BALLADE
Elle portait de rares et précieux joyaux (i). La baguette qu'elle tenait était ornée d'un brillant anneau d'or, mais sa beauté surpassait ses joyaux étincelans et sa baguette d'un blanc de neige.
« Jouvencelle ! ne crains-tu pas de t'égarer, ainsi
(1) Cette ballade est fondée sur l'anecdote suivante : « Le grand exemple de Brien et son excellente administration avaient inspiré au peuple de tels sentimens d'honneur , de vertu et de religion , qu'on en cite pour preuve le voyage qu'une jeune dame d'une grande beauté, ornée de pierreries et de vêtemens coûteux , entreprit de faire seule d'un bout à l'autre du royaume , n'ayant à la main qu'une baguette au haut de laquelle était un anneau d'un fort grand prix. Les lois et le gouvernement de ce Monarque avaient fait une si grande impression sur l'esprit de tout le peuple , qu'on n'attenta point à son honneur, et qu'on ne lui déroba ni ses joyaux, ni ses vêtemens. » {Histoire d'Irlande, par Warner , vol. 1 , liv. 10.)
l48 MÉLODIES
« seule et belle , dans cette route déserte ? Les fils » d'Érin sont-ils donc si bons ou si glacés, que ni » l'or ni la femme ne les puissent tenter ? »
a Sire Chevalier! je ne ressens aucune alarme 5 » les fils d'Erin ne m'offenseront point 5 car quoi- » qu'ils aiment les belles et les bijoux dorés, Sire » Chevalier ! ils aiment davantage encore l'honneur » et la vertu ! »
Elle poursuivit sa route , et son sourire virginal la protégea et l'éclaira par toute l'Ile Verte. Bénie à jamais celle qui se confia, tout entière, à l'honneur et à l'orgueil d'Erin !
IRLANDAISES. ï^9
MELODIE XXXIIL