Fétis. Biographie
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rl('' collai ni iU p.ir Icv liilliicrs il.i liens .111 (l(''l)iil du win' sirclc, poiii' rire (•()ii\.uiisii (|ii(' Ton 11 (''l.iil (l(''i;i |)liis n Iji |)(''i*io(l(^ (les ('ss;us, cl (jiic CCS ;irlislcs ir.nir.Mcnl pu l'ciissji- -i jcs l'.iii-c iuissi |>,nT.iils , si CCS iiisli'uiiiciils n\i\ .iiciil |»,is cic |U'nli- (jiiés depuis l()ngl(Min)s. Du i'cs- U\ (Iniis une exposition d'inslruments de nuisi(jiie cl (Taiilo^rnplies (l'ni-lisles célèbres, laite en 1898 à I] resein, il y avait « une viole d'amour fabriquée à Breseia en 1500' ». Si rinstiMinicnt ainsi désigné est bien réellement une viole d'amour, l'usage euroi)éen des instruments à archet et à double espèce de cordes serait donc très ancien.
Nous re})roduisons la charmante viole d'amour que M. L.
van U aefelghem l'ait entendre avec tant de succès à la Sociélé des Inslnimens anciens'^ ^ car elle est tout à l'ait reniar(|uable comme facture.
Montée de sept cordes en boyau, dont trois filées d'argent, et de sei)t eoi'des vibrantes, elle est signée : P(foIo Alelzie, Vene-
1. Le Ménestrel du dimanche 11 septem- '''^^'^ d'amour (xviii° s.) brc 1898, p. 29 i. Appartenant
2. La Sociôlo «les Instrumens anciens a été ^ ^- ^°^^" '^^^ Waefelghcm. fondre j)ar MM. Louis Diéiner, clavecin:
.luh's Dcisarl, viola a tranibe, Louis ^'an
Waefeli^luMii. viole daniour, el l'auteur de cet ouvraije, vielle. Klle est présidée par M. L. Diéiner, et a donné sa première séance à la salle IMcvol. le 28 mars 1895; depuis 1890 les séances ont lieu à la salle Erard.
SOS LES ANCÊTRES DU VIOLON
tia^ iîW. Son cheviller, d'une grande élégance, est orné d'une ravissante sculpture représentant un Amour ailé, ayant un bandeau sur les yeux.
Elle mesure :
Longueur du corps sonore .... 4oo millimètres.
Largeur du bas 240 —
— du milieu 125 —
— du haut 190 —
Hauteur des écHsses, en bas ... 55 —
— — en haut. . . 45 — Longueur du cheviller y compris
la tête sculptée 24o —
On rencontre assez souvent des violes qui ont été montées en viole d'amour. Pour arriver à ce résultat, on a dû creuser le manche sous la touche, afin d'avoir l'espace nécessaire pour le passage des cordes vibrantes, et comme le cheviller n'était pas assez long pour qu'on pût y ajouter de nouvelles chevilles, ces cordes ont été attachées à de petites chevilles en fer que l'on a placées en dessous, près du sillet.
Ariosti (Attilio), moine dominicain, né à Bologne vers 1660, remporta de grands succès sur la viole d'amour. Compositeur distingué et instrumentiste habile, le pape lui avait accordé, dit-on, une dispense qui l'exemptait des devoirs de son état et lui permettait de composer pour le théâtre. Après avoir fait représenter Daphne et Enfile^ à Venise, il devint, en 1698, maître de chapelle de rélectrice de Brandebourg, et donna plusieurs opéras à Berlin, à Lutzenbourg, à Bologne et à Vienne. Mais c'est à Londres, où il se rendit en 1716, que l'attendaient ses plus grands triomphes. Fait sans précédent jusqu'alors en Angleterre, on imprima entièrement ses partitions de Coriolan et de Lticius Venis^ dont la réussite avait été complète. De plus, il se fît entendre comme virtuose sur la viole d'amour, à la sixième représentation de VA77iadis de Hœndel, dans un
M'.S VIOLKS -200
mil- .iclc, cl ><ni hc.iii l.ilciil cxcil.i un \ <''nl;il>l(' «'iillioii- > I ,■ I -^ 1 1 H ' .
Il ;i l.nssr, soiis joi-inc dr /fziffuf, six soii.'ilcs pour l.i \i()l(» (r.iiiioiii- ; elles se IroiiNeiil (l.iiis im Noiliiiie, loi'l r;ire ;iiij()iii-- (rinii. cniileii.iiil éo,i|('iii(.||| six ejnil.iles. l(M|iie| ;i (''lé publié p.ir souscriplion. ;'i !jui<Ir<'s. «ui 1728, el |M)ile ce Mire : ('(iiihilrx (ind nmllecliini of lessons foi' l/ir oïole d'amore.
