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que les Herbivores eurent un grand développement. La Girafe et Y Helladotberium atteignirent une taille inconnue chez les Ruminants des âges précédents ; les Antilopes prirent des formes variées, et les bois des Cerfs se compliquèrent. Les Hipparions succédèrent aux Anchiiberium; leurs molaires très hautes, formées de lames d*émail contournées, faisant saillie entre le cément et la dentine, constituèrent une râpe de la plus admirable structure. Je ne voudrais pas cependant prétendre qu'à répoque du miocène supérieur, l'Espagne, la Provence, la Grèce eurent des prairies semblables à celles du nord de l'Europe actuelle; car, à côté des Hipparions, il y avait des Antilopes, des Helladoiherium et des Cerfs dont les molaires étaient plus basses que celles de nos Bœufs, de nos Moutons, de nos Chèvres, et par conséquent se seraient plus promptement usées par le frottement des végétaux silicifères ; ceci fait penser que parmi les plantes dont nos campagnes étaient couvertes, les graminées ne jouaient pas encore un rôle prépondérant.
Après l'époque du Léberon, c'est-à-dire pendant les époques pliocènes, quaternaires et actuelles, les Ruminants ont continué à être très nombreux ; le fût de leurs dents, ainsi que celui de plusieurs animaux d'autres classes, s'est allongé et s'est enduit de cément : je conclus de là que dans nos pays les prairies se sont étendues de plus en plus.
11 n'est pas sans intérêt pour la doctrine de l'évolution
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de constater le tardif développement des Herbiv car, évidemment, au point de vue embryogénique. comme au point de vue anatomique, les Solipèdes et les Ruminants représentent des types très perfectionnés. Ce développement a eu dans l'histoire des Mammifères une importance considérable, parce que les Herbivores vivant pour la plupart en société, la date de leur extension a aussi été la date de l'apparition des troupeaux. Les grands troupeaux ne semblent avoir été constitués que dans le milieu et surtout vers la fin des temps miocènes. Sans doute, dans lesgisements plus anciens, on voit sur certains points de nombreux Mammifères; néanmoins il y a lieu de croire que les espèces étaient représentées par un nombre d'individus assez limité, attendu qu on ne trouve pas des accumulations d'os d'une même espèce comme à Sansan, àPikermi ou dans le Léberon. Mes fouilles ont amené à Pikermi la découverte de 80 Hipparions, de 50 Tragocères, de 50 Gazelles, et dans le Léberon de 30 Hipparions, de 18 Tragocères, de 90 Gazelles; cependant je n'ai retiré qu'une minime partie des os enfouis dans ces localités. Les Herbivores devaient donner aux campagnes une physionomie nouvelle ; ils composaient des sociétés bruyantes et remuantes qui contrastaient avec les silencieuses familles des premiers âges.
On doit aussi noter que ces animaux comptent parmi les plus séduisants de la création, de sorte que non
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seulement ils ont donné plus de mouvenient au monde animal, mais aussi ils ont contribué à l'embellir. Il est permis d'appliquer à la plupart d'entre eux ces mots que Brehm a dit des Gazelles : « Elles ont une utilité esthétique. » Qui peut en effet voir, sans les admirer et même sans les aimer, ces bêtes dont le regard est si doux, la tête si fine, les allures si vives, toutes les formes si bien proportionnées ! Quand par la pensée, on se transporte au pied du Léberon pendant la fin des temps miocènes, et qu'on se représente les bandes d'Hipparions, de Tragocères et de Gazelles, on admet volontiers que, depuis le commencement du tertiaire, le monde animal a progressé en beauté.
Comme il fallait s'y attendre, l'évolution des Carnivores a suivi celle des troupeaux d'Herbivores. A l'époque éocène, les bêtes de proie étaient peu nombreuses et de petite taille ; YHycenodon et le Pterodon dépassaient rarement la taille d'un Loup. Bientôt après parurent de grands Amphicyon, qui peut-être n'étaient pas de redoutables destructeurs ; leurs caractères intermédaires entre ceux de l'Ours et du Chien, permettent de croire qu'ils mangaient plus de chair morte que de proies vivantes. C'est à la fin du miocène que les Carnassiers arrivèrent à leur apogée et se partagèrent en deux types extrêmes : V Hyène et le Machairodus.
Le tableau ci-après montre la succession des faur. terrestres des Mammifères tertiaires dans nos pays ^
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