‹ Les amours des anges, et les mélodies irlandaisesChapitre 24 sur 48 · MELODIE XXVII · texte numérisé non relu

MELODIE XXVII

Ah ! crois-moi , si tous ces jeunes charmes ravissans, que je contemple si tendrement aujourd'hui, changeaient dès demain , et s'évanouissaient entre mes bras , comme les dons fugitifs des fées , tu serais encore adorée comme tu l'es à présent. A quelque heure que tes attraits se flétrissent , autour de la ruine chérie chaque désir de mon coeur s'enlacera plus ardent et plus tendre !

Ce n'est pas tandis que la jeunesse et la beauté te parent de leur éclat , lorsque tes joues n'ont pas encore été profanées par les pleurs , que tu peux connaître l'ardeur et la foi d'une ame à laquelle le temps ne te rendra que plus chère. Oh! le coeur, qui a vraiment aimé, jamais n'oublie ; mais aime encore, fidèle jusqu'à la fin , comme la fleur du soleil tourne vers son dieu, quand il se couche , le même regard dont elle a salué son lever !

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