VICTOR BONSENNE A SON PÈRE
Non, mon père, je n'écrirai ni à ma mère ni à ma soeur je sais que vous leur avez défendu de me répondre. Ah! le despotisme que vous exercez sur tout ce qui vous
entoure n'est pas tellement bien enfermé dans votre maison qu'on ne puisse apprendre la vérité au dehors. Je sais que vou3 avez repoussé les larmes de ma mère, les instances de ma sœur; je sais que vous n'avez fait à leurs larmes et à leur désespoir d'autre réponse que cette parole glacée : « Il le faut. »
Mais pourquoi?
Je vais vous le dire, car je le sais aussi : c'est pour m'enipêcher de voir mademoiselle Lambert, qui habite notre maison ; c'est pour m'empécher de lui dire que je l'aime, que je veux l'épouser, pour l'éloigner encore de moi sans que je puisse savoir où vous la cacherez.
G'est un soin inutile que vous prenez, mon père ; en quelque lieu que vous cachiez Gharistie, je la découvrirai, je lui dirai mon amour ; le tegaps viendra où je serai libre de lui donner ma main... Oui, dussé-je passer nuits et jours au seuil de la porte de votre maison, je saurai où vous conduirez Gharistie.
Mais si vous avez le droit de m'interdire votre maison, quel droit avez-vous de disposer ainsi de cette jeune lille? Je m'adresserai à sa mère, à sa mère qui seule peut me défendre de la voir.
J'irai et je me présenterai chez elle; et si, victime du despotisme et du pouvoir caché que vous exercez sur elle, elle refuse de me recevoir, alors/ mon père, je leur offrirai mon appui, et nous verrons si vous pourrez aussi me condamner à ne plus voir la seule femme que j'aime et que je veuille aimer. .
Votre lils ,
VICTOR
168 LES AMOURS DE VJCTOR BONSENNE,