‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle, les luthiers et les fabricants d'archets; (volume 2)Chapitre 38 sur 151 · UoguEKORT, Essai sur la puesie. etc., ouvrage déjà cité · texte numérisé non relu

UoguEKORT, Essai sur la puesie. etc., ouvrage déjà cité

7i LKS ANCÊTRES DU VIOLON

L'un des deux rivaux dit à l'autre .

Ge te dirai que ge sai faii'c Ge sui jiiglcres de vièle, Si sai de muse et de frestele Et de Iiarpe et de chifonie De la i*igue, de l'armonie ; VA el salleire et en la rôle Sai-ge bien chauler une uolc

Saint Louis exempta les jongleurs qui arrivaient à Pans (lu droit de péage qui se percevait à Tcntrée de la ville, sous le petit Chastelet, à condition qu'ils feraient sauter leurs singes et chanteraient une chanson devant le péager : (( Li singes au marchant doit quatre deniers, se il pour vendre la porte ; et si li singes est à home qui Fai acheté par son déduit, si est quites, et se li singes est au joueur, jouer en doit devant le paagier, et por son jeu doit estre quites de loute la chose qu'il achète à son usage, et ausitost li jongleur sont quite por un ver de chançon \ » De là le proverbe, pai/er en gambades on en monnaie de singe.

Les trouvères cultivaient aussi la vièle, de là les noms et surnoms de viéleurs donnés à quelques poètes musiciens. Parmi les plus célèbres, on cite Jonglet : « qui fut, dit Fauchet, un menestrier appris, fort renommé et estimé... comme principal en ce mestier près le dit empereur Conrad ».

1. Esfahlisspmenfs des métiers de Paris, par Estienno Boileau, qui fuï^l prévost do Paris, dopuis 1258 jusqu'en 1268, manuscr. fonds de Sorbonno, chap. delpnnçie de petil ponl. Cilo par Ro<[nofoii.

« A Rouen, une franchise semblaJjle fui accordée nai>uère. non pas aux singes. mais aux célestins. Les religieux de cet ordre n'étaient exempts de payer l'entrée de leur boisson qu'à la charge qu'un père célestin marcherait à la léte delà première des charrettes sur lescpielles on conduisait le vin, et sauterait d'un air gai, en i)assanl auprès de la maison du gouverneur de la ville. Le père Lecomle. célcslin. donna connaissance à Richelel de cette singulière coutuni*^: il ajoute» qu'une fois un de leurs frères parut devant les charrettes i)lus gaillanl que tous ceux (pi'on avait vus auparavant, et que le gouverneur s'écria : « ^'oilà un plaisant célestin! » c'est-à-dire un célestin qui. en matière de gambades, l'emportait sur tous ses compagnons. Cela passa en proverbe; mais lorsqu'on dit à un homme : « Vous êtes ini plaisant célestin, on manpie à c(M homme «lu'il na pas le sens tout à fait droit. » (Kastner, ouvrage déjà cité.)

LA VIKLK 75

Lu sien \ iclor (ju'il a Ouon nppollo acrori Jon^N'I.

l'il app(*l(M' j)ar un vailcl.

Il est sago ctfiiTanI a|nis,

\ii savoil oi cl apii<.

Maiiih' chaii^^on cl inaiiil hiaii conl*''.

Mais il y avait aussi des femmes meneslrelles. La belle Dœte, de Troyes, l'une des plus renommées, était également au nombi'e des poètes chanteurs de Tempereur Conrad, à Mayence'.

A cette même cour de Conrad, Hue de Braie Selve, ménestrel français, y enseignait la danse :

L'emperoies le linl molt corl .

Que li apprist une dance, Que firent pucelles de 1^'rance A Tormel de Treinelli.

Colin Muset, dont nous avons déjà donné plusieurs fragments de poésies, était un viéleur non moins estimé; mais Adenès li rois est un de ceux qui honorent le plus la vièle et la ménestrandie. Trouvère et ménestrel de Henri IH, duc de Brabant, un de ses ouvrages obtint le chapel de rose dans un Puy d'amour et lui valut son surnom. Ce poète est l'auteur des romans de Cléomadès^ qui contient 18,688 vers, Les enfances d'Of/ier le Danois^ Aymeri de Narbonne et de Berthe et Pépin. On le représente, sur une miniature de son roman de Cléomadh^ la tête couronnée, à demi agenouillé devant la reine Marie de France et tenant sa vièle à la main'\

\, Faiciiet. Anlirpiil.. p. 517.

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