Lettres de Catherine de Mcdicis, t. 111, p. 320 et
SOUS la charge du comte de Maulévrier ». 11 mourut à la fin de novembre 1593 et sa veuve Cassandre épousa, en secondes noces, un officier, Clovis de Tesseron, mestre de camp d'un régiment d'infanterie.
Guillaume laissa trois fils : François, Charles et Claude mort chez sagrand'mère à Vendôme en mai 1594.
François fonda la branche des Musset de Pray qui devait s'éteindre en 1G53 après avoir reçu un certain lustre.
Ce François, premier du nom, né au château de Pray le 2 octobre 1585 et baptisé le 5, avait épousé, le 2:2 juillet 1611, Marie Arnauld, fille d'Isaac Arnauld, conseiller du roi en ses conseils d'État et privé, intendant des finances etde Marie Perrin. Cette alliance fit sa fortune. Cet Isaac Arnauld était un des dix enfants du célèbre Antoine Arnauld, avocat au Parlement et frère du grand Antoine Arnauld de Port-Royal; il jouit durant tout le règne de Louis XIII d'une autorité et d'une faveur grandissantes. Son gendre devait en profiter, d'autant que François
Musset de Pray avait pour beaux-frères un autre Isaac Arnauld, mestre de camp des Carabins, et bel esprit fort apprécié de Voiture, et Manassé de Feuquières que Catherine, la sœur de sa femme, venait d'épouser.
De plus, son oncle par alliance, Pierre Arnauld, était maréchal de camp des armées de Louis XIII et colonel du régiment de Champagne.
François sentit, tout aussitôt, les bienfaits d'être entré dans une pareille famille. Par brevet du 25 juillet 1611, il est nommé gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi et prête serment, le 9 août, en cette qualité. Le 1:2 mars 1612, par commission de Charles de Montmorency, duc de Dampville, amiral de France, il est pourvu de la charge de capitaine ordinaire de la marine du ponant. Le 15 juin 1612, c'est une pension de 1.100 livres qui lui échoit et qui de 1614 à 1622 est transformée en une pension de mille livres sur l'épargne du roi ; le 22 avril 1630, c'est une gratification de 2.000 livres accordée par le roi, en récompense de ses
services. En 16:21, il seii au régiment de son beau-frère Feuquières; le 20 mai 1628, il est commission né de la compagnie des gens de guerre à cheval, dits Carabins, vacante par la démission du marquis de Grimault. Les carabins, arme de création relativement récente — ils datent de 1558 — étaient un corps de cavalerie légère, destiné au service d'éclaireurs ; les hommes qui composaient cette compagnie étaient armés d'une cuirasse, d'un casque appelé cabasse, de pistolets et d'une longue escopette.
Feuquières, alors à l'armée d'Allemagne et négociant avec les Suédois, laisse le commandement de Philipsbourg, que le chancelier suédois Oxenstiern avait abandonné à la France, après avoir pris Ralisbonne, à ïsaac Arnauld qui appelle aussitôt près de lui, comme lieutenant de gouverneur, François Musset de Pray. Mais les Impériaux, après avoir obtenu quelques avantages, menacés par les troupes des maréchaux la Force et Brézé, veulent les continuer en s'emparant par surprise de Philipsbourg.
En janvier 1635, l'ancien colonel de la place, Gaspard Bamberger, déguisa un certain nombre de soldats en paysans, les arma d'une hache et les envoya dans Philipsbourg comme s'ils étaient des marchands de vivres. Ils y entrèrent facilement et obtinrent Tautorisation d'y passer la nuit. Dans la nuit du 23 au 24, Bamberger s'approcha ; les fossés étaient gelés. Il jeta contre les remparts sa troupe qui les escalada et massacra les sentinelles. Au bruit de la lutte, les soldats déguisés arrivèrent, abattirent les portes et firent entrer leurs camarades. La garnison se mit en défense : elle fut repoussée ; elle se réfugia dans la citadelle ; les portes en sont enfoncées à coups de canon et la garnison française est faite prisonnière, non sans avoir eu un grand nombre de tués et de blessés; parmi les morts étaient François de Pray.
