SCÈNE II
Le» MIue*. JULIAN, puif DlMiTRÎ.
z cm an. Est-ce fini, mille diables I quand aurezvous cessé de braire, triples tacs que vous-ètes?
porfantas. Troun de l’air, d'où sort-il donc, celui-là ?
t JUtiAM* Je dormais bien tranquillement au pied d'tiu arbre.
forfantas. Et nous l'avons réveillé, le pauvre petit.
ii lia n. Je le crois bien, vous biles un vaesrme a nous amener tous les tricornes galonnés des Uourhe^du-Rhùoe.
forfantas. Comme si à Marseille les gendarme» n’étaient pas habitués a entendre crier des marins...
julian, à part. Au fait, c'est vrai.
roRFANTA». Et si je veux crier, moi...
JULIAN. Est-ce que tu vas recommencer?
fobfantas. Pourquoi pas?...
jllian. Je te le défends.
FORFANTAS. Prends garde, petit, je sois rageur. Jllian. I*as possible. \ Il taint U brut de For fantat qui s'était élancé tur lui.) forfantas. Bagasse!... Quelle poigne!...
JULIAN. C'est maigre, mais ça tient comme les pinces d'un homard.
le matelot, bat à Forfaniat. Faut-il l asiummer?
forfantas, de même. Je tous y. autorise...
[l/ouncmcut det matelots. )
Julian, armant «n pistolet. Voilà pour vous autres.
forfantas. 11 a réponse à tout, lo pendard I Julian. Dites donc, mes poulets, e-l-ce que vous allez reculer comme ça tout à l'heure, si l'homme se défend?
forfantas. Vous savez...
julian. Pardieu!...
foifantai. Alors vous êtes...
by Goo
MS AMOUIU MAUDITS.
Iouan. Précisément...
fosfantan, à part. Qa'ai^t qu’il est? fffaui.) Eb ! pourquoi ne l'avoir pu dit tout de tuile?... JOUA*. Votu pouviei bien deviner...
forfantas. Touche* là, mon plchoun!...
naît*. Oit beaucoup d'honneur pour le picboun... Maintenant, au port d'amies, j’cnuud* notre rhef de (lie. [Bnfrr Ditmfri.j
dimitri. J’arrive le dernier, a ce que je voit. forfantas. Oui, moniteur, et noue commencions à craindre quelque anicroche.
dimitri. Poltron! \A Julian.) Bonsoir, mon cher...
julian. Bonsoir, maître.
di un ni. Rien de nouveau?
JUliaN. Non... si ce n’eat que je vlem défaire un somme délicieui, rouclté sur l'herhe tendre, au pied d'un syeomor»! (lieu me damne, j'ai rivé de fées blanches et d’oiseau* bleus ! Ah ! la douce chose que la I ber té!.., entendre le vent dans les branches, quelle joie! être mouillé par la rosée, quel bonheur!... [Baissant la vois.) Ainsi la rrnia une fois terminée, nous mènerons riche et joyeuse vie... en fetnille.
ni mit ai. Je vous l'ai promis, tous la condition que vous m’obéiriei aveuglément.
jotiAN. Gomplet-y! je n'ai plus d'autre volonté que la vôtre, je suis* entre vos moins un eselave, un outil, une chose : je me donne » vous comme on se donnait au diable du temps que l'on te donnait a lui ; n'est-ce pas à vous que je dois d'élre libre, de respirer le bon air cl de frotter mrs bottes ? Marche* doue, je ne vous quitte plus-, et puis» je ne suis pas fiché de savoir, par curiosité, comment vous tenes vos promesses!...
oiMtrai. Soyes tranquille.
julian. Pardieu! on est toujours tranquille, quand on n'a plus ni coeur, ni conscience. — A propos, donne» moi un cigare... Merci. Mamienam retournes a votre corsaire...
dimitri, A Forfantas. K h bien , sommes- nous parés?...
forfantas. Voici nos hommes fameuse
marchandise, comme vous voyei.
niuivat. Bravo 1 vous êtes le plua fameux recruteur de bandits que je connaisse.
formant as. Après vous, monsieur Dimilri.
dimitri. Hél pss trop nuit... Où est votre barque?
forfantas. Là-bas , sous une roche, a deux portées de carabine...
dinitri. F.t U Platon ?
pnarsNTAs. Il e*t aux Catalans. Il l'est mis en règle a*ec la police et pourra prendre la mer demain dans la auit.
dimitri- Kl si l'homme cria?...
fobfantas. Personne ne l'entendra. D'ailleurs. H n'aura pas même le temps d'ouvrir la bourbe. Nos gaillards l'emporteront comme une plume
I usqu'au canot, et dit minutes après il sera sur • trois-màts, emménagé à fond de cale.
dimitri. Cest parfait...
formants*. Tout eela, bien entendu, si noas tombons d'tecord.
dimitri. Comment?...
formants*. Tous m'svex bien donné vos instructions, mais je ne suis pas encore su courant de tout, et uns être trop curieux, je serais bien aise de savoir...
bimivdi. Renvoyé* vos homme*.
forfamas. Holà! salues monsieur et retourne* au ranot attendre mes ordres. iDsnwJn Uur jette une bourse.)
lk matelot. Ah! camarade*, quel coup on va boire 1 \ll sort avec Ut autres. )
forfantas. monJronJ Julian. Pardon, e»l-ce que vous néloigaex pas voue ami?... ,
dimitri. Non, certes.
