‹ Les ancêtres de nos animaux dans les temps géologiquesChapitre 22 sur 34 · II. Les Mammifères de la fin des temps miocènes · texte numérisé non relu

II. Les Mammifères de la fin des temps miocènes

confirment la croyance que les types des êtres supérieurs

ont été plus mobiles que ceux des êtres inférieurs.

Les paléontologistes ont pu supposer qu'il y avait eu une extrême différence entre la mobilité des types des êtres supérieurs et celle des types des êtres inférieurs. En effet, on avait pensé que beaucoup de Mollusques du miocène et même un certain nombre de ceux de réocène étaient identiques avec les espèces actuelles; au contraire, plusieurs Mammifères semblent avoir été cantonnés dans certains étages : on n'avait d'abord trouvé les Lophiodon que dans l'éocène moyen, les Palmtherium proprement dits que dans Téocène supérieur, les Rhinocéros n'apparaissaient pas au-dessous du miocène, de telle sorte qu'on était vraiment autorisé à dire: âge du Lophiodon, âge du Palceoiherium, âge du Rhinocéros.

Mais, d'une part, en examinant minutieusement les anciennes espèces de Mollusques tertiaires, on a observé des nuances qui les distinguent en général des espèces actuelles : Deshayes, Tournouér, M. Fischer et d'autres conchyliologistes, qui ont beaucoup étudié les rapports

des espèces tertiaires entre elles et entre les espèces vivantes, pensent que les identités absolues ne sont pas très communes parmi les Mollusques d'âge différent. D'autre part, les recherches de Tournouér, MM. Thomas, Combes, etc., ont montré que des Palceotberium ont été contemporains des Lopbiodon et des Rhinocéros. Ainsi, les Mollusques ont eu une moindre longévité qu'on pouvait le croire d'abord, tandis que les Mahimifères ont eu une longévité plus grande qu'on ne l'avait supposé..

Néanmoins on est encore fondé à prétendre que, la mobilité des types de Mollusques a été loin d'égaler celle des Mammifères. Darwin et Lyell en ont fait la remarque depuis longtemps. J'ai eu occasion de confirmer cette remarque dans mes recherches en Grèce : j'ai vu les Mammifères de Pikermi, qui sont très différents des Mammifères actuels, enfouis dans des couches superposées à des assises où se rencontrent des coquilles de Mollusques dont les identiques existent de nos jours. L'examen du mont Léberon permet de compléter les observations faites à Pikermi, car les coquilles que j'ai recueillies dans l'Attique étaient d'eau douce, et celles dont je vais parler sont marines. Elles ont été trouvées à peu de distance du gisement des Mammifères fossiles, dans un endroit appelé Cabrières. MM. Fischer et Tournouér ont reconnu parmi elles les espèces suivantes, qui sont identiques avec les formés actuelles ou en diflfè-

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rent par des nuances si légères qu'elles ne peuvent être séparées spécifiquement :

Nassa semisiriata, qui existe

Naiica Josepbinia, Trocbus millegranus .

Calyptrœa cbinensis, Crepidula gibbosa, .

Anomya costata. .

Àrca umboiiaia, , Pectunculus glycimerû Cbama grypboides.

Cardium papillosum .

yeniis plicata. . .

Tellina planaia, .

Eastonia rugosa, .

Solen marginatus, , Solecurius caudidus

encore dans la Méditerranée, et dans r Atlantique, dans la Méditerranée, dans les mers d'Europe, dans les mers d^Europe.

sur les côtes du Sénégal, dans la Méditerranée, dans la mer des Antilles, dans les mers d'Europe, dans la Méditerranée, dans les mers d'Europe, sur la côte occidentale d'Afrique, dans la Méditerranée, sur les côtes du Portugal, dans les mers d'Europe, dans les mers d'Europe.

Le dépôt à ossements du Léberon est bien supérieur aux couches marines de Cabrières, et cependant tous les Mammifères dont on y rencontre les débris présentent quelques différences avec les espèces actuelles ; plusieurs même appartiennent à des genres inconnus aujourd'hui: Machairodus, Ictitherium, Dinotherium, Aceroibermu Hipparion, Helladoiherium, Tragocerus,

Pour expliquer cette différence entre la longévité des Mammifères et celle des Mollusques, on doit considérer que les Mammifères ont un squelette composé d'un

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grand nombre d*os, tandis que les Mollusques ont pour la plupart une coquille très simple; l'organisme si compliqué des premiers doit être plus exposé que celui des seconds à subir quelque changement dans une de ses parties. Sous ce rapport, je suppose qu'il en est un peu des Mammifères comme d'une machine fabriquée parles hommes : plus les pièces sont nombreuses, plus en général il y a de chances pour que Tune d'elles se dérange. Mais il y a entre l'œuvre des hommes et le Mammifère cette différence, que la machine s'arrête quand ses pièces sont modifiées par l'usure ou toute autre cause, au lieu que, dans la nature, les changements sont mis à profit pour amener une intarissable variété sans suspendre la marche de la vie : les Vertébrés ont poursuivi à travers les âges leur évolution harmonieuse, sans cesse modifiés, et, à chacun de leurs changements, tendant à réaliser une perfection nouvelle dans l'ensemble du monde.

Cette mobilité des types vertébrès rend difficile l'étude de leur évolution ; comme urf personnage de théâtre qui, à chaque scène, changerait de costume, ils ne peuvent être reconnus que si Ton a présents à l'esprit les traits principaux de leur physionomie. Les Mammifères ont subi de telles métamorphoses pendant l'époque tertiaire, qu'on a de la peine à établir des comparaisons entre les espèces ou même les genres du commencement du miocène et les formes actuelles, à moins de s'aider

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des types des époques intermédiaires. Aussi les naturalistes qui se livrent à des recherches de géographie paléontologique trouvent-ils souvent dans Tétude des animaux inférieurs et des végétaux plus de ressources que dans celle des Mammifères.

J en ai eu une preuve frappante :

M. Marion, ayant étudié les plantes miocènes du Puy en Velay, était arrivé à des considérations intéressantes en comparant Thabitat de ces plantes et celui des végétaux vivants qui s'en rapprochent ; il me demanda si je pouvais établir également les relations géographiques des Mammifères du Puy avec ceux de notre époque. Je ne pus lui indiquer des analogies entre aucune faune du monde actuel et les Mammifères du miocène inférieur du Puy, attendu que la plupart de ceux-ci appartiennent à des types maintenant éteints. On sait, au contraire, que dans le milieu des temps secondaires, il y avait déjà une multitude d'Invertébrés et de plantes dont les genres existent encore aujourd'hui.

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