pâlit, q' i souffre et qui pleure.
La comtesse de Derby, avec son coup d'oeil de grande dam?, avait dès longtemps fait la part de la tante et de la nièce :â li première 'outc sa rancune, à l'autre sa compassion. Seu ement, comme elle ne poavait mesurer exactement l'extrf me esclavage moral de missTrevor,elle ne saYaitpoint j au juste jusqu'cii allait son martyre. *
aaaaE3ŒSî:
L'entrée de la comtesse de Derby causa quelque surpris^ pjrmi les habitués du salon de Trevor House Chacun d'eux savait parfaitement les termes où en étaient ensemble la belle visiteuse et la niaiiresse de la maison. Le vicomte de Lantiires-Luces caressa énergiquement la chaîne de son lorgnon ; Icsportman grommela : Du diable! et miss Cicely Kemp ouvrait déjà sa charmante bouche rose pour prononcer quelque énormiié, shohing au premier chef, lorsque lady Margaret eut le bon e^prh de lui imposer silence d'un geste.
Quant à lady Campbell, qui n'était certes pas la moins surprise, elle se leva souriante et courut à la rencontre de son ancienne amie avec un vériiai)le transport de joie, ce qui donna occasion à loul John Tantivy de grommeler à part ioi cette judicieuse rc flexion :
— Deux jumens se battraient en pareil cas, et voilà cellesci qui se caressent!
Le mot celles-ci, dans la conscience de lord John, n'impliquait du reste aucune comparaison blessante pour la plus belle moitié de l'espè' e chevaline.
Les joueurs de whist s'étaient le\és. Il y avait ou réception dans les règles.
IMais autant hdy Campbell semblait empressée, ravie, autant la comtesse de Derby paraissait mal à l'aise et troublée. Et c'était une cho.=e fort éiriuge, car lady Ophelia était renommée dans Londres entier pour son incomparable science du monde. Ses rivalei copiaient sa tenue, désespérant de faire mieux en faisant autrement qu'e'.le.
Elle était très pâle. Ses beaux yeux gardaient quelques traces de fatigue ou peut-être de larmes. Son rrgard était distrait jusqu'à l'égarement.
— Je ne vois pas miss Trevor, dit-elle avant de s'asseoir; — serait-elle ma'ade ?
Mary était devant ells.
— Ah !... reprit lady Ophelia en l'apercevant ; ~ vous êtes bien changée, i hère Mary !
Elle la baisi au front, et, par un geste involoritaire, sa main se glissa dans son sein. Mais elle la retira vide eiro.ugit, comme si tlle eilt été sur le point de faire uiic niauva se action.
Puis elle s'éloigna brusquement de Miry po.;r aller s'ïsspoir au milieu du cercle.
— Madame, lui dit Lanluris Laces, je ne pense pas vous avoir vu jaa.ais une aussi ravissmte agrafe !
Il est juste d'ajouter que lady Ophellj n'avait point d'éventail (jue le petit Français pùi admirer de préférence.
— N'alh z vous j)oiuî, reprit-il, nous donner des nouvelle.^ de ce cher Fr^nk l'erceval ?
LaJy Ophelia changea de couleur.
— Cor..:me vous rougissez, niilady ! s'écria l'Honorable Cicely Kemp; — et comme vous palitsez maintenant !
— Laissez, mon amour, laissez, murmura lady Mirgar.-t.
— Frank Percevait balbutia lady Ophelia; —je ne sais .. en vérité... monsieur...
— L'jrd John se sera trompé, interrompit le petit Français, qui avait bon cœur, après tout.
La comtesse ail. si avertie reprit, en faisant un effort pour se remellro :
— J'ai vu, en effet, 1 Honorable Frank Perceval, monsieur. Il souffre toujours de sa blessure, et de plus, il souffre beaucoup, monsieur.
Mary serra le bras de miss Slewart. Elles s'éloignèrent. Lady Oiiheliales suivit d'un regard inquiet.
Lu reste de la visite, qui du reste ne se prolongea point, fut péiilb'e, ma gré les efforts ie laJy Campbell, qui fit preuve, mais en vain, d'admirables ressources de converiaiion. Evidemment la comtesse souffrai , et, chose singulière, on eût dit que son malaise était quelque chose comn^e de la honte ou du remords.
Elle se leva enfin. Chacun s'empressa de l'imiter, car, contre l'habitude, sa présence pesait sur l'eipritde chacun.
Après avoir donné la main â lady Campbell et salué lord James, au lifu d'aller vers la porte, elle se dirigea précipitamment vers Mary, qui poussa un faible cri.
C'éïaitde la surprise sans doute.
LES MYSTÈRES DE LONDRES
Cependant miss Cecily Kemp prélendit, malgré Its cliut! répéiés de lady Margaret, que la toiiilesse avait tiré de son sein un papier et l'avait jeié sur les genoux de Mary en l'embrassant.
Lady Camphell dardî un soupçonneux regard de ce côié. Elle ne vit rim.
Il est vrsi (jue la blanche main de Diana Slewart s'éiait prestement avant ée, puis retirée. — Par bonheur, l'Honorable Cecily Keirp n'avait point aperçu ce mouvement.
La t'omlesse de Derby n'éiaii plus là.
Ci; n'éiait rien, é\idemment. Le cercle se reforma et glosa sur cette visite inattendue.
Pendant cela, Mary, tremblante et respirant à grand'peine, recevait en cache: le, des mains de miss Slewart , une li-ttre sur l'adresse de laquelle elle avait reconnu d'un coup d œil l'éciiture de Frank Perceval.
Miss Cecily Kemp n'était pas sans avoir quelque peu de raison.