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Les amours des anges, et les mélodies irlandaises

En entreprenant de faire passer dans notre langue le charmant poème des Amours des Anges, je ne me suis point dissimulé les difficultés de ce travail. Je n'ai pas espéré donner dans une traduction en prose une juste idée du délicieux talent deMoore, si harmonieux , si varié, si brillant. J'ai voulu seulement offrir aux Français qui ne comprennent pas la poésie anglaise, une faible partie des jouissances que m'a données la lecture de cet ouvrage , dont cinq éditions ont déjà paru en Angleterre dans l'espace de deux mois , et qui s'est déjà réimprimé trois fois à Paris.

Elevée par des Anglais , nourrie de la littérature anglaise, surtout de la poésie, j'en sens vivement les beautés , et je me

persuade aisément qu'on peut les reproduire en français avec la même verve et la même élégance; mais lorsqu'il faut exécuter, je reviens de cette erreur. Les paroles me manquent, les expressions me semblent décolorées. Je cherche , trop souvent en vain, à reproduire le tour énergique et concis de l'original; je tremble que le sentiment ne m'échappe. Le temps me presse ; la crainte qu'un traducteur plus froid , moins idolâtre que moi des beautés qui me ravissent, ne me devance auprès du public ; tout m'attriste et me décourage.

La poésie de Moore est un diamant taillé à facettes qui brille de mille feux , de quelque côté qu'on l'envisage. Sa muse est parée de tout l'éclat des cieux et de la terre. Tantôt il emprunte aux astres leurs rayons, tantôt il colore son pinceau dans les riches teintes de l'arc-en-ciel, ou il le plonge dans le calice des plus belles fleurs. Enfin, on serait tenté parfois de lui reprocher l'abus des richesses que la nature offre au poète. Ses vers, qu'il a su rendre harmonieux

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