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PRONOSTIC ET SUITES OPÉRATOIRES

Dans ces conditions, le pronostic de l’amputation de cuisse, si grave au début de la guerre, s'est sensiblement modifié.

Il demeure fonction de plusieurs facteurs :

1° De la gravité de l’état général du sujet ;

2 Du moment de l'intervention. Les am putations immédiates restent toujours grevées d’un pourcentage très élevé ;

3° Du choix du procédé ;

4° De la hauteur de l'amputation.

Savariaud montre bien dans sa statistique que plus le point d’amputation s'élève, plus s'élève également la mortalité.

Les statistiques qui ont été publiées dans le Bulletin de la Société de chirurgie de Paris confirment ce que nous avons avancé.

Lapointe opérant dans une ambulance de l'avant nous cite 13 cas sur lesquels il eut 12 morts: sur 8 cas opérés d'emblée,

8 furent suivis de décès; enfin, sur un ensemble de 84 blessés opérés pour fractures ou fracas du fémur de toutes variétés, Al sont morts.

Lenormant, attribuant ses résultats défectueux à la multiplicité des blessures, à l'encombrement, à la septicité du milieu et à l'insuffisance du matériel, nous rapporte que sur, 4 amputations immédiates il n'obtint que 1 succès; sur 17 amputations secondaires précoces il eut 15 décès et sur 6 interventions tardives 4 morts; en résumé, sur 27 amputations, 22 décès, soit une mortalité de 82 p- 100.

On voit que nous ne sommes guère éloignés du pourcentage d'Otis qui était de 83,2 p. 100.

Rosset-Bressand 3

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A côté de ces statistiques peu encourageantes, nous trouvons heureusement celles plus réconfortantes :

De Depage qui nous donne deux chiffres : dans une première période comprenant les six premiers mois de 1915 il obtint unesurvie de 35 p. 100 seulement, mais du 1* juillet 1915 au 1°" janvier 1916, la mortalité tomba à 30 p. 100; :

Du professeur Chavannaz, datant cependant du début de la guerre (28 septembre 1914-30 juin 1915), recueillie dans l’ambulance divisionnaire dont il était le médecin-chef, et qui nous donne sur 26 amputalions 16 guérisons, soit un succès de 61,53 p. 100.

À l'appui de nos dires nous rapportons ses observations que nous trouvons publiées dans le Bulletin de la Société de chirurgie de Paris (séance du 28 juin 1916).

Ce Maitre n'eut jamais recours à l’amputation en saucisson, pratiqua 17 circulaires, 9 amputations à lambeaux; les points de suture furent suffisamment rares et espacés pour assurer un large drainage, mais jamais la plaie ne fut laissée béante. L'anesthésique choisi fut toujours le même : le chloroforme, l'hémostase préventive étant obtenue par la compression digitale de la fémorale.

Chez 23 opérés, l'infection décida le sacrifice du membre. Dans 10 cas, il s'agissait de gangrène gazeuse ; sur ces 10 cas, 7 blessés ont guéri (OL VIT, IX, XIV, XV, XVII, XX, XXV), 3 sont morts.

Sur l’ensemble des 26 opérations, 3 seulement furent déterminées par l'étendue seule des lésions. Sur ces 3 opérés, 2 ont guéri (Obs. XIX, XXIIT) et 1 a succombé à une et secondaire de la fémoralé (Obs. XXVI).

OBSER V ATIONS

OBSERVATION ÎJ

G..., soldat au 57° régimert d'infanterie. Fracture du genou droit par éclat d'obus. L'articulation est largement ouverte; le fémur et le tibia sont brisés, plus particulièrement le tibia dont l'extrémité supérieure est broyée. La plaie dégage une odeur infecte; le teint du malade est jaunâtre.

Le 28 septembre 1914, douze heures après l'entrée à l’ Anpalante amputation de cuisse à deux lambeaux. L'opéralion est bien supportée, mais le pouls est petit, et malgré un état d’euphorie, la mort survient la nuit suivante. ee

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