‹ Les amours de Victor BonsenneChapitre 28 sur 71 · MARIE · texte numérisé non relu

MARIE

ALISQN- 0OJPSE9NJR A SON FRÈ*E* .,.,.,...., • <■ <

Eh i)ieH% Victor, tu as reçu la lettre de Charistie ; voiUh trois jours que' tu l'as reçue* et je n'ai pas eu- de tesnouv

ÂSKtu peur de me dire la vérité ? Ne sois pas ai timide, Victor; la vérité? je -la sais. •..-..

Gharistie ne descend plus. à la maison; elle est rrialade/ dit-elle. . * *• • ■ »•

Je suis montée pour la voiiyèt sa mère m?a refusé-la porte une fois, deux fuis dans la même journée. . le lenV demain encore. -

Mon père a appris que j'avais voulu voir Charistie ; il1 m'a défendu d'y retourner..» et a prétendu que je llmportunais. : -. • - ■ *-.»'•'-. ..>■.-*>

Ah ! Victor, je ne puis dire quel soulèvement d'orgueil blessém'a fait. sortir c|u respect que je me devais à moimême et de .celui que je devais à mon. père, mais je me suisécriée : .•

— Mais Léopold y va tous les jours! ,->

— Que vous importe? m'a répondu mon père. J'ai eu be-

soin de son concours pour certaines affaires relatives à ma* moiselle Lambert. , , , • ^

* — Et il a dû y mettre de l'empressement, ai-je repris sans pouvoir contenir les larmes brûlantes qui me déVb^ raient les yeux; une héritière de quatre cent mille francs!

— Qu'est-ce à dire ? s'est écrié mon père.

Son accent était celui d'une désapprobation formelle.

Je me suis tue, presque heureuse de voir repousser ma supposition comme une folie déraisonnable, impossible; mais peu à peu mon père est devenu pensif et presque triste. Sur son visage, où^ se succédaient des expressions diverses, il me semblait lire des souvenirs que réveillait mon accusation.

J'en suis sûre, à ce moment il se rappelait mille petites circonstances qui ne ravalent pas 'frappé d'abord, fcais qui lui paraissaient en cet instant justifier mes crainteâ.

Enfin, lorsque l'expression de mécontentement qui s'arrêta sur ses traits m'eut prouvé qbll était convaincu delà perfidie de Léopold et de Gharistie, il remarqua tout à coup de quel" œil curieux je l'observais, et il vint à moi, tendre, triste et embarrassé.

— Tu es une folle, me dit-il, tu es une folle... D'ailleurs, le mariage de Léopold avec Œiarisiié est aussi impossible que celui de Victor, car certes Léopold est un homme d'honneur. • , ; ,

Mon frère, mon frère! ce n'est pas ainsi que mon père m'eût consolée s'il n'avait pas senti que j'avais une souffrance juste!

Écoute Bien, il n'a pas défendu Léopold en disant qu'il m'aimait, mais que son mariage était impossible.

Léopold est un homme d'honneur, c'est-à-dire qu'il m'épousera parce que c'est une Wffàitë concilie, promisé, ju-

rée... il m'épousera par honneur, avec l'amour d'une autre dans le cœur.

On appelle cela de l'honneur ! Non, non, c'est un crime* un crime abominable... Mieux vaut tuer sa fiancée en lui dfeant : Je ne vous aime plus... Mieux vaut...

Ah ! que c'est affreux de soupçonner et de ne rien savoir.

Mais toi, tu dois savoir quelque chose; elle t'a écrit. Si elle t'aime, tu dois le voir à chaque ligne de sa lettre. Si elle te trompe, si elle aime déjà Léopold... tu l'as déjà compris... et tu ne me dis rien...

Tu n'as donc qu'un malheur à m'annoncer? Mais si je suis trompée, tu es trahi... que veux-tu faire? qu'as-tu répondu?... *

Victor, Victor, par grâce, réponds-moi... ou plutôt je venxtevoir. ••.•■•>

Un mot, un seul mot, je t'en supplie.

Ta sœur, qui pleure. et qui t'aime.

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