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Sciout. Le Directoire, III

« Ici, ajoute Guyot, Robespierre commença, interrompit, reprit, acheva une très belle histoire de la Révolution qui se trouva n'être que Ihistoire des complots tramés contre luimême ». Après ce coup de pointe contre le conventionnel, c'est ce petit code de tactique électorale. En matière d'élections, dit-il^ « ayez des distributeurs intelligents des trésors des ministres étrangers et vous obtiendrez facilement des suffrages payés à l'avance par plus d'un peuple. »

« ... Clubs secrets, publics, s'il se peut, écrits populaires, journaux, quelques numéros au moins, lettres, voyages, entretiens, menaces, séductions, promesses, rien ne doit être oublié » pour arriver.

Dans les assemblées électorales ; il faut « entrer les premiers et en sortir les derniers. Calme, régularité, si les amis du peuple sont sûrs de la majorité; artifices et mouvements si elle est douteuse, tumulte et enfin scission, s'ils sont en minorité. »

C'étaient là, même dans la bouche de Robespierre, les conseils d'un fin manœu-

Yrier électoral, qui, en floréal, fît ses preuves. Aussi, les journaux amis, en rendant compte de son élection, ont-ils bien soin de s'en réjouir, en ces termes : « Guyot-Desherbiers, homme de loi ; il arrive avec une ample provision de matériaux pour le code civil ; il ne sera pas un homme de tribune, mais dans la commission où il se présentera un travail prompt, forcé, difficile, dangereux on Taura sous la main à toute heure du jour et de la nuit\ »

Cabanis et Marie-Joseph Chenier étaient élus en même temps que lui.

De fait, Guyot-Desherbiers parla peu. On ne cite de lui, en qualité de secrétaire du Conseil des Cinq-Cents qu'un discours sur le triomphe remporté parles républicains contre les Anglais à Ostende et le malencontreux toast qui lui attira une si fâcheuse histoire au banquet du 28 prairial an YI.

Sept cents députés étaient réunis, afin de « faire connaissance », rue de Varennes,

1. Patriote français du l'^'" floréal, ap. Aulard. Paris sous le Directoire, IV, G12.

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dans le ci-devant hôtel de Biron. Malgré les lis qui couvraient les tables et afîectaient désagréablement quelques-uns des convives à dix francs par tête, le banquet était gai. A l'heure des toasts on entendit une altercation : c'était Guyot-Desherbiers qui accusait son vis-à-vis Briot, d'avoir voulu choquer soa verre avec lui, au cri de « mort au 22 floréal ». « Le procureur des scissions » ^ insiste, provoque, crée un incident et l'assemblée se sépare « agitée encore de la vivacité et surtout de la nouveauté de la scène. »

Député au Corps législatif le 4 nivôse an VIII, il demeura à cette assemblée jusqu'à l'an XI.

Que Guyot-Desherbiers ait sauvé le baron de Batz de la mort, en le cachant chez lui, comme le prétend Paul de Musset, je n'en ai trouvé de preuves nulle part, mais à en croire ses parents, il eut à son actif d'autres actes de dévouement.

Sa carrière de magistrat, de fonctionnaire,

l. Républicain du l'^'' messidor; id. l\\ 721.

de député est ainsi appréciée par le comte d'Allonville.

Il écrit de Rennes, le 11 février 1816, au ministère de Tlntérieur: «... jurisconsulte de Paris, l'un des plus hommes de bien qui existe au monde et ex-législateur, qui n'obtint jamais rien sous le gouvernement impérial et qui en prairial an VI avait présidé à Paris la bonne partie scissionnée des électeurs, par laquelle il fut nommé au corps législatif. — (( M. Guyot-Desherbiers descend de deux anciens prévôts des marchands de la ville de Paris et il est allié aux maisons de Villeroyet de Richelieu ^ »

Le 16 mars 1818, dans une lettre au ministre au sujet de Victor de Musset, il développe son précédent jugement :

« M. Desherbiers, dont j'ai Thonneur d'être ï' allié est un ancien jurisconsulte de Paris très désintéressé, qui n'a jamais acquis de fortune. C'est un des hommes les plus dévoués à leurs semblables que j'aye jamais connus.

1. Arch. Nat.. F^'' I. 161-^. Je ne vois pas comment s'établit cette filiation.

11 défendit pendant les temps les plus terribles de la Révolution plusieurs personnes traduites devant le tribunal révolutionnaire, ayant ensuite été chef de division à la justice à l'époque du Directoire, il rendit d'innombrables services aux victimes de la Révolution en l'an VII, il présida à Paris la bonne pa?'tie des élections de cette année là. Il fut nommé député au Corps législatif, d'où il sortit à son tour vers l'an XII ou XIII. Dans toutes ses fonctions publiques, il rendit des services à tous ceux qui étaient malheureux ou persécutés. Nous avons, ma famille et moi, les preuves de ceux qui ont reçu de lui un grand nombre d'émigrés \ »

Enfin, Merlin, l'ancien chef de Guyot, venait, à Theure où il fallait faire preuve d'autres sentiments que des sentiments royalistes, témoigner en faveur du fils de son ancien auxiliaire et libellait ce certificat.

« Je connais intimement M. Guyot des Herbiers, père, et depuis très longtemps. Il

l. Id. F". Ces preuves nous manquent, sauf pourRoucher. Vid. infra.

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est un des hommes qui méritent le plus l'estime générale et la confiance du gouvernement et je sais qu'il a élevé son fils dans ses principes, je crois donc le fils digne du père.

Merlin.

30 mars 1 81 5 ^ »

En 1816, Guyot-Desherbiers, « absolument sans fortune » écrit Allonville, fut nommé directeur du dépôt de mendicité de Rennes. En allant prendre possession de son poste, à Mayenne, descendant maladroitement de diligence, il se « cassa l'os de la cuisse dans la hanche » et demeura estropié.

Son fils-, alors sous-préfet de Fougères, le

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