‹ Les amours des anges, et les mélodies irlandaisesChapitre 16 sur 48 · CHANSON BACHIQUE · texte numérisé non relu

CHANSON BACHIQUE

Né me dis plus , mon Ange, que ce breuvage enivrant absorbe le charme du sentiment , ou un seul tendre regret. Crois-moi , quelques-uns de tes regards courroucés sont tout ce qui a disparu sous ses vagues brillantes. Jamais un seul rayon émané de ton ame ou de ta beauté , ne s'est perdu dans le torrent! Le parfum de tes soupirs, la magie de tes yeux, flottent encore à la surface et purifient ma coupe!

N'imagine donc plus , clière Ame , que le vin puisse dérober à mon cœur un seul rêve de bonheur. Semblable aux fontaines qui réveillent l'ardeur du pèlerin , la coupe écumante , avive et brillante l'Amour !

On raconte que l'Amour avait, dans son bosquet divin, deux roses rougissantes , d'origine céleste. Il exposa l'une à la pluie qui tombe quand brille l'arcen-ciel , mais il baigna l'autre dans le vin pétillant.

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Bientôt les boutons qui avaient bu la rosée des cieux, se flétrirent et moururent , tandis que ceux que les flots de rubis avaient teints , s'épanouirent , roses et beaux comme toi , jeune fille !

Ne crois donc plus , cher Ange, que le vin puisse dérober à mon cœur un seul rêve de bonheur. Semblable aux fontaines qui éveillent l'ardeur du pèlerin, la coupe écumante avive et brillante l'Amour !

MELODIE VIL

CHANT DO 'RUARK

PRINCE DE BREFEJSTI (l).

La vallée riante où je l'avais laissée dernièrement, s'ouvrait devant moi -, cependant , je trem-

(1) Les stances suivantes sont fondées sur un événement d'une haute et triste importance pour l'Irlande , si , comme l'assurent les historiens irlandais, il fournit à l'Angleterre la première occasion de nous diviser , de nous vaincre et de nous enchaîner. Les circonstances ci-après sont rapportées par O'Halloran. ce Le roi de Leinster avait long-temps nourri une violente passion pour Dearbhorgil , fille du Roi Meath , et quoique, depuis quelque temps, elle eût épousé O'Ruark, prince de Breffni , rien ne put contenir sa passion. Ils avaient une correspondance secrète; elle instruisit son amant qu'O'Ruarkcomptaitallerbientôtfaire un pèlerinage (acte de piété très-commun alors], le conjurant de saisir cette occasion pour l'enlever à un mari détesté et la rendre à celui qu'elle adorait. Mac-Murchad (roi de Leinster), n'obéit que

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biais : une tristesse vague et indéfinissable obscurcissait la joie de mon ame.

Je cherchai des yeux la lampe qui brillerait , disaitelle , pour le retour de son bien-aimé Pèlerin. Les ténèbres commençaient à m'envelopper ; aucune lampe ne brillait au sommet des créneaux !

Je volai à sa chambre, elle était déserte comme si la mort en eût arraché mes amours. Ah! que n'était-ce la mort, la mort seulement! Mais non, l'infidèle avait fui.

Là, était suspendu le luth qui changeait en délices mes plus amères douleurs 5 la main qui avait si souvent éveillé pour moi ses accords, tressaillait maintenant sous les baisers brûlans de mon rival orgueilleux !

Il fut un temps , oh ! des femmes la plus fausse ! où le glaive de BrefFni eût cherché, à travers un

trop ponctuellement à ses ordres , et conduisit sa dame dans sa capitale de Ferns. » Le monarque Roderic épousa la cause d'O'Ruark , tandis que Mac-Murchad s'enfuiten Angleterre, et obtint du secours de Henri II.

Giraldus Gambrensis ajoute, ainsi que je le trouve rapporté dans une vieille traduction : a Tel est le naturel variable et changeant de la femme , d'où naissent , pour la plupart , les malheurs qui désolent le monde, comme le prouvent le sort de Marc- Antoine et la destruction de Troie. »

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million d'ennemis , l'homme qui eût osé douter de toi, même en pensée ! tandis que maintenant.... O fille dégénérée d'Erin, combien ta gloire est éclipsée ! Pendant des siècles de tyrannie et de carnage, ta honte fera couler le sang de ta patrie.

Déjà la malédiction s'appesantit sur elle; des étrangers profanent ses vallées -, ils viennent nous désunir, nous déshonorer, et long-temps ils seront

tyrans

Marchons, relevons la verte bannière \ que chacun de nos glaives se plonge dans le sang jusqu'à la poignée ! de notre côté est Erin et la Vertu , du leur les Saxons et le Crime !

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