‹ Les ancêtres d'Alfred de MussetChapitre 6 sur 51 · Arch. du Min. de la Guerre · texte numérisé non relu

Arch. du Min. de la Guerre

2. Voici ses états de services d'après les archives du Ministère de la Guerre.

Bonnavenlure . Alexandre-Henry de Musset, né le G septembre 1685 à Mazangé.

Page de Monsieur le 1'^'' janvier 1701. Sous-lieutenant au régiment de Chartres-Infanterie, le 8 mars 1703. Lieutenant, le 1'^'" juillet 1703. Capitaine, le 21 mars 1706. Capitaine de grenadiers, le 1'='' avril 1731. Commandant de bataillon, le 8 octobre 1734. Major, le 24 avril 1735. Lieutenant-colonel, le 8 décembre 1741. Brigadier d'infanterie, le l"-"'' mai 1745. Lieutenant du roi de la Rochelle, le 28 mai 1750. Relevé le 16 juin 1760.

On remarquera la différence de date de naissance : 1684, disent les généalogistes, qui ajoutent la date du baptême; 1685 disent les archives de la guerre.

encore et il s'en allait à la débandade. 11 fit faire halte et saisissant un drapeau des mains d'un enseigne : « En est-il parmi vous qui ayentpeur? cria-t-il ; qu'ils se retirent ! » Personne ne bougea, le sentiment du devoir a reconquis les soldais apeurés. « Enfants! dit alors M. de Bonnaventure, vous restez tous; je voiis reconnais, vous préférez mourir avec moi en gens d'honneur plutôt que de devoir votre vie à une lâcheté ! » Et en bon ordre, la troupe se remit en marche, traversa un marais qu'elle avait à dos et regagna l'armée sans avoir été entamée.

En récompense de ce haut fait, le roi lui accorda une pension de 800 livres et le 8 décembre 1741 il fut nommé lieutenant-colonel.

C'est surtout dans la campagne de Flandre qu'il se fit remarquer.

Après la prise de Bruxelles, en 1746, il fut chargé de la garde du fort de Villevorde ; atlaqué par des forces supérieures, il s'y maintint et garda le fort au roi. A la bataille de Raucoux, commandant la brigade d'Orléans, car il avait été promu au grade de

brigadier le 1" mai 1745, il prit sa grande part de canons et de drapeaux, et malgré qu'il fut blessé de trois coups de feu dont l'un lui fracassa la mâchoire et l'empêchait de parler, et les deux autres au bras droit, il ne quitta le champ de bataille que la victoire ne fut achevée.

Convalescent, il reçut du maréchal de Saxe ce billet :

Cliamboi-d 19 décembre 1746.

J'apprends avec plaisir, Monsieur, que votre santé est meilleure et je souhaite quelle puisse se rétablir bientôt entièrement. Les eaux de Barrages pourront y contribuer, mais je pense qu'il ne faut pas que vous en fassiez usage avant un couple d'années parce qu'elles n'opèrent avec succès que sur les anciennes blessures et que les vôtres sont encore trop nouvelles.

Je suis très parfaitement. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Maurice de Sa.xe.

Cela ne l'empêcha point, en 174T, toujours à la tête de la brigade d'Orléans de marcher à l'attaque du village de Lawfeld, ce qui lui valut aussitôt par une lettre datée du champ de bataille, de la Commanderie du Vieux

Jonc, un avis d'Argenson que le roi pour lui donner « une marque de satisfaction de la manière dont Sa Majesté » l'a vu servir au combat, le gratifie d'une pension de l ;200 livres sur le trésor royal.

Au siège de Berg-op-Zoom, bien que placé en seconde ligne par le maréchal de Lowendal, il se fait blesser à nouveau à l'assaut du 1 3 septembre d'un coup de pierre au pied droit.

Son inspecteur général, M. de Villerneur, le note ainsi en 1747 : « Ancien et brave officier, beaucoup plus estimable par ses services et sa vertu que par ses talents, est résolu à mourir au régiment qu'il regarde comme sa patrie'. »

Pour le guérir, on lui donna le commandement des travaux du siège du fort de Lillo, proche d'Anvers.

Le \^2 octobre il fit capituler la place et signa la capitulation. « M. de Bonnaventure est un excellent militaire, écrivait le maréchal de Lowendal au ministre, mais un médiocre

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