‹ Les amours de Psyché et de Cupidon, avec le poëme d'AdonisChapitre 43 sur 53 · CHANT PEE MIE R · texte numérisé non relu

CHANT PEE MIE R

Je ne voulois chanter que les héros d’Êsope:

Pour eux seuls en mes vers j’invoquois Calliope j Même j’allois cesser , et regardois le port Îj» raison me disoit que mes mains e'toient lasses ; Mais un ordi e est venu plus puissant et plus fort Que la raison ; cet ordré accompagné de grâces ,

Ne laissant rien de libre au cœur ni dans l’esprit, ^

• M’a fait passer le but que je m’étois prescrit. ,

Vous vous reconnoissez à ces traits, Uranie:

/ C’est pour vous obéir, et non point par mon choix , Qu’h des sujets profonds j’occupe mon génie , Disciple de Lucrèce une seconde fois.

< Favorisez cet œuvre ; empêchez qu’on ne die Que mes vers sous le poids languiront abattus : Protégez les enfants d’une muse hardie ; Inspirez-moi ; je veux qu’ici l’on étudie D’un présent d’Apollon la force et les vertus.

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üG-2 L E Q ü I N Q U I N a..

Après que les humains, œuvre de Prome'the'e, Furent participants du feu qu’au sein des dieux Il déruba pour nous d’une audace efiroutée ,

Jupiter assembla les habitants des cicux.

Cette engeance , dit-il , est donc notre rivale ! Punissons des Immains l’infidèle artisan :

Tâchons par tout moyen d’altérer son présent Sa main du feu divin leur fut trop libe'rale : Désormais nos égaux, et tout fiers de nos biens.

Ils q/î fréquenteront vos temples ni les miens. Euvoyons-leur de maux une troupe fatale ,

Une source de vœux , im fonds pour nos autels. Tout l’Olympe applaudit : aussitôt les mortels Virent courir sur eux avecque violence •

Pestes , fièvres , poisons répandus dans les airs. Pandore ouvrit sa boîte ] et mille maux divers S’en vinrent au secours de notre intempérance.

Un des dieux fut touché du malheur des humains : C’est celui qui pour nous sans cesse ouvre les mains C’est Phelms Apollon. De lui vient la lumière,

La chaleur qui descend du sein de notre mère ,

Les simples, leur emploi, la musique, les vers,

Et l’or , si c’est un bien que !’<» pour l’univers.

Ce dieu, dis- je, touché de l’humaine misère. Produisit un remède au plus grand de nos matut : C’est l'écorce du kin , seconde panacée.

Loin des peuples connus Apollon l’a placée.

Entre elle et nous s’étend tout l’cmpue des flots. Peut-être il a voulu la vendre à nos travaux ; Peut-être il la devoil donner pour récompense Aux hôtes d’un climat où règne l’innocence,

O toi qui produisis ce trésor sans pareil ,

SK

CHANT PREMIER.- 2G3 Cet arbre ainsi que l’or digne fils du Soleil ,

Prince du double mont , commande aux neuf pucelles Que leur choeur poxir m’aider députe deux d’entre elles.

(’ai besoin aujourd’hui de deux talents divers ;

>’un est l’art de ton fils , et l’autre les beaux vers.

Le niai le plus commun , et quelqu’un même assure Que seul on le peut dire un mal , à bien parler ,

C’est la fièvre , autrefois espérance trop sûre A Cloton , quand ses mains se lassoient de filer.

Nous en avions en vain l’origine cherchée.

On prédisoit son cours , on savoit son progrès.

On déterminoit ses effets;

Mais la cause en étoit cachée. ^

La fièvre , disoit-on , a son siège aux humeurs.

Il se fait un foyer qui pousse ses vapeurs Juscpi’uu cœur , qui les distribue Dans le sanq dont la masse en est bientôt imbue.

Os amas enfianrmés , pernicieux trésors ,

Sur l’aile des esprits aux familles errantes,

> S’en vont infecter tout le corps ,

Sources de fièvres différentes.

Si rhunieur bilieuse a causé ces transports,

Le sang , véhicule fluide Des esprits ainsi corrompus ,

Par des accès de tierce à peine interrompus ,

Va d’artère en artère attaquer le solide.

Toutes nos actions souffrent un changement.

Le tôt et le cerveau piqués violemment Joignent à la douleur les songes, les cliimères.

L’appétit de parler , effets trop ordinaires.

Que si le venin dominant

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