CHANSON
QUE n'ay-je la langue aussi p Lors qu'en trembhint je vc
prompte rous raconte
Le mal qui me faict consumer
Que je fuz prompt à vous aymer.
Quand vostre œil de moy se retire Je compte si bien mon martire Et l'effort de vostre rigueur Qu'il n'y a rocher si sauvage, Bois si dur, ne si sourd rivage, Qui n'ayt pitié de ma langueur.
Mes Yeux deux Rivières coulantes, Mes paroles toutes brûlantes.
Mes souspirs menuz et pressez Ma douleur tesmoignent assez.
Mais lors que de vous je m'approche Mon cueur se gelle et devient roche ; Devant voz attraicts gracieux Je pers Esprit, voix et halayne, Et voulant vous conter ma peyne Je ne sçay parler que des yeux.