‹ Les amours des anges, et les mélodies irlandaisesChapitre 36 sur 48 · MELODIE XXXIX · texte numérisé non relu

MELODIE XXXIX

JNe t'enfuis pas encore , voici l'heure où le plaisir, semblable à la fleur de minuit, qui dédaigne de briller à la lumière du jour , commence à s'épanouir pour les fils de la nuit, et les vierges qui aiment la rêveuse clarté de la lune ! La Beauté et la Lune ne furent créées que pour orner ces heures d'ombre et de mystère : alors, leurs douces attractions font enfler les ondes et remplissent les coupes de nectar !

Oh! demeure! Oh! demeure! La joie tresse si rarement une guirlande comme celle de ce soir $ oh ! ce serait dommage de briser si tôt ses liens.

lbv

Ne t'enfuis pas encore 5 la fontaine quijaillissait, dans les temps antiques , sous les ombrages d'Ammon (1), quoiqu'elle coulât fraîche et glacée pendant le jour, commençait à brûler, semblable aux âmes joyeuses , à l'approche de la nuit. Comme elle,

(1) Solis Fons , près du temple d'Ammon.

le cœur et les regards de la femme , aussi froids à midi que les ruisseaux d'hiver , doivent se rallumer, quand le retour de la nuit ramène l'heure du feu sacré.

Oh ! demeure , oh ! demeure ! Le matin trouvat-il jamais ouverts des yeux aussi brillans que ceux qui étincellent ici ?

IRLANDAISES. i63

CHANT NATIONAL

Pleurez , pleurez , l'heure de votre gloire est passée $ vos rêves d'orgueil se sont évanouis 5 la chaîne fatale est rivée de nouveau , et vous n'êtes plus des hommes !

En vain le cœur du héros a saigné ; la voix du sage a retenti en vain. Oh! Liberté ! une fois ta flamme éteinte , elle ne se rallume jamais!

Pleurez , peut-être dans les jours à venir ils apprendront à chérir votre nom : plus d'une action s'éveillera rayonnante de gloire , qui a long-temps dormi dans le mépris ! Et lorsqu'ils parcourront l'île désolée , où reposent enfin le seigneur et l'esclave , surpris , ils demanderont , comment des mains si viles purent dompter des cœurs si braves ?

« Ce fut le Sort, diront-ils-, un destin ennemi trama votre discorde : tandis que vos tyrans s'unis-

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saient dans leur haine , jamais l'amour ne vous unit! Mais les coeurs qui devaient s'enlacer, s'éloignèrent -, l'homme profana ce que Dieu lui avait donné, jusqu'à ce qu'on en vit maudire l'autel, où, à genoux, d'autres imploraient les Cieux! »

MELODIE XLL

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