‹ Les amours de Psyché et de Cupidon, avec le poëme d'AdonisChapitre 34 sur 53 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Ne me dédaigne pas ; viens-t’en loger chez moi :

■"Tu n’y seras pas sans emploi.

J’aime le jeu, l’amour', les livres , la musique ,

La ville et la campague, enfin tout : il n’est rien •

Qui ne me soit souverain bien ,

Jusqu’au sombre plaisir d’un cœur mélancolique. .

Viens donc ; et de ce bien, ô douce Volupté,

Veux- tu savoir au vrai la mesure certaine ?

U m’en faut tout au moins un siècle bien compté ;

Car trente ans , ce n’est pas la peine.

Polyphile cessa de lire. 11 n’avoit pas cru poVt-' voir mieux finir que par l’hymne de la Volupté, dont le dessein ne déplut pas tout à fait à ses trois ami.*'.

Après quelques courtes réflexions sur les principaux endroits de l’ouvrage : Ne voyez-vous pas , dit Ariste , que ce qui vous a donné le plus de plaisir, ce sont les endroits où Polyphile a taché d’exciter en vous la compassion ? Ce que vous dites ; \ est fprt vrai , repartit Acante ; mais je vous prie de considérer ce gris de lin , ce couleur d’aurore , cet oranger, et surtout ce pourpre, qui environnent le roi des astres. En effet, il y a voit très long-temps que le soir ne s’étoit trouvé si beau. Le Soleil avoit pris son char le plus éclatant, et ses habits les plus magnifiques.

Il sembloit qu’il se fût paré

Pour plaire aux filles de Nérée ; ^

Dans un nuage bigarré Il se coucha cette soirée.

L’air étoit peint de cent couleurs :

Jamais parterre plein de fleurs N’eut tant de sortes de nuances.

' Aucune vapeur ne gâtoit,

Par ses malignes influences ,

Le plaisir qu’Acante goûtoit.

On lui donna le loisir de considérer les dernières beautés du jour : puis , la lune étant en son plein , nos voyageurs et le cocher qui les conduisoit la voulurent bien pour leur guide..

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POEME

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