(l.niswid. (jui \i\;iil l\ Pi'ngiic nu siècle dci-iiiei\ se (il éi»;il(Mn(Mil rcmiircjuer comme vii'luosc sur hi viole d';iinoui-. Il composa })liisicurs conciM'tos, des sonates, des duos el des Irios pour son inslrumenl, et forma de bons élèves, parmi lesquels on remanjue Powliezck, Eberle et François Ricliler, (pii fui le plus lial)il(\
Désirant faire vi'ai, autant ({ue possible, et lappeler b^s douces et pénétrantes sonorités des instruments en usage au temps où s(* passe l'action de son opéi'a Les Huguenots^ Meyerbeer a (mi Theureuse idée d'utiliser la viole d'amour pour le prélude^ et Taccompagnement de la romance du ténoi- (pii se li'ouve au |)remier acte de cet ouvrage. C'est d'un effet charmant; mais on doit regretter que les artistes chargés d'exécuter cette partie à l'orchestre de l'Opéra, à Paris, aient i)ris, depuis longtemps déjà, l'habitude de ne l'aii'e entendi'e seulement (pie le prélude de ce morceau sui* In viole d'amour, et d'en accompagner tout le reste avec Tallo. Telle n'a })as été l'intention de l'auteur, et il nous semble qu'avec un peu de bonne volonté, il serait facile de restituer cet accompagnement à l'instrument pour lequel il a été écrit. En le faisant, on montrerait du respect à la fois pour le maître et pour le public.
M. Gustave Charpentier vient aussi de faire un très heureux emploi de la viole d'amour dans sa Louise^ dont la première représentation a eu lieu tout récemment à l'Opéra- Comique.
LKS ANCETRES DU VIOLON
La (( viola bordone », ou baryton, avait aussi des cordes vibrantes, dont le nombre a souvent varié; d'abord de sept
VIOLA n O R D O N 1 ;
(Musée instrumental du Conservatoire de musique, à Paris).
et de onze cordes, il est arrivé progressivement au cbifTre de vingt-deux.
LKs^vi()iJ-:s 211
Il m (xislc, à Londi't's, .111 Sof//// Kcnsinf/ton Muséum, un Irrs IxMii sjMMiinrii (loiil j;i c.iissc i.M ppcllc, pjii' ses contoups, (•«'Ile (le l.i l\ rc-N iolc (le Mci'sciinc, cl (jiii polir hi si«^aï;ilur(' (lo JoMcliim Thiclkc, li.iiiibonii^^, KiSii, l«Mjii('hi hiissc divers in^liiiiiicnls : inlii, violr, ^iiiLiic, cU*., (jiii sont des cliefsd\rii\i«* de ni,ii'(|iielerie el «rincnisUitioii de bois, iinere, ivoir»', oi' et ni';4(MiL
Un non moins hcNui modèle de <( viola bordone » se Irouvc jMi musée insIrnmenUd du Consei'vatoire de musique à Paris '. Il est de Norbert Bedler, luthier de la cour de Bavière, et daté de Wiirlzbourg, 1723.
Ce baryton est monté de six cordes de boyau et de dix-huit cordes d(* lailon. H a des échancrures sur les côtés de la caisse, comme une viole ordinaire, deux ouïes et une toute p(4ite rosace au-dessous de la touche. Attachées à un cordier, les six cordes de boyau iej)osent sur un chevalet très élevé (M passent au-dessus de la touche qui n'a pas de divisions ou cases, avant d'aller retrouver leurs chevilles, lesquelles sont placées sur les côtés du cheviller. Les dix-huit cordes de laiton, accrochées à des boutons qui sont enfoncés dans l'éclisse, de chaque côté de la cheville servant à retenir le cordier, s'appuient sur un chevalet très large et très bas, placé en travers et au-dessous du grand, et de là vont rejoindre le cheviller en passant à découvert, dans rintérieur de la poignée du manche. Elles sont protégées, au-dessus de la table, par la touche et par une petite lablette décorée d'ébène et d'ivoire. Les tables sont ornées de filets et ont des bords arrondis, dépassant les éclisses; celle du fond est coupée en sifflet; dans le haut, près du manche, une charmante tête sculptée termine le cheviller. Voici l(^s proportions de cetTnstrument :
Longueur totale 1,400 millimètres.
— de la caisse y compris
les bords des tables. 0,690 -*