MÉLODIE XVI
Oh ! si nous avions, toute à nous, quelque petite île brillante, lointaine et isolée, au milieu d’un Océan d’azur, échauffé par les feux de l’Eté , où jamais une feuille ne meurt dans les bocages toujours fleuris-, où l’abeille puise toute l’année dans le calice des fleurs; où le soleil se plait à s’arrêter; où la nuit ne cache le jour que sous un voile transparent ; où sentir seulement que nous respirons , que nous vivons, vaut mieux que toutes les joies que la vie offre ailleurs !
Là, d’une ame aussi pure , aussi ardente que le climat, nous aimerions comme on aimait dans l’âge d’or.
L’éclat du soleil , l’air embaumé , se glisseraient dans nos cœurs et y appelleraient le printemps. Notre amour serait aussi immortel que nos bocages ; l’Espérance, comme l’abeille, se nourrirait toujours de fleurs fraîches écloses ; notre vie ressemblerait à
un long jour de lumière , et la Mort descendrait srtr nous, rêveuse et calme, comme la nuit.