CHANT PEE MIE R
Je ne voulois chanter que les héros d’Êsope:
Pour eux seuls en mes vers j’invoquois Calliope j Même j’allois cesser , et regardois le port Îj» raison me disoit que mes mains e'toient lasses ; Mais un ordi e est venu plus puissant et plus fort Que la raison ; cet ordré accompagné de grâces ,
Ne laissant rien de libre au cœur ni dans l’esprit, ^
• M’a fait passer le but que je m’étois prescrit. ,
Vous vous reconnoissez à ces traits, Uranie:
/ C’est pour vous obéir, et non point par mon choix , Qu’h des sujets profonds j’occupe mon génie , Disciple de Lucrèce une seconde fois.
< Favorisez cet œuvre ; empêchez qu’on ne die Que mes vers sous le poids languiront abattus : Protégez les enfants d’une muse hardie ; Inspirez-moi ; je veux qu’ici l’on étudie D’un présent d’Apollon la force et les vertus.
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üG-2 L E Q ü I N Q U I N a..
Après que les humains, œuvre de Prome'the'e, Furent participants du feu qu’au sein des dieux Il déruba pour nous d’une audace efiroutée ,
Jupiter assembla les habitants des cicux.
Cette engeance , dit-il , est donc notre rivale ! Punissons des Immains l’infidèle artisan :
Tâchons par tout moyen d’altérer son présent Sa main du feu divin leur fut trop libe'rale : Désormais nos égaux, et tout fiers de nos biens.
Ils q/î fréquenteront vos temples ni les miens. Euvoyons-leur de maux une troupe fatale ,
Une source de vœux , im fonds pour nos autels. Tout l’Olympe applaudit : aussitôt les mortels Virent courir sur eux avecque violence •
Pestes , fièvres , poisons répandus dans les airs. Pandore ouvrit sa boîte ] et mille maux divers S’en vinrent au secours de notre intempérance.
Un des dieux fut touché du malheur des humains : C’est celui qui pour nous sans cesse ouvre les mains C’est Phelms Apollon. De lui vient la lumière,
La chaleur qui descend du sein de notre mère ,
Les simples, leur emploi, la musique, les vers,
Et l’or , si c’est un bien que !’<» pour l’univers.
Ce dieu, dis- je, touché de l’humaine misère. Produisit un remède au plus grand de nos matut : C’est l'écorce du kin , seconde panacée.
Loin des peuples connus Apollon l’a placée.
Entre elle et nous s’étend tout l’cmpue des flots. Peut-être il a voulu la vendre à nos travaux ; Peut-être il la devoil donner pour récompense Aux hôtes d’un climat où règne l’innocence,
O toi qui produisis ce trésor sans pareil ,
SK
CHANT PREMIER.- 2G3 Cet arbre ainsi que l’or digne fils du Soleil ,
Prince du double mont , commande aux neuf pucelles Que leur choeur poxir m’aider députe deux d’entre elles.
(’ai besoin aujourd’hui de deux talents divers ;
>’un est l’art de ton fils , et l’autre les beaux vers.
Le niai le plus commun , et quelqu’un même assure Que seul on le peut dire un mal , à bien parler ,
C’est la fièvre , autrefois espérance trop sûre A Cloton , quand ses mains se lassoient de filer.
Nous en avions en vain l’origine cherchée.
On prédisoit son cours , on savoit son progrès.
On déterminoit ses effets;
Mais la cause en étoit cachée. ^
La fièvre , disoit-on , a son siège aux humeurs.
Il se fait un foyer qui pousse ses vapeurs Juscpi’uu cœur , qui les distribue Dans le sanq dont la masse en est bientôt imbue.
Os amas enfianrmés , pernicieux trésors ,
Sur l’aile des esprits aux familles errantes,
> S’en vont infecter tout le corps ,
Sources de fièvres différentes.
Si rhunieur bilieuse a causé ces transports,
Le sang , véhicule fluide Des esprits ainsi corrompus ,
Par des accès de tierce à peine interrompus ,
Va d’artère en artère attaquer le solide.
Toutes nos actions souffrent un changement.
Le tôt et le cerveau piqués violemment Joignent à la douleur les songes, les cliimères.
L’appétit de parler , effets trop ordinaires.
Que si le venin dominant
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