‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle, les luthiers et les fabricants d'archets; (volume 2)Chapitre 25 sur 151 · I.A VIÈI.K · texte numérisé non relu

I.A VIÈI.K

môme T (SOL le plus ^rave); par rai)])licalion de Tindcx, cll(^ (loiiiKMa A (LA ^ravc) ; du mrdiairc. U (Si bécarre grave); de Tannulaire (1 dans le grave (UT gravej.

« La so.conde corde, (jui, la j)remière dans la vièle, est le bourdon des autres, ne rend (jue 1) iWll gravej; et cela parce que, étant attachée en dehors du corps de la vièle, c'est-à-dire sur le côté, elle se dérobe à l'application des doigts; mais les deux sons qu'elle ne peut rendre, c'est-àdire E et F (MI et FA grave), sont donnés à l'octave par les quatrième et cinquième cordes qui y suppléent.

(( La troisième corde donne par elle-même (à vide) G ( SOL octave de SOL le plus grave); i)ar l'application de l'index, a (LA octave de LA grave); par rapi)lication du médiaire recourbé sur lui-même, b {/)) (SI bémol) et du même doigt tombant naturellement, d bécarre (Si bécarre); par l'application de l'annulaire, r aigu (UT aigu).

« La quatrième corde et la cinquième donnent par ellesmêmes d diïgu (RE aigu); en appliquant l'index, on obtient e (MI aigu) ; par le médium, on a /'(FA aigu) ; par l'annulaire^ (SOL aigu) et par l'auriculaire on obtient « double (LA aigu). Telle est la vièle, qu'elle embrasse la propriété de tous les modes, ainsi qu'on vient de le voir clairement. C'est la première manière d'accorder la vièle. »

D'après ce qui précède, les cordes à vide de la vièle devaient donner :

la i"^ ou bourdon

la 2*^ :

laS-^

la 4" et la 5^ à l'unisson :

zut

TJKT

Avec l'application des doigts on obtenait donc l'échelle suivante :

f K Corde.

(Hour{it)n)

2^ Corde.

xr

3? Corde.

4^ et 5? Cordes.

à 1 unisson.

ou ♦*

mr^

:Mgr.

50 ij:s a.ncetuhs dli violon

Mais le passage de la deuxième corde à la première, puis de celle-ci à la troisième, devait être très incommode pour TarcheL qui touchait sans doute bien souvent la deuxième corde, soit à l'aller ou au retour. Il semblerait plus logicjue d'admettre, que, les deuxième et troisième cordes s'employaient simultanément et formaient à elles deux une corde double accordée à l'octave? Cependant, Jérôme de Moravie indique séparément le doigté de chacune d'elles, tandis qu'il donne en même temps celui des quatrième et cincjuième, qui sont accordées à l'unisson. Peut-être a-t-il voulu désigner, par là, que la seconde et la troisième étaient bien des cordes simples?

Nous pensons que, si Jérôme de Moravie parle de la seconde corde avant la première, (juand il décrit les sons obtenus avec rap[)lication des doigts, c'est parce qu'il a voulu commencer sa démonstration par la note la plus grave de l'instrument, et qu'il a préféré intervertir l'ordre des cordes, plutôt que de présenter une suite de sons ne se succédant pas logiquement de bas en haut. C'est même ce qui nous donne la certitude que la première corde devait son-

ner : |v'' o— =1 et non pas l'octave inférieure : )' — ,

qui serait du reste trop grave pour être obtenue, la vièle n'étant pas d'assez grandes dimensions pour cela.

Il est bon de faire remarquer aussi que lorsque Perne fait suivre le nom des notes par les expressions « grave » ou (( aigu », il doit interpréter fidèlement la pensée de Jérôme de Moravie, et établir de cette façon une comparaison avec les voix d'hommes que la vièle était appelée à accompagner. Or, depuis que, pour la facilité de l'écriture, et surtout pour la grande commodité des chanteurs, on emploie la clef de sol deuxième ligne, au lieu de la clef d'ut quatrième, pour les parties de ténors, ces voix sont écrites une octave au-dessus de leur diapason réel ; aussi

LA VIKLK

croyons-nous ôlre duns le vi'ai en pl.iriinL .liiisi le bi aigu :

C'est sans doute conformément à cette première manière que devait s'accorder la vièle à cincj cord(îs qui est tenue de la main droite par le premier vieiliai'd du deuxième rang à gauche sur le tympan du portail de l'église de Moissac; car, deux de ses cordes, celles qui sont placées sur le côté gauche, paraissent être accouplées pour former une corde double, tandis que les trois autres, d'abord à égale distance, dans l'espace compris entre le cordier et le chevalet, se séparent légèrement après avoir passé sur celui-ci. Les deux placées au centre continuent leur chemin aussi rapprochées l'une de l'autre qu'elles l'étaient au départ, pendant que celle qui se trouve sur le côté droit s'éloigne d'elles et a l'air de devenir un bourdon. La main qui tient l'instrument empêche de s'assurer quel est exactement le rôle de cette corde, mais nous croyons que c'est un bourdon et nous fondons notre opinion sur les instructions de Jérôme de Moravie que l'on vient de lire et aussi sur celles qui vont suivre. Le bourdon de cette vièle se trouve à la place occupée par la chanterelle sur les instruments à archet

V I i: L K A (.IN Q c: o R D j: S I\)rLail de Tég-lisc de Moissac (xii*^ siècle ).

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