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Les amours de théâtre

C'est toujours une pénible tâche que celle d'étudier l'exception, c'est toujours un emploi difficile que celui de déti'ompeur.

Te rappelles-tu nos longues et diverses causeries sur ce thème éternel de l'amour aryné ? L'amour sans la confiance, sans l'estime ? La lutte incessante des

serments de la femme et de l'incrédulité de l'homme ? Les découragements, les colères, les impiétés !

De toutes ces femmes qui traînent Les poètes à leurs talons.

Il n'en est pas deux qui comprennent La langue que nous leur parlons !

C'est Auguste Vacquerie qui, ayant pensé ces vers — les a écrits, — ce même Vacquerie qui a voulu chanter l'honneur en 1861, et qui a été puni.

Eh bien ! c'est l'histoire de ces femmes et de ces poëtes que j'ai tenté d'esquisser dans les pages qui suivent.

Le monde galant est un monde tout de convention. Rien ne s'y passe comme ailleurs. Dans ce monde-là, les étables fournissent le cold-cream, les jardins produisent l'ambre et le musc ; on y est suffisamment vêtu avec une ceinture, et si l'on voulait y décomposer la lumière, on trouverait pour spectre solaire les sept péchés capitaux.

Dans ce roman — tout parisien — certains détails

peuvent étonner ceux des lecteurs qui ne sont pas initiés à la vie nocturne des boulevards.

L'auteur doit à ce propos quelques explications.

Il n'a point inventé le chiffre de certaines prodigalités de cabinets particuliers, il l'a trouvé dans les mémoires de la galanterie contemporaine.

Il n'a pas davantage exagéré la fortune des principaux personnages ,

Et, comme on crierait à l'invraisemblance, il faut ajouter qu'il n'a fait qu'em"e^25^rer la singulière histoire de la nourrice qui vole un enfant dans l'espoir qu'il aura des talents lucratifs.

Mais il est un point sur lequel l'auteur doit surtout insister, c'est la moralité de ce livre.

Avant que la médecine fût devenue une science , on exposait, en certains pays, les malades sur le seuil des maisons, en faisant appel aux connaissances des passants.

Nous faisons pour les maladies de l'âme ce que faisaient ces peuples pour les maladies du corps.

Voici la plaie, aidez-nous !

Ce qui frappe d'abord les yeux du voyageur, quand il approche des grandes villes, ce senties cimetières, les abattoirs et les égouts.

L'étude du cœur humain présente les mêmes particularités. C'est pourquoi le lecteur devra pardonner, si, dans un but élevé, moral, nous lui faisons voir ce qu'il y a chaque jour de sentiment gâché, de passion avilie et d'intellia'ence à la borne !

AURELIEN SCHOLL.

fi, rue Laffitte.

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