‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle, les luthiers et les fabricants d'archets; (volume 2)Chapitre 34 sur 151 · I.i iiii^ JiliCMipc s;i \ iric · texte numérisé non relu

I.i iiii^ JiliCMipc s;i \ iric

(aI lliMisIc, cil clialmôlc, 1^1 cil Mnlri' rcclijiiilc <•! noie ( ) ;i l;i l\ l'c () ;i la rôle.

[liiinuin (/il Clii'i'dl ii'i' il l l'/ii'i'.)

(À'Iui (jiii siivaiL un coiiLe ou une chanson de geste, (levai l rinlerpi'éter sans trop se faire prier :

Fi/, se lu scz contes conter Ou chanson de geste chanter Ne le laisse pas trop proier.

[Enseiijneiiicnl Trebnr.)

Dans le passage suivant, il est question de deux lais de Marie de France : le lai des Deux Amans et le lai du ClûcvefeaUle^ anecdote empruntée au roman de Trïsiaa et Yseull :

Grans fut la feste, mes pleines i ot tant,

Moût a anui les iroio contant

Bondissent timbres et l'ont feste moût grand.

Harpes et gigues et jugleors chantant,

En lor vièle vont les lais vièlant,

Qui en Bretagne firent ja li amant,

Del chevrefoie vont le sonet disant,

Que Tristan fit cpie Yseut aima tant.

{\aù de Colin Musol.)

C'est aux airs à danser que la musique doit, en grande partie, la vivacité de ses rythmes. Quelques-uns sont venus jusqu'à nous, soit par leurs noms, soit par les mélodies populaires; le fameux branle du Poitou est déjà cité au xiu'' siècle :

Car j'oï si grant mélodie.

Conques tèle ne fut oïe En ciloles et en vièles; Oï faire notes nouvelles, Dames et sons poilevinois Oï en cors sarrazinois,

64 LKS AACKÏUES DU VIOLON

Timbres y avoit et araincs, Psallérion, muse, douzaine, Chevrettes, buisines, tabors, Dont moût me plaisoil li labors; Instruments de toute manière I a voient et a vois })lenièrc Chantoient cil qui les menoient.

(RiciiAUD DE ForuMVAL, lu Pdnlli're.)

On voit, par les deux derniers vers, que les musiciens chantaient et jouaient tout à la fois.

C'est ainsi qu'un personnage, Tort curieux est représenté sur une sculpture de rancienne église abbatiale de Cluny ( Saône-et-Loire) , actuellement au musée de cette ville, coiffé d'une sorte de bonnet phrygien ; il a Tair de chanter, tout en s'accompagnant vigoureusement sur sa vièle à quatre cordes.

En France, ce furent les ménestrels qui remplacèrent les bardes druidiques, et de même que leurs devanciers, ils chantèrent les hauts faits des guerriers qui s'étaient le plus distingués par leur valeur ou qui étaient morts en combattant. Nos premiers rois eurent, sous le nom de ménestriers, des poètes pour célébrer leur victoire et transmettre à la postérité les belles actions dont ils avaient été témoins. Les ménestrels marchaient à la suite des armées, et leur emploi ne consistait pas seulement à entonner les chansons de Clotaire *,

1. Celle eluuisoii en kUiu el limée, lui composée au relour d'une sani^lanlc expédition conlic le pays Saxon, où, d'après la chronique, le roi franc ne laissa vivant aucun des honnnes donl la taille dépassait la longueur de son épée :

De Glotario cancre est roge Francorum,

Qui ivit pugnare cuin gente Saxonum,

Quam graviter provenisset missis Saxonum,

Si non fuisset inclitus Faro de gente Burgudionum.

Quando veniunt in terram Francorum,

Faro ubi erat princeps, missi Saxonum,

Instinatu Dei transeunt per urbem Meldorum,

r<e interficiantur a rege Francorum.

LA VIÈLb: 65

de CbarIoinn<i[ii(' cl de Roland', mais encore à commencer Tatlaque et à ouvi'ir le combat.

