GIGUE ALLEMANDE
D'après Lucinius
(xvn« siècle).
Dessus.
Alto.
Ten
or.
Basse.
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Nous donnons, d'après Luscinius*, le dessein de la plus petite de ces gigues. Les autres étaient absolument semblables de formes, et n'en différaient que par les proportions. Prœtorius donne le dessin d'un instrument semblable (planche XXI de son ouvrage) et le nomme « Geigen vin Octav hôher' ».
Ainsi que nous l'avons déjà signalé, le mot geige s'appli-
1. Ottomaiu Llscinii. MiLsUryiu, sen Praxis niufiicie, de ii. Pr/1-:toiuus. Tliealrinn Inslrunienloruin^ etc.
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(|iiiul indiUV'i'cniiiiciil, en Allrin;it;n(', à loiis les iiislriuiieiils •i cordes cl à .irclicl. Liisciiiius ;i|)|)cJl(i <« gross i\r'\*^r » un iiislrmnciil Ar loriiic Loul .nilrc, (jui est une grand(3 viole ;i neuf coidcs ,ivcc un inanclic coui'L cl Inr^^c, ayant de [)r()fondcs cl liiuilcs ccluuicrures sur les cotés, et un clieviller ployé en arrière comme celui du luth. Nous nous occuperons de cette u gross Geige » dans le chapitre consacré aux violes.
Le violon, avec son timbre mordant et incisif, porta un rude coup à la gigue. Bannie des concerts, reléguée à la danse, elle se confondit bientôt avec le rebec et tinit par disparaître avec lui. Les maîtres h danser, qui faisai(Mîl, comme on Ta vu plus haut, partie des corporations ménétrières, furent les derniers à s'en servir. Mais en même temps que diminuait son prestige, on diminuait aussi la largeur de sa caisse, afin de permettre à ces messieurs de la mettre dans leur poche après chaque leçon. C'est ce qui lit donner à l'ancien instrument rétréci le nom de poche ou pochette; son peu de son lui valut aussi celui de sourdine.
Voici, d'après Mersenne, le dessin de la pochette imitée de la gigue. Plus tard, la pochette devenant prétentieuse s'attribua les formes du violon.
On peut admettre comme pochette, imitée à la fois de la gigue et du violon, l'instrument que joue Eurydice la Bdle^ sur la facétieuse estampe du xvii'' siècle que nous reproduisons.