CRUVEILHIER
Puis parurent des descriptions ultérieures, dont nous ne retiendrons que celles de CHARCOT et PrEr- RET, LEYDEN, CONDOLÉON, RAYMOND et ARTAUD, P. Kocx et P. MARIE qui, toutes, concluaient à l’origine myélopathique des atrophies musculaires au cours du tabès.
DEJERINE fit ensuite paraître un mémoire où, de
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l’étude anatomo-clinique de cinq cas, il concluait à
l’origine névritique de l’amyotrophie.
Î Des observations contradictoires, dont beaucoup
suivies d’examens anatomiques, se sont multipliés depuis. | %
En fait, les amyotrophies tabétiques ne sont pas « unes », elles réalisent des types cliniques divers en rapport avec des processus lésionnels très variés. Parmi ces processus, certains sont bien établis; d’autres, au contraire, ne constituent que de simples hypothèses
pathogéniques.
1°. — Dans certains cas il s’agit d’une atteinte des racines antérieures résultant d’un processus méningé analogue à celui frappant les racines postérieures; les deux atteintes se superposent alors topographique-
ment.
2°. — Dans d’autres cas, le processus lésionnel frappant les racines ou les cornes antérieures ne se superpose pas aux lésions tabétiques; on est en présence d’une poliomyélite syphilitique banale évoluant parallèlement au tabès et indépendante de lui, pouvant le précéde ou survenir au cours de son évolution, exactement comme elle pourrait le faire vis-à-vis de
toute autre manifestation de syphilis nerveuse.
3°. — Dans d’autres cas, on est en présence d’un
processus névritique indiscutable, qui serait la con-
CR quence Arecte de la os d cordons postérieurs: : | mais ce processus est très loin d’être la règle comme
le soutenait DEJERINE. Dans ce cas l’amyotrophie ap-
paraît très tard au cours de l’évolution du tabès.
4°. — Il existe peut-être des cas où l’atrophie mus-
culaire est dûe aux lésions des cordons postérieurs
A « . SPAS é elles-mêmes et au retentissement de ces lésions sur
les cellules trophiques des cornes antérieures.
5°. — Enfin pour BARRE, les amyotrophies reconnaïtraient le plus souvent, comme les arthropathies, une origine vasculaire : endo et périartérite, endo et périphlébite siégeant au niveau et au dessus des ré-
gions amyotrophiées.
Ces discussions expliquent le polymorphisme elinique des manifestations amyotrophiques au cours du F5 tabès et nous n’en retiendrons que les deux éventualités suivantes plus ou moins discernables elinique-
ment :
A) Dans certains cas, il semble qu’on soit en présence d’une poliomyélite antérieure syphilitique évoluant pour son propre compte chez le tabétique qui pourra présenter toutes les manifestations progressives ou localisées que nous avons signalées au cours de l’étude des amyotrophies spinales.
B) Dans d’autres cas, il paraît s'agir d’amyotro-
phies réellement tabétiques, apparaissant comme si-
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gne d’un tabès déjà ancien. La plus fréquente de ces
manifestations tardives est celle qui débute aux mem-
bres inférieurs, atteignant d’abord les petits muscles
des deux pieds, déterminant une déformation en griffe des orteils. Puis l’amyotrophie gagne les muscles de
la loge antéro externe entraînant une déformation en
équin et varus. Ainsi se trouve réalisé le classique
pied-bot tabétique de Joffroy, d'abbrd libre, puis fixé par les rétractions tendineuses.
Par la suite l’amyotrophie peut s'étendre, frappant les petits muscles des mains selon le type ARAN-
DucHENNE et parfois se généraliser.
Cette forme diffuse a pour caractère essentiel, la
bilatéralité, la prédominance aux extrémités, son évolution très lente parallèle à celle du tabès, l’absence de troubles sensitifs et de contractions fibrillaires; elle est, non de nature syphilitique, mais de nature tabétique, et semble dans la règle, ressortir à des mani-
festations névritiques.
À côté de cette forme diffuse, les formes localisées les plus diverses peuvent se voir.
Dans certains cas, toute l’évolution du tabès est dominée par l’amyotrophie musculaire à évolution rapide, emportant le malade dans une véritable cachexie. Seules, ces formes bien décrites par CHRÉTIEN et THoMAs méritent vraiment le nom de « TABES AMYO- TROPHIQUE ».
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Cette étude des amyotrophies syphilitiques nous a permis de suivre les remaniements, les modifications
profondes, qu’au fur et à mesure de leurs travaux suc-
__ cessifs les auteurs modernes ont apportés dans ce cha-
pitre de la neurologie, si longtemps obscur, qui a trait
aux amyotrophies.
A côté des deux anciennes formes classiques, lamyotrophie de la pachyméningite cervicale hypertrophique de laquelle l’intérêt paraît s’être quelque peu détaché, les amyotrophies du tabès intéressantes surtout par les discussions auxquelles leur nature, syphilitique ou tabétique, a donné lieu, nous avons été amenés à envisager surtout les amyotrophies spinales dans la genèse desquelles la syphilis ioue un rôle main-
tenant bien établi.
De leur polymorphisme extrême, dont témoignent les multiples formes cliniques topographiques ou évolutives décrites, découlent la variété et la difficulté des problèmes diagnostiques et étiologiques qu’elles
peuvent poser.
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Aussi nous sommes-nous appliqués à déterminer les caractères cliniques, topographiques, neurologiques, sérologiques, anatomiques, qui peuvent permettre de résoudre ces problèmes, à préciser leur fréquence et leurs valeurs relatives. Nous avons insisté notamment sur l’importance des signes neurologiques qui fréquemment accompagnent les amyotrophies syphilitiques, signes qui, s'ils évoquent souvent l’emblée, par leur complexité même, la neuro-syphilis comme dans l’observation que nous avons rapportée, peuvent parfois
au contraire risquer d’égarer le clinicien.
« Nous pouvons affirmer aujourd’hui que &« l’amyotrophie spinale progressive de l’adulte « est une maladie syphilitique au même titre « que le tabès….
« elle est d’origine syphilitique non pas excep- « tionnellement maïs ordinairement ».
ont dit LERI et son école.
Si cette conclusion est peut-être exagérée, il n’en demeure pas moins vrai, et c’est ce que nous avons essayé de montrer, qu’il faut systématiquement songer à la syphilis devant toute amyotrophie dont l’étio-
logie n’est pas évidente.
L'origine syphilitique possible de certaines « pseudo-scléroses latérales » constitue un élément d’espoir
non négligeable dans la discussion diagnostique de cer-
F pie titres He au moins en général d’en fixer l’évolution; il provoque parfois, par son action sur l’élément parétique qui accompagne souvent l’atro-
phie musculaire, une amélioration fonctionnelle inté-
ressante. Vu = Vu Le Doyen ; Le Président de la Thèse ; BAUDOUIN LOEPER
Vu et permis d'imprimer Le Recteur de l’Académie de Paris CARCOPINO