‹ Les amours de Victor BonsenneChapitre 19 sur 71 · VICTOR BONSENNE A SON PERE · texte numérisé non relu

VICTOR BONSENNE A SON PERE

Mon père,

J lai .écrit à Alison, ma lettre m'a été renvoyée; j'ai écrit à mademoiselle Lambert, ma lettre est restée sans réponse. Je viens d'écrire à ma mère, j'ai trouvé ces mots an bas de ma lettre : .

« Écris à ton père, lui seul peut te répondre. »

Je vous écris donc, mon père, pour vous demander la raison pour laquelle vou^ m'avez interdit l'entrée de votre maison.

Léppold, qui m'a apporté ces mots si courts de la part de ma mère„ m'a dit que vous comptiez ne point me traiter en fils banni, qu'une pension me serait allouée, mais qu'il fallait que je vécusse hors de votre maison. Il a môme ajouté qu'elle pourrait se rouvrir pour moi lorsque vous aimez pris certaines dispositions qui ne $e feraient point attendre. Voilà tout ce que Léopold m'a dit.

Pardonnez-moi .de vous parler ainsi, mon père; mais c'est trop, ou ce n'est pas assez. Si j'ai démérité de votre tendresse, si vous ne me trouvez plus digne d-habiter sous le même toit que vous, je ne mérite pas que vous me veniez en aide. Je n'avais jamais pensé que le pain qu'il tient de son père put faire honte au fils, mais le jour où il ne peut plus presser la main qui le lui donne, jo comprends qu'il devienne une aumône, et je la refuse.

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Je sais que je n'ai pas le droit de vous demander compte de yos résolutions, et qu'il vous est loisible de me dire : TeJJe est ma volonté ; et que mon devoir est de m'y soumettre.

Cependant, mon père, si vous n'êtes pas assez irrité contre moi pour m'abandonner complètement comme vous l'avez déjà fait, j'ai dû, je le crains, vous blesser bien vivement pour que vous ayez pris envers moi une mesure aussi rigoureuse que celle de m'exclure de chez votos.

Ne puis-je pas désirer connaître mes torts, ne fût-ce que pour les réparer?

J'ose espérer, mon père, que vous daignerez me les apprendre, que vous ne me condamnerez pas à vivre séparé de vous, de ma mère, de ma sœur, lorsque je me sens prêt à tous les sacrifices pour rentrer en grâce ; ordonnez donc, dites ce que vous exigez de moi, et vous me trouverez tout prêt à vous obéir avec respect et avec amour.

Votre fils soumis,

VICTOR BONSENNE.

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