De curieux détails sui" l;i |)roression des ménétriers rjui suivaiciil les ai'mées, et principalement celle de Guillaume le (loïKjuérant, sont racontés par Geofiroy Gaimar, poète anglosaxon du xiT siècle ', et par Augustin Tliieri'v : « A la bataille crilaslings (1 i octobre 1066), dit ce dernier ', un Normand, appelé Taillel'er, poussa son cheval en avant du front de bataille et entonna le chant, fameux dans toute la Gaule, de Charlemagne et de Roland \ En chantant, il jouait de son épée, la lançait en l'air avec force et la recevait dans sa main droite. Les Normands répétaient ces refrains en criant : Dieu (àde ! Dieu aide ! »

Robert Wace rappelle le même fait :

Taillefer ki molt bien cantoit Sur un caval ki tost aloit Devant ax s'en aloit cantant De Karlemaine et de Roland Et d'Olivier et des vassaus Ki morurent à Rainscevaux,

[Ronuai du Rou.)

Les tours d'adresse du ménestrier Taillefer ont été représentés sur la tapisserie de Bayeux, dite de la reine Mathilde.

Le ménestrel Berdic, ainsi que plusieurs autres, accompagnaient également Guillaume le Conquérant.

Mais les ménestrels n'excitaient pas toujours les guerriers,

1. Pour cette chanson, voir Kastncr, Manuel général de musique militaire, p. 6o, rcnv. 3, et pp. 72, 73 et 74.

2. Histoire des Rois anglo-saxons^ qui se trouve au Muséum Britannicuni. Voyez Roquefort, État de la poésie francoise dans les xii^ et xiiic siècles, p. 83 et 8i.

:>. AiT.isTix TiiirunY. Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands, I. I. p. 213.

\. On connaît lanccdote du roi Jean II dit le Bon, qui. à la bataille de Poitiers, en 13oG. ayant entendu un soldat chanter cet hymne au moment même où l'action allait s'engager, lui dit : // g a longtemji.s quil ng a plus de Roland. Ce ù «{uoi le soldat lui rt''|)un<lil : // g a longtemps aussi quil n' g a plus de C/iarleniagne.

HH LES ANCÊTUES DU VIOLON

ainsi que les bardes, ils s'employaient parfois pour séparer les combattants \

Philippe-Aupfuste avait h sa cour le poète llélinand, qui lui racontait pendant son repas des aventures de chevalerie et d'autres sujets tirés de la fable ou de l'histoire :

Quant li rois ot mangié, s'appela Élinanl. Por li csbannoïer commande que il chanl; Cil commence à noter ainsi com li jaïanl Vourent monter au ciel, come gens mescréant Entre les Dieux en ot une bataille grant, Se ne fust Jupiter, à la foudre bruïant, Oui lous les desrocha : j'a n'eussent garant.

Rn/nnti (VAledandre.

Déjà, dans l'antiquité, on ajoutait aux plaisirs de la table, par des spectacles, des jeux et des concerts. Cette coutume, qui semble avoir été commune à tous les peuples, existait encore dans la Gaule après l'invasion des Francs et se continua très longtemps après, car l'abbé Choisy rapporte, dans sa Vie de Charles Y, que pendant le dîner de la reine, il y avait un priid' ho m tne qui faisait des contes. On lit aussi dans le roman d'Ameis de Carthage :

Uois Anseis doit maintenant souper; Mais il faisoit un Breton viéler Le lai Goron comment il doit fmer Comme faitement le convient définer.

Ce n'étaient pas seulement les rois et les nobles qui avaient des jongleurs attitrés pour égayer les repas; les évèques, les abbés, les papes même se plurent à embellir ainsi leurs fêtes ^ et introduisirent des comédiens et des bouffons dans

I. « Ouanl aux bardes, ils chanlaienl, an son do la lyio ou autre insliuiiuMil lie musique, les faits des vaillants hommes mis en vers liéi'oï(iues, et donnaient telle auloi'ité ù la poi'sie. quaueuns poètes, se metlaid entre deux armées inaintes fois appaisèrent la fureur des gens darmes jnèls à eluxjuer. » Faucliol Antiquités f/auloiscs^ liv. I. ehap. iv.

'i^. <■ Dans beaucoup de nnuiaslrrc^i. les j(Hiyl(MU> riirciil enq)i(»vés à traduire

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