‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle, les luthiers et les fabricants d'archets (volume 3)Chapitre 112 sur 158 · SOS LES ANCÊTRES DU VIOLON · texte numérisé non relu

SOS LES ANCÊTRES DU VIOLON

tia, 17W. Son cheviller, d'une grande élégance, est orné d'une ravissante sculpture représentant un Amour ailé, ayant un bandeau sur les yeux.

Elle mesure :

Longueur du corps sonore .... 4°° millimètres.

Largeur du bas 2^0 —

— du milieu 125 —

— du haut 190 —

Hauteur des éclisses, en bas ... 55 —

— — en haut. . . 45 — Longueur du cheviller y compris

la tête sculptée 24o —

On rencontre assez souvent des violes qui ont été montées en viole d'amour. Pour arriver à ce résultat, on a dû creuser le manche sous la touche, afin d'avoir l'espace nécessaire pour le passage des cordes vibrantes, et comme le cheviller n'était pas assez long pour qu'on pût y ajouter de nouvelles chevilles, ces cordes ont été attachées à de petites chevilles en fer que l'on a placées en dessous, près du sillet.

Ariosti (Attilio), moine dominicain, né à Bologne vers 1660, remporta de grands succès sur la viole d'amour. Compositeur distingué et instrumentiste habile, le pape lui avait accordé, dit-on, une dispense qui l'exemptait des devoirs de son état et lui permettait de composer pour le théâtre. Après avoir fait représenter Daphne et Erifile, à Venise, il devint, en 1698, maître de chapelle de l'électrice de Brandebourg, et donna plusieurs opéras à Berlin, à Lutzenbourg, à Bologne et à Vienne. Mais c'est à Londres, où il se rendit en 1716, que l'attendaient ses plus grands triomphes. Fait sans précédent jusqu'alors en Angleterre, on imprima entièrement ses partitions de Coriolan et de Lucius Verus, dont la réussite avait été complète. De plus, il se fit entendre comme virtuose sur la viole d'amour, à la sixième représentation de VAmadis de Hsendel, dans un

entr'acte, et son beau talent excita un véritable enthousiasme.

II a laissé, sous forme de tezioni, six sonates pour la viole d'amour; elles se trouvent dans un volume, fort rare aujourd'hui, contenant également six cantates, lequel a été publié par souscription, à Londres, en 1728, et porte ce titre : Cantates and a collection of tessons for the viole d'amure.

Ganswid, qui vivait à Prague au siècle dernier, se fit également remarquer comme virtuose sur la viole d'amour. Il composa plusieurs concertos, des sonates, des duos et des trios pour son instrument, et forma de bons élèves, parmi lesquels on remarque Powliezck, Eberle et François Richter, qui fut le plus habile.

Désirant faire vrai, autant que possible, et rappeler les douces et pénétrantes sonorités des instruments en usage au temps où se passe l'action de son opéra Les Huguenots, Meyerbeer a eu l'heureuse idée d'utiliser la viole d'amour pour le prélude et l'accompagnement de la romance du ténor qui se trouve au premier acte de cet ouvrage. C'est d'un effet charmant; mais on doit regretter que les artistes chargés d'exécuter cette partie à l'orchestre de l'Opéra, à Paris, aient pris, depuis longtemps déjà, l'habitude de ne faire entendre seulement que le prélude de ce morceau sur la viole d'amour, et d'en accompagner tout le reste avec l'alto. Telle n'a pas été l'intention de l'auteur, et il nous semble qu'avec un peu de bonne volonté, il serait facile de restituer cet accompagnement à l'instrument pour lequel il a été écrit. En le faisant, on montrerait du respect à la fois pour le maître et pour le public.

M. Gustave Charpentier vient aussi de faire un très heureux emploi de la viole d'amour dans sa Louise, dont la première représentation a eu lieu tout récemment à l'Opéra- Comique.

La « viola bordone », ou baryton, avait aussi des cordes vibrantes, dont le nombre a souvent varié; d'abord de sept

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