BELZEBUTH CHANT
Qui vient me troubler? qui m'appelle?
Et quel mortel audacieux Ose évoquer l'ange rebelle, Et l'ennemi des cieux?
(Avec ironie en apercevant Frédéric évanoui.) Eh quoi! c'est là le puissant maitre Qu'ici-bas il faudrait avoir?
Eh quoi! Satan d'un pareil être, Subirait l'indigne pouvoir?
Riez, démons, de sa folie' Damnés, riez tous avec moi, De voir un mortel qui défie Le roi du monde, et votre roi!
CHOEUR INVISIBLE DE DÉMONS Ah' ah' ah' la bonne folie!
Ah! ah! ah! il ose, ma foi, Ah! ah! ah! braver notre roi!
BELZEBUTH CABALETTA Chacun à la ronde
Me maudit.
Mais tout en ce monde
M'obéit.
En moi seul espère
Le méchant! Plus que Dieu, sur terre, Je suis graad!
Oui, pour subir l'indigne loi De ce vil mortel qui me brave, Et pour devenir mon esclave, Une femme démon suflil Relève-toi' Urielle! allons! relève-toi!
URIELLE
Maître, je t'obéis!
belzéeuth lui montrant Frédéric Démon, tu vois cet homme!
iiuiai.iv avec admiration Il est jeune, il est beau!
belzéblth riant Vraiment? l'on te renomme, A bon droit, pour avoir un inflammable cœur. Mais changeant, à 1 instant, de sexe et de langage, Et cachant les attraits, tu deviendras le page
De cet homme, et son serviteur!
(Il touche Urielle de son sceptre, la métamorphose en page.)
ORIELLB avec douleur N'être plus femme, hélas!
belzébuth avec pitié
La femme est toujours femme!
Rapporte-moi celle âme Je !a veux' c'est ma loi!
Pour apprendre aux mortels à se jouer de moi!
Reprise de la Cabaletta (La musique du commcncemenldc la scène reprend en sourdine. Belzébulh. environné d'un rayon lumineux, disparait par le fond de la cheminée qui recouvre sa première forme. Frédéric ouvre les yeux et jette un cri de surprise en voyant le jeune page agenouillé devant lui.)