Essai sur les instruinenls de musique an Moijcn Aye
48 LES ANCÊTIIES DU VIOLON
faite par Cousscmakcr, élait la meilleure. La vièle, petit crouth à manclie dégagé, avait conservé à peu près le même nombre de cordes que son devancier. On vient de voir que celles d'Anzy-le-Duc et de Saint-Denis en possédaient cinq; ce chiffre est aussi celui que lui assigne Élie de Salomon, au xiii" siècle'.
Jérôme de Moravie" donne trois manières différentes d'accorder la vièle^; voici, d'après M. Perne \ la traduction de ce précieux document :
« La vièle, dit-il, quoiqu'elle monte plus haut que la rubèbe, ne monte plus ou moins que selon les différentes manières dont elle est accordée par diverses personnes, car la vièle peut être accordée de trois manières. Elle a et doit avoir cinq cordes. Dans la première manière, elle s'accorde ainsi : la première corde sonne D (RÉ grave) (1); la seconde T (GAMMA VT, SOL, note ou corde la plus grave de tout le système); la troisième, G dans les graves (SOL grave, octave du sol précédent); les quatrième et cinquième, toutes deux à l'unisson, donnent le D dans l'aigu (RÉ aigu); et alors la vièle peut monter depuis gamma ut (SOL le j)lus grave) jusqu'à ^ double (LA aigu, quinte de RE aigu), de la manière suivante :
<( Or, nous disons que la seconde corde donne par elle-
1. « Sicul vidimus, quod in vicllà non sunl nisi (juinqua? chorda? el Ininon, pocundum divei'silalcni lacLuni chordarum, puncli et soni viella' poïïSuiil inuUii)licari ultra quinquaî punctos, pro voluntate actoris et cantùs qui regitur in illis instruments, velint vcl nolint actores. » — De scientiâ artis 7)msic\v 127i\ ouvrage dédié au pape Grégoire X et publié i)ar Gerbert dans Scriplores ecclesiaslici, t. III, p. 20.
2. Le dominicain Jérôme de Moravie passa une partie de sa vie dans le couvent de la rue Saint-Jac<pies, à Paris.