GIGUE A QUATRE CORDES
I.a ]'ic/ge entourée des saints, Gio-Bellini (fin du xv^ siècle). Académie royale
de Venise.
Deux gigues, ayant des chevillers semblables au précédent, sont entre les mains des anges qui entourent la Vierge, sur le magnilique bas-reliel* italien du xv'' siècle \ repré-
1. Ba!*-reliof du numnincnl lînrbariiro. xv siècle. Hnyale académie des Beaux- Ails, à \'onis('.
LES ANCKTUKS DU VIOLON
sentant V Assomption de la Vierge. Les cordes, les chevalets, les cordiers et les archets ne sont pas représentés.
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Assomption de la Vierge, bas-relief du moimmcnt 13urbarig-o (xv^ siècle). Académie royale des Beaux-Arts, à Venise.
La gigue de l'ange qui se trouve à gauche de la Vierge est exactement de môme forme que celle de Gio-Bellini. La
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caisse de rinihc insli'unu'nl a des éeliancrures sur les côlés.
Douze aii«^^es, jouaiil de diiïérenls instruments, entourent la Vienje et i! Enfant Jésus, d'Angcdieo Fra Giovanni, (jui est à la Galerie royale des Offices, à Florence. L'un d'eux y joue une gigue très exacte dans tous ses détails.
La gigue était considérée comme un instrument très gai. Giraud de Calenç-on, troubadour gascon du xnf siècle, don-
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Manuscrit Simon '^début du xvi'' siècle). Bibliothèque de Kouen.
nant des conseils à un jongleur, termine ainsi : « Et bien accorder la gigue pour égayer l'air du psaltérion. »
Sur le frontispice du manuscrit Simon, fait dans les premières années du xvi'' siècle pour Georges 1"* d'Amboise, cardinal ministre de Louis XII, roi de France, qui est aujourd'hui à la bibliothèque de Rouen, on voit deux enfants qui jouent, l'un d'une gigue en forme de losange, et l'autre d'un petit chalumeau. Ici, l'instrument est à peine esquissé, l'archet a la forme primitive d'un arc très prononcé.
Jérôme de Moravie a négligé de faire connaître l'accord de la gigue. Nous pensons que, lorsque celle-ci n'avait que deux cordes, on devait les accorder par quintes, comme sur la rubèbe ; et que si elle en possédait trois, l'une des manières décrites par cet auteur pour la vièle lui était applicable. Quant à la gigue italienne à quatre cordes, son accord devait être inspiré de la deuxième manière indiquée pour la vièle, mais sans corde double, et le tout à une quarte ou à une quinte plus haut que pour les autres instruments, puisque la gigue était plus petite et par conséquent d'un diapason plus élevé.
Toutes ces suppositions sur les accords ne s'adressent, bien entendu, qu'aux gigues françaises, anglaises et italiennes, qui étaient des instruments aigus. Mais en Allemagne, où il y avait des gigues de différentes grandeurs, que l'on désignait par le nom collectif de geige, et qui, au xvi*" siècle, formaient un quatuor complet, montées de trois cordes, elles s'accordaient ainsi :