MÉLODIE XVIII
Oh ! ne crois pas que mon esprit soit toujours aussi joyeux, aussi affranchi d’angoisses! N’espère pas que le sourire rayonnant de ce soir reviendra demain éclairer mon front !
Non, la vie est une dissipation de quelques heures fiitigaulSS ffuc la rose du plaisir vient rarement orner: le cœur qui respire, avec le plus d’ivresse , le parfum des fleurs , est toujours le premier que déchirent les épines!
Mais faisons circuler la coupe, et soyons heureux ..un moment. Puissions-nous dans notre pèlerinage ici bas , ne rencontrer jamais qne les pleurs que la jouissance peut dorer d’un sourire , et les sourjres qu’une tendre pitié peut convertir en larmes ! .
! Dieu seul sait combien la trame de notre vie se-
rait sombre , si elle n’était entremêlée d’amitié et d’amour \ et quand ces biens cesseront d’être chers à mon ame , puissé-je ne pas leur survivre longtemps !
Ceux qui ont aimé les êtres les plus tendres , les plus purs , 1 ont eu trop souvent à pleurer l’illusion qu’ils avaient chérie -, et le cœur qui s’est endormi sur la foi de l’amitié la plus sincère , est trop heureux s’il n’a jamais été trahi.
Mais, faisons circuler la coupe. Tant qu’un reste de vérité subsistera dans l’homme, ou dans la femme, je demanderai au ciel que le brillant soleil de l’Amour puisse éclairer notre jeunesse , et la douce lumière de l’Amitié consoler notre déclin !