‹ Les amours maudits drame en cinq actesChapitre 17 sur 43 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

M. DE VILHE.VÀ, FLORIANI, PAVITA, MANOEL.

Manou.. Hélène! où est Hélène?... on mêla cache, on me la vole!... Est-elle ici?... nool... nonl... je la cherche partout et je ne la trouve qi-e là, dan» mon cœur qui boudit et dans ma tête qui brûle!

floriani, à M. </>• Fifûena. Parlez-lui un peu... mais très-doucement. .

u. de vilukna. Quelle honte I floriani. Prenez garde...

u. de VOUERA, avec effort. Mon fils...

mynoel. Ecoutez, .on parle d'Helene... il est quc»Uoo d'infamie, de bague... Ab! bandit, tu I vas mourir!... eu garde 1... en garde! Dieu luimèuif. le Dieu vengeur arme mou bras!.. As-tu vu l'éclair de cetie ipée ?... déumn, c'est celle de l'archange... tremble et pâli»!... tues perdu!... Malheur!... c'en mol qui »nis frappé!... c'est le lAcbe qui triomphe, erst l'insullcur de femmes qui remporte' .. Ab! ah I ah ! voilà bien le duel I stupide recours de l'offensé. justice du hasard, vengeance aveugle, impunité du coupable I...

Ah! cct homme, que je le retrouve maintenant, je le saisirai par le cou, je le traînerai aux genoux d'Uélene, je lui crierai de demander pardon la face dans ta poussière... Qu'avez-vous donc à me regarder ainsi?... je na suis pas fou .. vous , voyez bien que je dis des choses raisonnables!... ]

favita. Manoél, ne me reconnaissez-vous pas?

Autrefois' j'étais votre fiancée... (Jfoiu<menJ Je Manoél | Aujourd'hui, je suis votre sœur. Je louai» hnsaitriance. je raillais la passion. . Vuu* n'avez vu m moi que ta femme du monde, mais j'ai l’Ame faite pour vous comprendre, allez I... Frère, je riens a vous, nr me repoussez pas !... je ne suis qu’une étrangère, je ne peux vous donner que des larmes; mais elles n.nt vraie», ri c'cst mon cœur qui les verse sur le vôtre...

Sinon . Merci, chère FevUaI Baissant la mi».) l.'avcz-v >us vue?... (J FforAwu.j Bgnjour, docteur... C’est vous qui me la rendrez, u est-ce pas?... { Montrant M . de Yilhena.) Qui donc est là?..

floriani. Mais, cher enfant, c'est voire père...

manoél liai... c'est vrai... Je vous salue, mon père...

m. de yimiena. Comment te trouves- tuf...

manoél. Un peu mieux, je vous remercirm. ns viliiena. Voyons, Manoél. il faut rentrer dans ta chambre, te laisser soigner, m'obéir en tout point; je rougis pour toi de toutes les extra- > agacees qne tu commets. Si ce délire est vrai, il est honteux. Ta douleur m'émeut sans doute; ma s elle ne me fléchira pas... Je suis aussi opiniâtre que personne, et oji ne me force pas la main...

M4N0SL- O ma tète!... 6 ma pauvre têtcl,.* floriani, à il. Je Y ilhena. Vous allez tout perdre!...

u. !>r yilmena. Liissez-nioi, je vous prie, (i •Viinoc/.) Mai», malheureux, crois-tu donc que je ne l'aune pas?. .. Ton enfance a été souffreteuse, et q-iand la mère est morte, je l'ai rrntfilaeéè prés de toi... Dieu tait ce que lu m'as coûté d'insomnies!... Pour te prodiguer des soin», j'ai |‘ri* sur mes travaux, je t'ai donné une « ducatiua brillante, je l'ai amassé ur.e fi.rtori- magrilique, ei f>»l ainsi que tu me récompenstS de me» bonté» ! .. Prend» garde, le ciel nous venge, et l'ingratitude porta toujours malheur aux enfants!...

floriani. Si vou» voulez éviter une nouvelle crise, au noiu du ciel, méoagez-ie.

u- DR viluf.n a . Monsieur Floriani, je sais ce que j'ai à faire.

floriani. Mais vous pouvez le tuer!

M. hk yilhena. Non

floriani. Vous pouvez le tuer, vous dis-je 1 m. ru: yilhena. Écoute-moi, Manoél... ne l'éloigne pas de la »ortc; il faut m'entendre, je le veux... je 'l'ordonne!... Ta blessure n'est pas dan gm-use, je le sais, et au fond, le docteur n’est pas plus inquiet que moi!. . D'ailleurs, est-ce qu'un gentil homme, un Yilhena, doit geindre pour un coup d’épée cuiu me une fcrimideUe pour une piqûre d'aiguille?... Tu a» su cœur une plaie beaucoup plus profonde, une morsure venimeuse M" »! faut brûler sur iVure, et j« ni'en charge, moi ! Finissons-en, cordieu! je u’ai pas besoin de chirurgien pu ur cela.' .

MiNOEi. Unissez- moi ! |.iisscz-moi! je ne vous connais pas. je ne connais plu» personne . C’est Hélène seule une j’aime 1 c'est llélene seule qui en bomie!. . Eh bien ! oui, je l'aine et j'eu suis ii- r I I infamie n'a point rejailli sur son front; e le est toujours la plus pureei la plu» sainte! une autre main que la sienne n i pis le droit d'étancher mon »aug qui coula pour elle! Il n'y a que sa voix et ion regard qui puisseul me rendre la rai- |*on qui m'échappe! Mai» je ne vous demande |‘oiiil votre bonheur, laissrx-mui donc le mien... laistez-moi mon amour! Où est-elle?... qu'on me ramener... Je veux la voir, ne fût-ce qu'un instant, de loin, à travers un nuage, Comme une vision! Hélène, Hélène, où es-tu?... Ah! j’ai là un poison violent qui me dévore .. je ne respire pju», et à chaque parole il me semble que le dernier souffle me vient aux lèvres:... Oh! je souffre ! je soutire !... (// tombe comme épanoui. SI. Je.

) ilhena étend le irai vert une sonnette.)

floriani. Que voulez-vous?...

m. nr. tilhena. Appeler pour qu’ou le remette sur son lit.

FLotutxi. Je rn'r oppose, monsieur, et je vous déclare que votre fils est perdu, s’il ne revoit pas Hélène...

m us v ilhena. C’est là votre moyen ?

FLORIANI. Oui.

M. dr viuiENA. Cherchez-en un autre, docteur. FLORIANI. Ainsi, vous vous opposer à ce qu'elle vienne... Ne s'agit-il pas de sauver votre fil»?... m- DE viuiena. A M prix- là 1... jamais!...

floriani. C'est votre demlar mot ?...

m. de yilhena. Certes !...

n. oniAM. Alors, monsieur de Vllhena, je sauverai Manoél malgré vous... (E/eranf la t'où.l Entrer, Hélène I

m. de yilhena. Quelle audace!

Page 1