‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle, les luthiers et les fabricants d'archets; (volume 2)Chapitre 23 sur 151 · VIEILLARDS DE L APOCALYPSE TENANT DES VILLES A CINQ CORDES · texte numérisé non relu

VIEILLARDS DE L APOCALYPSE TENANT DES VILLES A CINQ CORDES

Poi'lail de l'ég-lisc d'Anzy-lc-Duc (début du xi^ siècle).

est percé de trous, dont quelques-uns ne se voient plus aujourd'hui; mais comme ceux qui ont été effacés par le temps n'occupaient pas les mêmes places, il est facile d'en connaître le nombre exact en comparant les chevillers des instruments que nous donnons; or, il y avait cinq trous, ce qui veut dire cinq chevilles et, par suite, cinq cordes.

La lyra, n'ayant pas d'éclisses et n'étant montée que

LKS A.NCÈTKKS IJ L VluLUN

d'une seule corde, on se trouve donc en présence de vièles, et, si le manche, qui est d'un maniement facile à cause de sa longueur, n'en a pas tout à fait le caractère, s'il n'est pas complètement indépendant de la caisse, c'est que l'artiste a négligé de rendre ce détail auquel il n'attachait sans doute pas grande importance. Heureusement, il a eu

le soin d'indiquer les éclisses, les ouïes et le nombre des chevilles, ce dont on doit lui savoir beaucoup de gré, car les personnages et leurs accessoires sont relativement petits, sur cette sculpture assez simple et })eu avancée en art.

La grande vièle ovale, à cinq cordes, jouée par un personnage à longue barbe, qui se voit sur le portail de l'église de l'abbaye de Saint- Denis, du xif siècle, doit être la reproduction fidèle d'un instrument du temps. Sa table est ornée d'une élégante bordure; les deux ouïes, allongées, sont plus rapprochées du manche que sur les instruments à archet modernes; son manche est complètement indépendant de la caisse et tous les accessoires : cordier, chevalet, cordes, etc., sont exécutés avec beaucoup de soin.

Sur le portail occidental de la cathédrale de Chartres, xii" siècle, se trouve une élégante vièle à cinq cordes, de forme allongée qui est aussi une copie fidèle. Le fond de sa caisse est absolument plat; elle a un cordier, mais pas de chevalet, et un grand trou rond, percé au milieu de la table, figure les ouïes.

Il n'en est pas de même sur celle qui est jouée, comme

Portail

(le l'abbaye de Saiiit-Dciiis

(xiic siècle).

LA VI km:

un violon, [)ar un des rois du clinpileau de l'églistî de Saint-Georges de Hoseherville. Ici, lout (îsL inccrliludc (juant au nombre el à la disposition des cordes, car sur le moulage de ce cliapileau, (|ue nous avons étudié minutieusement au Musée des anli(|uités, à Rouen, il n'y a pas trace d'accessoires. C'est ce (jui explique l'indécision de Coussemaker, (|ui, après avoir d'abord classé cet instrument sous le nom de vièle ' , le présente ensuite comme étant une gigue '. Cependant, en l'absence des })etits détails, si précieux , on peut toujours consulter l'instrument lui-même.

Or, les côtés de la caisse étant à angles droits, il devait avoir certainement des éclisses; le fond n'y est pas entièrement plat, mais légèrement voûté , comme sur certaines guitares et le cheviller, en trifolium, est disposé pour recevoir quatre ou cinq chevilles.

En raison de ces particularités, nous considérons que cet instrument est bien une vièle et que la première classification.

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