François qui avait perdu sa femme dix ans auparavant s'était remarié le 26 janvier 1626 avec une Blésoise, Claire Martin , fille de noble Daniel Martin, écuyer, sieur de Villiers et de demoiselle Madeleine Bousseau. Elle mourut
Tannée même de son mariage sans enfants.
De son premier mariage, son époux avait eu deux tilles et un fils.
L'aînée des filles, Marie de Musset, avait épousé, le 25 avril 1636, Pierre d'Alès, sieur de Corbel en Dunois, gentilhomme ordinaire de la Chambre du roi, un de ses maîtres d'hôtel. Anne d'Autriche prit Marie de Musset pour une de ses dames ; elle perdit son mari le 26 juillet 1666, ayant eu de lui six enfants. La cadette, Anne de Musset, se maria à Jacques de Sorbiers, seigneur de Pouzieux et Pruneau : sa postérité subsiste encore en Touraine.
Le fils fut François II de Musset de Pray. Il succéda à son père dans la compagnie des carabins et épousa Marie Hurault de l'Hôpital, fille d'André Hurault et de Marie Hilaire ; il n'en eut point d'enfants et mourut à Pray le 26 juin 1653. Sa veuve se remaria à Hector de la Forêt, seigneur d'Hianville.
Avec lui s'éteignit la filiation par les aînés.
Le chef de la famille devint Charles de Mus-
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set, seigneur de la Bonne-Aventure, de la Courtoisie, du Mesnil, du Lude, de Beauvoir, deuxième fils de Guillaume de Musset et de Cassandre Salviati, né au château de Pray le 10 février 1588 et baptisé le 10 août en l'église Saint-Pierre de Pray.
A la suite de la cession des héritiers qui en possédaient des parts proportionnelles, la Bonne-Aventure lui revint eu toute propriété vers 1610.
Charles de Musset servit le roi, et fut chargé par lui de missions spéciales, si Ton s'en tient au texte d'une ordonnance de payement de 300 livres qui lui est délivrée le 26 février 1610 en qualité de « gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi » pour « être venu en diligence sur chevaux de poste de Blois à Saint-Germain-en-Laye pour affaires important » le service du Roi.
Jl avait épousé le 16 novembre 1616, au temple de Blois, une protestante Madeleine Bazin, fille d'Isaac Bazin, avocat au Parlement, sieur de Crémoux et de Chcsnay et de Madeleine Bothcrcau. Le 11 juillet 16i20, il
LES ANCÊTRES D ALFRED DE MUSSET :Vi
est pourvu d'un brevet de capitaine d'infanterie et en lG;24d\ine pension de 4.200 livres. L'année suivante, il était tué en Valteline, comme capitaine au régiment de Feuquières, vraisemblablement dans Texpédition que le maréchal d'Estrées fit dans ces hautes vallées. De son mariage il avait eu deux enfants, une fille Marie, baptisée au temple de Blois, le 11 décembre 1617 et un fils, Charles II.
Sa veuve épousa, en secondes noces, Enoch le Brethon, seigneur de Chanceaux; elle perdit son second mari en 1639, ayant de son union trois filles et un fils qui firent souche.
Leurs grades, et le nom de leur seigneurie les fit désigner, le père, comme les descendants, sous le nom de capitaines Bonaventure : tous furent connus de la sorte ; l'un d'eux illustra ce nom donné à la branche cadette.
