I. Âlcide d'Orbigtty
En i8^î, M. Fortoul, ministre de l'instruction publique, fonda la chaire de paléontologie; il y nomma Alcide d'Orbigny.
Je voyageais alors dans l'ile de Chypre. Après trentequatre ans. je me rappelle encore le beau palmier au pied duquel je reçus la nouvelle de la création de la chaire ; j'étais au bord de la mer dont les flots donnent une idée de l'immensité, sous le ciel diaphane de l'Orietit qui jette i'àme dans l'infini. J'eus une vive joie à la pensée que désormais on m'apprendrait à lire dans ce livre merveilleux de la nature passée dont la majesté dépasse encore toutes les majestés de la nature actuelle. I Et puis, je supposais qu'Alcide d'Orbigny devait enfin
I être heureux ; il était resté huit ans en Amérique, où il
L avait passé beaucoup de temps chez des peuplades sau-
■ vages; ensuite il s'était livré à des travaux excessifs, il
■ avait excité sur tous les points de la France le goût des P études paléontologiques, etàl'âgede quarante-neuf ans, I il était encore sans position.
^U L'annéf d'après, en 1854, je rentrai en France ; je ne
^h trouvai pas Alcide d'Orbigny tout à fait content, car si ^B on l'avait nommé professeur-administrateur de paléon-