‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle, les luthiers et les fabricants d'archets; (volume 2)Chapitre 54 sur 151 · E. DE LA Bédollikre. Mœuvs el vie privée des Fraiiiois · texte numérisé non relu

E. DE LA Bédollikre. Mœuvs el vie privée des Fraiiiois

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trois, citée si souvent dans les anciennes poésies, devait être l'ancien croutli, dont le nom était altéré'.

Coussemaker, qui partage l'opinion émise par Bottée de Toulmont, estime que rote dérive de chrotla, mot germanique dont on a supprimé le signe d'aspiration cJi, comme on l'a fait dans beaucoup de noms ayant la même origine, et démontre de la façon suivante que la rote et la chifonie n'étaient pas le même instrument :

« Ce n'est pas en effet, dit-il, de vola ou de rolare que vient le nom de rote, mais de chrotla^ instrument de musique des peuples du Nord, vraisemblablement le plus ancien des instruments à archet. S'il restait quelque doute à cet égard, il devrait disparaître devant les citations suivantes puisées dans les poésies du Moyen Age, el choisies de façon à prouver, de la manière la moins équivoque, que la rote n'était ni la vielle de nos jours, appelée alors symphonie ou chifonie, ni la vièle d'alors. On lit dans le Roman de Brut :

De vièle sol et de rote ;

De giglie sot, de symphonie.

c( Dans le Roman d'A this et dans celui de Vace, on trouve :

Et ciplîoncs et vielles Rotes et harpes el muselles.

Rote, harpe, vielle et gigue et ci^onie^ »

Voilà donc un fait acquis, le mot roto ne s'employait pas pour désigner la vielle à roue ; et il nous paraît assez logique d'admettre que les poètes continuaient à donner, par imitation, le nom de rote à la plus grande des vièles, qui n'était qu'un crouth à manche dégagé, et cela parce qu'on la tenait de la même façon que l'instrument primitif pour la jouer. Ainsi, on disait indifféremment dans notre vieux langage :

1. Bottée de Toulmont. Disserlatioii sur les ins/runtenls de musique employés an moyen dye.

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