Mersenne. llannonie universelle, liv. IV, |). "ilD
2. Risi er/o inacliuuunenlwn homhium. Glahkan. Dodecnchorden. lias;, lo47, cap. XVII, lil). I, p. 'i*.).
LA ÏIIO.M rKTTK M AUINK 175
son liouif/cois (/cnlil/HHmiic. Lorsijiic. M. Joiirdnin rcroit de son inaîlrc de iniisicjiK^ le conseil d(î donner, une fois par semaine, chez Ini nne Tôle musicale :
Lh MAITHK l»K MUSIOUK.
An i*('sl(\ moiisi(Mii-, va\ iTcsI, pas assc/ ; il fjnil, ((u'uikî personne ronuno vous, qui ôlcs mat»iii(i((U{î cl qui avez d(î rinelinalion pour les belles choses, ail un conceil, <le musique cIkv. soi lous les mercre(hs ou lous les jeudis.
M. JOL'HIJAIN.
Est-ce que les ^cns de (pialilé en ont?
Le MAITRE DE MUSIOUK.
Oui, monsieur.
M. Jourdain.
J'en aurai donc. Gela est-il beau?
Le MAITRE DE MUSIQUE.
Sans doute. Il vous faudra trois voix : un dessus, une haute-contre et une basse, qui seront accompagnés d'une basse de viole, d'un léorbe et d'un clavecin pour les basses continues avec deux dessus de violon pour jouer les rilournelles.
M. Jourdain.
Il y faudra mettre aussi une trompette marine. La trompette marine est un instrument qui me plaît et qui est très harmonieux.
Le maître DE MUSIQUE.
Laissez-nous gouverner les choses*.
11 n'y a qu'une voix pour décrier la pauvre trompette marine, car dans son histoire manuscrite de la musique, écrite vers 1760, Dom Caffiaux dit que c'est un instrument dont le son aigre est insupportable ^ J.-J. Rousseau, qui publia son Dictionnaire de musique en 1768, oublie d'en parler.
1. I.i- Bniiif/rols f/en/i//iniiuiii', icpiôsoillé à (lli.uilboi'd, le 14 octobre 1070, cl à l'.iri-. le 2i> novonihic <\o l.i iiuMue année, acte II, scène i"^.
2. DuM (Iafkiaux. Hislnii)' ih' ht iinisif/ur. I. I. flisM(M*t. "i, p. n:i P>il)l. nat.\
17() LKS ANCETllES DU VIOLON
Malgré les critiques justes ou injustes qui lui furent adressées, la trompette marine figura longtemps dans les concerts royaux, où elle tint une place très honorable. Elle semble avoir été suffisamment cuirassée pour que les railleries arrivent jusqu'à elle sans l'atteindre. Les artistes qui la jouaient dans la bande de la Grande Ecurie des rois de France étaient en même temps joueurs de cromorne'. Parmi les titulaires de cette charge, on compte : Alexandre, Jacques, et Nicolas Anglard Danicamp dit Philidor, les trois premiers du nom, Claude Alais, liâmes, Edme de Pot dit du Mont, Julien Dernier, Philippe Breteuil, Corbet'. Sous Louis XVI, la trompette marine dut céder la place à la contrebasse actuelle ; elle disparut alors, pour ne plus jamais reparaître.
Dans Xerxès^ opéra de François Cavalli, représenté d'abord à Venise en 1654, et ensuite à Paris, le 29 novembre 1660, dans la haute galerie du Louvre, à l'occasion du mariage de Louis XIV, il y avait une entrée de marin jouant de la trompette marine.
En 1674, à Londres, on donna des concerts avec quatre trompettes marines, ainsi que la montre cette annonce alléchante :
(( Rare concert de quatre trompettes marines, qui n'a jamais été entendu en Angleterre, Si quelqu'un désire l'entendre, il peut se rendre à Fleet-Tavern, près de Saint-James vers deux heures de l'après-midi, tous les jours de la semaine, le dimanche excepté. Le concert durera une heure et recommencera aussitôt après. Les meilleures places sont à un shilling, les autres à six pence ^ »
1. Le cromorne était une sorte de hautbois : il y en avait tout une famille.
"2. Étal de la France^ 1702.
3. Gazette de Londres, 4 février IG74, n" OGl. Cité par llalévy.
LA TROMIM'TTK M A IM NK
Avouons (jue ce qualuoi" do Irompellcs iTiarines ne devait |)as ôtre banal.
Un musicien allemand, nommé J.-M. Gctllc, a composé Irente-six petits morceaux pour deux trompettes marines, qui se trouvent dans un recueil de musique de cet auteur, ayant pour titre : Miiiica (jenialls lalïno-gennanko (Augsbourg, 1674).
Le Musée du Conservatoire de Paris possède deux modèles de trompette marine (n"' 204 et 205 du catalogue). L'une d'elles, ayant des cordes vibrantes tendues à l'intérieur de sa caisse, pourrait s'appeler, pour cette raison, trompette marine d'amour.
DICORDL
Lu Nef des fous, Sébastien Krandt (xvi'' siècle)
IJ
T R I T (J -N S M i; S I C I i: N s Jiullft ((>nii(/i(c <lc la lioifiic, M.D.LXXXIF.