MJtrAATAS. Ça l'intéresse donc?
dimitri , Beaucoup!
fobfantu. Parler, alors ..
dimitri, à Julian tfeouter-voiis, mon cher?... jouan. Je ne perd* pat une bouffée.
dimitri. Depuis notre première rencontre à Malle, c’est-à-dire depuis sept an*, j'ai eu plusieurs fois besoin de vos service», et si je tn'en suis bien trouvé je crois oue de votre côté vous n'avez pas eu à vous plaindre de moi.
forfantas. Bsgasse 1 je serais un ingrat!...
dimitri. Aujourd'hui, je vous propose une fortune.
• FORFANTAS. J accepte!
dimitri. Tou* laves avee quelle adresse j'ai acquit et eiploité l'amitié de M. de Vilhena, eiaspéré parla conduite de son lil* ; comment je lui ai munie à mon profil contre le roupie fugitif toute l'aveugle fureur des persécution* ; du resté, convaincu de n'agir que dans Tinterai de son nom et de son honneur, il u'a jamais soupçonné l'empire que j'avais sur lui!
julian, à part Oo connaît vos griffes, monsieur Vautour.
dimitri. Croirei-vous pourtant qu'a nous deux, en sept longuet année*, maigre toutes Ici ressources dont nous disposons, il nous a été impossible de désunir nos amoureux. Ils sn sont mariés... en Suisse, eu Angleterre, je ne sais où...
FORFANTAS. Monsieur Msnofl marié avec la sœur de ce misérable forçat!
jcluk. tvurant à Forfantas et le prenant à la gorge. Mille diablrs î
forfantas, effrayé. Quelle mouche lepique?... dimitri, A Julian, avee intention. Eh bien?... jci-Ian, changeant de ton. Je suis enchanté que notre corsaire ait pouf la bagne use horreur égaie à la micone... Continuel donc...
dimitri. Leur mariage, très-légitime à leurs yeux, ne l'est pas a ceux de monsieur de Vilhena, qui a résolu de l'attaquer, de le rompre... C’eat moi surtout, c'est moi qui l'y ai décidé, et il a pris de guerre lasse une mesure extrême que je me suis chargé d'accomplir. Cette nuit, ou enlève Manoèl, on le sépare de sa femme et de son enfant. Pour monsieur de Yilhnia, ce n'est qu'uu voyage eo mer, apres lequel il ne duule pat que son bis ae reconnaisse «et toiu et ne vienne lui demander grâce. Mm, j'ai d'autres projet». Cet enlèvement vous regarde, mon cner capitaine.
FORFANTAS. Mot?...
dimitai. Oui. vous vous en charges... Pour les cinquante mille francs que voici.
julian. Que c'est beau, l'argent!
uimitri- Mais ce n'est pas tout, il y en a cent mille autres à gagner, (iràce a la façon dont j'ai maiuruvré, j'ai tout lieu de croire que /hériterais de oi.usieur de Vilbena si *on (ils mourait...
forfantas. C'est bien simple!... une fois en pl uie mer, un accident surviendra., un gros rhume, uue jaunisse, une lièvre chaude, tout ce que je voudra». J'aurai soin de vous en exprdier la nouvelle avee on beau cachet noir.
dimithi. Marché fait. (Julian (arrête au moment où il tend la masn à Forfantas.)
julian, à Dimitri. Pardon de vous interrompre...
dimitri. Qo'âvex vous à me dire?...
Jülian. Deux mots, je vous prie. (Il U prend à (écart )
torfantas, à part Basasse! est-ee qu’il voudrait me couper les vivra?... .
julian. Il me semble, cher emi. que vous disposes de mon avoir.
dimitri. Comment?...
julian Cette somme de eent mille francs, vous me l’avez promise.
dimitri. Croyex-veus donc que je tiendrai ma parole envers lui?
julian. Ab! très-bien! (A part.) Pourquoi alors la tiendrait-il envers mot?... Ilabi aous n'en sommes pas encore la, nous aviserons.
forfantas. Que vous disait-il. le petit?
julian. Je lui disais, monsieur Forfantas, que scs cigares étaient excellents : il ne me manque qu'un sorbe) au marasquin , pour être le plua heureux des hommes.
dimitri, à Forfantas. Ainsi, c'est convenu ?
forfantas. Quand me signerex-vous cet engagement.
dimitri. Quel engagement ?
forfantas. Mais un billet en bonne forme par lequel vous déclarera me devoir la somme en quation.
muirni. Que diable, je n'ai ni plume ni encre... forfantas. N «vus trouverons dans ma cabine ce qu'il nous faut.
Diuirni, ô pan. Au fait, je n'ai rien à craindre. (Haut.) Allons!
força nta s. .Nous serons bientôt revenus...
julian. Ki que vais-je faire eo vous attendant, mrs gentilshommes?
dimitri. Venex avec nous, si vous voula.
julian , Pour respirer l'odeur du goudron f ... grand merci, ça me rendrait malade.
dimitri. Restes donc... et si vous voyei monsieur de Vilhena, venez nous avertir. (Ils sortent a gauche.)