‹ Les amours des anges, et les mélodies irlandaisesChapitre 8 sur 48 · HISTOIRE DU SECOND ANGE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DU SECOND ANGE

« Vous vous rappelez tous deux le jour où celui à qui tout obéit, assembla dans les bosquets nouvellement créés d'Eden , les puissances angéliques pour contempler l3 la merveille qu'il voulait accomplir avant d'apposer sur le monde le sceau de sa divinité : merveille alors unique, surpassant en beauté , l'homme , l'ange et les astres; dernier prodige, couronnement de l'œuvre magnifique de la création. Au milieu du cercle des anges ravis d'admiration et de surprise , la femme ouvrit les yeux pour la première fois et contempla les cieux et la terre ; un feu rapide, échappé de ses longues paupières , parcourut chaque esprit vivant, comme le premier rayon de lumière inonda la voûte céleste.

» Auriez - vous pu oublier l'instant où le souffle de l'ame appelée à la vie , se glissait par degrés à travers cesbelles formes qui semblaient devenir transparentes, à mesure que la lumière rayonnait au dedans et qu'un nouveau charme

naissait de chaque pensée nouvelle l Ainsi , pendant l'été , attentif aux progrès de l'air vif et chaud qui s'élève vers le milieu du jour , on le voit faire onduler la surface brillante et silencieuse de la mer, qu'il orne sans cesse de grâces nouvelles , en variant les riches teintes que le ciel y déploie : ou Lien encore, de même que la lumière du soir vient dorer quelque beau temple enseveli dans l'ombre pendant le jour, et, rayon par rayon, révèle lentement ses beautés , jusqu'à ce qu'il brille enfin de tous ses charmes et de tout son éclat.

» Avez-vous oublié sa rougeur, lorsque promenant ses regards étonnés sur le jardin solitaire et enchanté d'Eden, sur la mer, sur les ci eux, elle entendit le frémissement des ailes de la multitude céleste qui disparaissait obéissante à l'ordre du Seigneur ? alors qu'elle rencontra les yeux des derniers anges qui , comme moi, s'éloignaient à regret de cette scène ravissante? Depuis cette heure miraculeuse, le sort de ce nouvel être si glorieux oppressa mon ame d'un poids magique. Nuit et jour , soit que je m'abandonnasse à mes rêveries ou à mes sensations , la pensée de ce qui attendait cette brillante créature me poursuivait sans cesse ; ce n'était pas elle seule , mais toute sa posté-

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