‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle, les luthiers et les fabricants d'archets; (volume 2)Chapitre 12 sur 151 · Edward Jones, ouvrage déjà cité · texte numérisé non relu

Edward Jones, ouvrage déjà cité

LE CROUTII 13

monic. Dans le sycomore nous trouvons la musique. Six chevilles, lorscjue nous les vissons, tendent les cordes, et ces six cordes sont infi^énieusement imaginées pour produire cent sons sous Faction de la main; une corde pour chaque doigt est vue distinctement, et les deux autres sont pour le pouce '.

On voit que ce brave Gruiïycld Davydd ab Ilowel tenait son instrument en très haute estime. Mais nous savons, par lui, qu'au xv° siècle, le croutli à six cordes était construit en bois de sycomore, qu'il valait une livre, que sa tête était encore arrondie comme celle du crouth à trois cordes du xi' siècle, que son dos était voûté et que l'on en tirait des sons plaintifs. De plus, que les cordes étaient disposées de la même manière qu'elles le seront encore trois siècles plus tard.

Cette disposition des six cordes du crouth est des plus intéressantes à étudier. Etablie d'après une règle généralement adoptée, on la retrouve absolument semblable sur le dessin d'un manuscrit anglais du xi^ siècle', sur le dessin de Strutt^ et sur celui de Daines Barrington*.

Quatre cordes seulement passent au-dessus de la touche, les deux autres se trouvent en dehors, à gauche du manche. Ces deux dernières étaient des cordes pédales, qui ne pouvaient être actionnées par les doigts pour en changer l'intonation, et qui, par suite, sonnaient toujours les mêmes notes.

Par ses cordes pédales, placées en dehors de la touche, le crouth à six cordes contenait le principe du téorbe, qui s'est d'abord appelé chitarrone (grande guitare), dont certains auteurs attribuent l'invention à Bardella, musicien du xvi° siècle, au service du duc de Toscane; et d'autres à Téorba, qui lui aurait donné son nom.

1. Celte traduction est empruntée à Fétis, Antoine S/rodivari. p. 20.

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