M. DE VI LH ENA, DIMITRI
m. de ni.HtvA. Nous voilà seuls.
niMirni. Je vous écoute, monsieur- [A part.) ]| y a quelque ebose a faire avec cet homme.
u. m; vilhcxa. Votre présence ici paraîtra sans doute étrange à bien des gens, mais 1'opiuiou du monde a depuis fort longtemps peu de prUusur moi, et il y a certaines régira de conduite assez vulgaire» dont je sais au besoin m affranchir mieux que personne.
dimitri. Toute l'Europe, monsieur, connaît l'élévation et l'indépendance de votre caractère .. Pour ma part, cependant, j'aurais reculé devant celte virile, si je n'avais la conscience d'avoir ménagé votre lils. Je tenais sa vie dan» ma main, mai* je me suis contenté de lui douiier une leçon qui, je l'rspêre, loi profitera.
m. ns vii-HExa. Monsieur, je vous sais homme d'honneur; c'est donc a vous que je demande des renseignements positifs sur la famille Ikrvai et sur le fait infamant révélé par vous à la villa Floriani.
m mit ni Celte histoire, monsieur, est aussi courte qu'iuiiruttire... Julian Rénal, lils d’un riche capitaliste, eut le double malheur de perdre sou père Ires-jeune et d'être gâté par sa mère A Paris, de nus jo urs, ta pente est rapide pour les entant» prodigues ; si bien, qu'aprés avoir tout dé-
voré jusqu'à k dot de sa sœur, notre jeune homme lit un faui qui le conduisit de la rosir d'assises au bagne de Toulon.
m ns mtiETA Et c'est l'exacte vérité?...
iumitri. Oui, monsieur.
m. pe tilhivi. Celt* Hélène est donc bieu réellement ta sœur d'un forçât?...
mnithi. NI plus ni moins, m. de viuihNA. Ainsi, j'ai le droit d'être impitoyable pour la folk passion de Manbêl...
dimitri. Ahl le mal demande une cure vigoureuse 1 mettez hardiment lofer rouge sur la plaie, et vous serez h l’abri de tout reproche.
m. de vi Migra. Si cependant la douceur ramenait Slanoêl plutôt que la violence I...
dimitri. Le» tâtonnements, le* concessions, les demi-mesures, mais e'e*t avec cela que le* médecins perdent leurs malodes et les rois leurs couronnes.
m. df. vtLBRtiA. Le docteur prétend qu’uoe émotion trop forte pourrait tuer Manoêl...
dimitri. Xe craignez rien, le délire du malade est natnrel, mais il ne durera pi*. M. Kloriani qui donne à ces femmes une protection scandaleuse, cherche à vous effrayer dans je ne sais quel but.
M. DR viihrsa. Allons, c'esl dit! je ne faiblirai point. Mais quel motif vous a donc poussé à dévoiler l'infamie de ce* Bcrval?
dimitri Votre intérêt! .. u. deviujexa. Comment?...
dimitri. Oui, monsieur de Vilhens, votre intérêt]... Je suis un de vos disciples inconnus.-, j'ai lu cent fuis votre grand ouvrage sur le* préjugés du momie, un rhef-d’œtore « crit avec la logique du grand seigneur et ta verve du tribun Je vous avouerai même qu’une des principales raison* de mon voyage à Malte fut le violent désir que ■‘avait de vous être présenté. — J’arrive, je vais à la fêle du docteur, j'apprends que malgré ses iiançaillr* avec la ehnrmanle Favita, votre fils est amoureux fou d'une Parisienne, et un instant âpre», je me trouve face à face avec madame Berval... Je la questionne, je m’anime peu à peu, je lui reproche vivement ae ne pas assez car hcr sa honte et de laisser Hélène suborner un lils dé famille; je lui dis enlin tout ce qu'un bounéle homme peut dire en pareil cas ; mai* la pensée ne inc serait jamais veuuc de faire un éclat sans l'incroyable provocation de monsieur Manoêl... une loi* insulté, je ne pouvais pas reculer, et je n’hésitai pis à déchirer les masques en songeant qu'il fallait à tout prit souver de lui-même Te fil» égaré de monsieur dcVilbena. Maintenant, de la fermeté, de l’énergie, et vous viendrez à bout de Manoêl... comptez sur moi pour vous y aider!... Je vous suis tout acquis et j’ai le bras assez long. M. DR YH.HR.XA ■ J'iCCCpte.
dimitri, à part. Et tu payerai bien !