Charles II, né vers 1620, capitaine au régiment de Beauce le 18 décembre 1637, puis au régiment de Gaston, frère du roi, pensionné de 600 livres, avait pris comme femme le 20 novembre 1639, Anne Moreau, fille de
NoéMoreau, sieur de la Boissière, conseiller du roi. Ses affaires étant en bon point, il acheta en 1643 la terre, fief et seigneurie de laRipaupière moyennant 10.600 livres payées comptant et « un moulin de valleur de 250 livres pour pot de vin ». Mais les hasards de la guerre tranchèrent net le cours de sa fortune. Gaston d'Orléans tenait la campagne en Flandre ; Charles 11 l'y suivit. Le prince après avoir franchi la Colme mit le siège devant Mardick et l'emporta le 10 juillet 1645 : mais Charles II de IMusset- Bonne-Aventure fut tué pendant l'assaut.
11 laissait un fils Charles et deux filles. L'une, Anne, mourut en 1646 ; l'autre, Marie de Musset, dame de la Courtoisie, épousa le 13 mars 1671 François de Salmon de Courtemblay, seigneur de la Fertière; elle vécut fort vieille et trépassa sans enfants le l"mai 1722.
Charles III de Musset dePray, seigneur de la Bonne-Aventure, du grand et du petit Mesnil, était né en 1641. Emancipé à dix-sept ans, par lettres de 1658, ayant fait le partage
(les biens paternels et maternels avec sa sœur Marie, il se débattit par la suite dans des contestations sans nombre avec ses parents, à la mort de Madeleine Bazin décédée sans avoir rendu de comptes de tutelle. Les difficutés matérielles ne furent réglées qu'en 1725 par une transaction générale.
Sa carrière militaire fut courte ; il fit partie du ban du Vendômois, servit sous Turenne et se retira du service avec un certificat élogieux le 17 novembre 1674.
Il vécut sur ses terres, ayant ajouté à ses biens patrimoniaux le fiefdePathay, par son mariage, le 6 janvier 1676, avec Marie-Jeanne de Pathay fille dTIenri de Pathay, seigneur baron de Clereau et de Marie Duval. Pendant sa vie, fonctionna la commission créée pour la recherche des usurpateurs des titres de noblesse; il comparut devant cette commission, fournit ses preuves et par jugements du 9 juin 1660 et du 9 juin 1667 fut maintenu dans sa noblesse.
Il mourut à la Bonne-Aventure le 10 septembre 1699 : quatre fils et deux filles conti-
nuèrent sa race : Charles-Antoine, l'auteur de la branche des Musset-Pathay ; Alexandre- Henri, dit Monsieur de Bonnaventure ; Louis- François, seigneur de Boulon ; Olivier-Pierre- César; ils furent tous militaires. Des deux filles, l'une, Louise-Michelle, née le 6 août 1686 épousa Jean du Mouchet, seigneur de la Tétardière en Touraine ; l'autre Marie-Madeleine, née le 30 mars 1692 fut reçue à Saint- Cyr et y mourut le 12 juin 1705. M™' de Maintenon l'avait prise en affection, elle parle souvent de « sa petite Bonnaventure » dans ses lettres et toujours en bien.
La carrière des quatre fils se poursuivit avec des fortunes diverses. Celui qui la remplit avec le plus d'éclat, ce fut Alexandre-Henri de Musset, dit Monsieur de Bonnaventure.
11 était né à Mazangé, le 3 février 1684, et y fut baptisé un an après, le 4 février 1685. Page de Monsieur, le 1" janvier 1701, il fit toute sa carrière dans le régiment de Chartres. Tout jeune officier, en 1705, il avait vingt uns, il est noté bien que ne pouvant « savoir
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le bien qu'il a » de cette façon, par l'inspecteur général Maupeou : « fort bien fait. Se tourne à bien ; il est propre à une compagnie^ ». Sous-lieutenant le 8 mars 1703, capitaine le 21 mars 1706, chevalier de Saint- Louis, le 2 septembre 1722, il fit la campagne de Piémont sous Maillebois et se distingua à Tatlaque de la chaussée de San Benetto, près de Guastalla. De là, il passa en Allemagne et au combat de Dettingen fit preuve d\ui remarquable sang-froid".
Sous le feu de l'ennemi, le régiment de Chartres fléchissait ; quelques volées de canon