‹ Les amours des anges, et les mélodies irlandaisesChapitre 35 sur 48 · L'ORIGINE DE LA HARPE · texte numérisé non relu

L'ORIGINE DE LA HARPE

On croit que cette Harpe, que j'éveille maintenant pour toi, était jadis uneSyrène qui chantait sous la mer , et qui souvent au soir traversait les vagues brillantes , pour rencontrer sur le vert rivage un jeune homme qu'elle aimait.

Mais elle aimait en vain -, il la laissa pleurer , et baigner de ses larmes toute la nuit ses longues tresses , jusqu'à ce que le ciel prenant pitié d'un amour si tendre et si vrai , métamorphosa en cette douce Harpe la vierge des mers !

Son beau sein s'éleva comme avant, ses joues sourirent encore de même , son corps se courba gracieusement ; ses cheveux , laissant échapper des pleurs de chaque brillante boucle , recouvrirent son bras de neige, et devinrent des cordes d'or (i).

(i) L'idée première de ce chant fut suggérée à l'auteur par

De-là^ient que cette douce Harpe a si long-temps mêlé le langage de l'Amour avec le triste accent de la Douleur, jusqu'à ce que , les séparant, tu aies enseigné à ses chants à n'être qu'amour auprès de toi, et que douleur quand tu me quittes !

un dessin fort ingénieux, placé en tête d'une Ode sur sainte Cécile, publiée il y a quelques années par M. Hudson , de Dublin.

IRLANDAISES. l6l

Page 1