A MADAME LA MARESCHALE DE RETZ
JE l'avois souhaitté à vostre partement De vous voir retouriitr en tel ontentement Que nostre dueil feust grand hors de vostre présence : La douleur fut extrême, extrême est le plaisir Qui donne heureuse fin à ce plus grand désir Où l'on ne remarquoit que bien peu d'asseurance.
Vous avez surmonté les malheurs ennemys. Vous avez eu pour vous la fleur de voz amys. Un bon Démon vous ayde, et le Ciel favorable : Non, ce n'est pas cela, vostre seule douceur. Un seul trait de voz yeux a eu plus de vigueur Qu'un Démon, les Amys, ou le Ciel agréable.
C'est bien vostre heur. Madame, et l'heur de voz doux yeux
D'avoir plus de pouvoir que le destin des Cieux,
Et de fléchir à vous toute chose contraire :
C'est l'heur de voz beautez, et d'un esprit divin
Qui porte quant et soy son Ciel et son destin,
Vous faisant triomfer d'une chose adversaire.
C'est l'escu d'un Roger, que vostre esprit si grand. Il esblouit les yeux et soudain il estend Dessus terre esperdus, en signe de victoire ; Ceux qui s'osent bander encontre voz desseins. Bander encontre vous qui tenez en vos mains Les succès de Fortune unis à vostre gloire.