LES SOUVENIRS
Qu'Ëiun se rappelle ses anciens jours , ces jours où ses fils infidèles ne l'avaient point encore trahie -, où Malachi portait le collier d'or (i) , qu'il arracha à l'orgueilleux conquérant de sa terre natale ; où ses Rois déployaient l'étendard vert, et conduisaient au danger les Chevaliers de la Branche Rouge (2), avant
(1) « Ceci amena un combat entre Malachi ( monarque d'Irlande au dixième siècle ) et les Danois, dans lequel Malachi défit deux de leurs champions qu'il combattit de pied ferme et main à main. Il prit un collier d'or au cou d'un de ses adversaires , et emporta le sabre de l'autre, comme trophées de sa victoire. {Histoire d' Irlande par Warner. Vol. Ier, liv. 9.)
(2) « Les ordres militaires de Chevalerie furent établis de très-bonne heure en Irlande. Long-temps avant la naissance du Christ , nous trouvons, dans l'Ulster, un ordre de chevalerie héréditaire, appelé Curaidhe na Craoibhe ruadh, ou les Chevaliers de la Branche Rouge, d'après leur principale
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que la brillante émeraude du monde occidental (i) ornât la couronne d'un étranger.
Le pêcheur qui s'égare sur les rives du Lough- Neagh (2) , quand arrive la fraicheur du soir , voit briller à ses pieds, sous les vagues, les tours rondes des jours passés. Ainsi la Mémoire , dans de sublimes rêves , saisit une lueur des jours qui ne sont plus , et cherche en soupirant, dans les ondes du Temps, les gloires effacées qu'ils recouvrent!
résidence dans Emania , attenante au palais des l'ois d'Ulster, nommée Teagh na Craoibhe ruadh , ou l'Académie de la BrancheRouge. Contigu à cet édifice , était un grand hôpital fondé pour les chevaliers et les soldats malades, appelé Bron-Bhearg , ou la Maison des Soldats Affligés. » (Introduction d'O'halloran, etc. Partie ire, chap. b.)
(1) L'Irlande, ainsi nommée à cause de ses prairies toujours vertes, grâce à l'humidité de son climat.
(2) Il existait , au temps de Giraldus , une vieille tradition sur le Lough-Neagh qu'on disait avoir été, dans l'origine, une fontaine qui, par une crue subite, avait inondé le pays, et, comme l'Atlantide de Platon, englouti toute une région. Il dit que, par un temps clair, les pêcheurs montraient aux étrangers les hautes tours ecclésiastiques ensevelies dans les eaux. — « Piscatores aquse illius turres ecclesiasticas , quae more patrise arctse sunt et altae, necnon etrotundse, sub undis manifesté, sereno tempore conspiciunt et extraneis transeuntibus reique causas admirantibus fréquenter ostendunt. » ( Topogr. Hib- Dist. 11 , Chap. 9.)
MELODIE XXVI
Quand celui qui t'adore (i) n'aura laissé derrière lui que le nom de sa faute et de ses douleurs , oh ! dis, pleureras -tu s'ils noircissent la renommée d'une vie qui a été livrée pour toi ? Oui , pleure ! et quel que soit l'arrêt de mes ennemis, tes larmes l'effaceront ; car le Ciel est témoin que , coupable envers eux , je n'ai été que trop fidèle pour toi !
Tu étais l'idole des rêves démon premier amour; chaque pensée de ma raison t'appartenait : dans mon humble et dernière prière à l'Eternel, ton nom sera mêlé avec le mien. Oh ! bénis soient les amans et les amis qui vivront pour voir les jours de ta gloire ; mais après cette joie , la plus chère bénédiction que puisse accorder le Ciel , c'est l'orgueil de mourir pour toi!
(1) Ces vers font allusion à une histoire racontée dans un vieux manuscrit irlandais , qui est trop longue et trop triste pour être insérée ici. (
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