Essai sur les insfruments, ouvrage déjà cité
lollc, lollic, l'olc ou rode ; parce (|U(î «laiis la l)as.s(i ialiuilé on avail (lil : < /iiolht^ nthi^ ri)(ln\ Ccpcndanl on ne p(Mil arCiriiKT que ce mol n'a pas scrxi aussi, dans (•(Vilains ('as. |)oiir indi- (juer un aulre insliainienl à coi'dcs.
Dans un sirventc de (iiraud de (laleneon, du xiT siècle, portant le litre de Fadet joijlar, et adressé à un jongleur pour rinvitei* à se rendre habile dans le jeu des instruments de musique et dans tout ce qui concernait son art, il est question d'une rote garnie de dix-sept cordes :
Fadet jo^lar
Sapchas
Taboreiar E far la seiiifonia brugir.
E sitolar
E mandiirear
Mani corda
Una corda
E faits la rota A XYII cordas garnir.
Sapchas arpar
E beii trempcar La giga e'I sons csclarcir.
Joglar leri
Del salteri Para X cordas estrangir.
IX estrumens
Si be'ls aprens Ben poiras fol esferezir.
E eslivas
Ab Yotz pivas E las lyras fai retentir
E del temple
Per inemple Fai totz les cascavels ordir^
\. Chrolla Bilannia canal. \. Fortunatus. — Cainpanula, vidula, rota, Const. Afric. — El aliqua alla gênera dulcia vmsiconun, ut sunt, violœ, cythara et roclœ, San., lib. II, pail. 4, cap. xxi.
2. Niais jongleur, sache jouer du tambour, des lablelles, de la symphonie, de
iU\ Li:S A.NCÊTUES 1)1' VIOLON
Or, la rôle à archet ne pouvait être montée de dix-sept cordes; ce n'est que cinq ou six siècles plus tard que l'on rencontre la lyre-viole, qui en possédait un aussi grand nombre, et quelquefois ])lus encore. Giraud de Calentron n'a donc pu parler que d'un instrument à cordes pincées, du genre de la harpe et du psaltérion, lesquels sont cependant toujours cités par les vieux auteurs en même temps que la rote et la symphonie.
Du reste, Coussemaker admet deux espèces de rote, l'une à archet et l'autre pincée. Il donne même deux figures représentant, selon lui, cette dernière espèce, d'après des manuscrits de la Bibliothèque royale de Bruxelles. La première de ces figures montre un roi qui joue d'une harpe dont l'intérieur du triangle, dans lequel sont tendues les cordes, au lieu d'être vide, forme une caisse de résonance percée d'ouïes. Sur la deuxième figure, la caisse sonore ne remplit pas tout à fait l'intérieur du triangle. En somme, ces deux instruments sont des sortes de psaltérion ou de tympanon, que l'on joue en les tenant comme des harpes, et dont on pince les cordes avec les doigts d'une seule main, au lieu de les pincer avec un plectre, ou de les frapper avec une baguette.
Dans son ouvrage sur l'école de chant de Saint-Gall, le P. Anselm Schubiger nous apprend que l'instrument à cordes que l'on désignait parfois sous le nom de rote était un psaltérion : « Le psaltérion à sept cordes, dit-il, était l'instrument auquel les anciens moines de Saint-Gall donnaient de préférence la dénomination allemande de rota. »
Notker Labeo le décrit de la manière suivante dans ses œuvres allemandes sur la musique : « La lyre et la rote ont sept cordes de la même couleur. Le psaltérion ou rote est
la mandorc et du monocorde. Fais garnir la rote de dix-sept cordes; sache jouer de la harpe et bien accorder la gigue. Joue gaiement du psaltérion, fais résonner
ses dix cordes. Si tu apprends bien neuf instruments, tu poui'ras ; fais sonner
les trompettes avec et la lyre; et du temple, i)our l'exemple, fais sonner
toutes les cloches.