‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle, les luthiers et les fabricants d'archets; (volume 2)Chapitre 105 sur 151 · DEUX EN BOURDONS · texte numérisé non relu

DEUX EN BOURDONS

D'après Praetorius (début du xviie siècle).

LES ANCÊTRES J)IJ VIOLON

par syiiipalhie harmonique qui de l'Inde a passé en Turquie par la Perse \ »

Selon Prielorius c'est à la « viola bastarda )>, dont on a vu le dessin plus haut, que les An<j^lais eurent les premiers l'idée d'ada[)ter des cordes sympathiques ^

Quoi qu'il en soit, voici ce que Jean Rousseau dit à propos des cordes de laiton :

(( Le père Kircher dit que les violes des Anglois estoient ci-devant montées en partie de semblables chordes, et Ton voit encore aujourd'huy une espèce de dessus de viole monté de chordes de laton, qu'on appelle Viole d'Amour; mais il est certain que ces chordes font un méchant effet sous l'arcKet, et qu'elles rendent un son trop aigre ; c'est pour cela que les François ne se sont jamais servy de pareilles chordes, quoyque quelques uns en ayent voulu faire ressay\ »

Cet auteur ne connaissait pas l'emploi des cordes de laiton, en tant que cordes vibrantes; mais il ne résulte pas moins de ce qui précède, qu'à l'époque où il publia son traité, la viole d'amour était connue depuis longtemps en Angleterre. Les mots : « Et l'on voit encore aujourd'huy une espèce de dessus de viole monté de chordes de laton^ qu'on appelle Viole d'Amour », ne laissent aucun doute à ce sujet. Fétis ne donne donc pas un renseignement exact lorsqu'il dit que c'est Ariosti qui fit entendre la viole d'amour pour la première fois à Londres, à la sixième représentation d'Amadis, de Hœndel, en 1716*, c'est-à-dire environ trente ans après la publication du traité de Jean Rousseau.

On devait connaître la viole d'amour en Italie, avant la fin du xvii*" siècle. Il suffit d'examiner les beaux modèles qui ont

Page 1