‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle, les luthiers et les fabricants d'archets (volume 3)Chapitre 113 sur 158 · VIOLA BORDONE · texte numérisé non relu

VIOLA BORDONE

(Musée instrumental du Conservatoire de musique, à Paris).

et de onze cordes, il est arrivé progressivement au chiffre de vingt-deux.

11 en existe, à Londres, au South Kensington Muséum, un très beau spécimen donl la caisse rappelle, par ses contours, celle de la lyre-viole de Mersenne, et qui porte la signature de Joachini Thielke, Hambourg, 1686, lequel a laissé divers instruments : luth, viole, guitare, etc., qui sont des chefsd'œuvre de marqueterie et d'incrustation de bois, nacre, ivoire, or et argent.

Un non moins beau modèle de « viola bordone » se trouve au musée instrumental du Conservatoire de musique à Paris '. Il est de Norbert Bedler, luthier de la cour de Bavière, et daté de Wiirtzbourg, 1723.

Ce baryton est monté de six cordes de boyau et de dix-huit cordes de laiton. Il a des échancrures sur les côtés de la caisse, comme une viole ordinaire, deux ouïes et une toute petite rosace au-dessous de la touche. Attachées à un cordier, les six cordes de boyau reposent sur un chevalet très élevé et passent au-dessus de la touche qui n'a pas de divisions ou cases, avant d'aller retrouver leurs chevilles, lesquelles sont placées sur les côtés du cheviller. Les dix-huit cordes de laiton, accrochées à des boutons qui sont enfoncés dans l'éclisse, de chaque côté de la cheville servant à retenir le cordier, s'appuient sur un chevalet très large et très bas, placé en travers et au-dessous du grand, et de là vont rejoindre le cheviller en passant à découvert, dans l'intérieur de la poignée du manche. Elles sont protégées, au-dessus de la table, par la touche et par une petite tablette décorée d'ébène et d'ivoire. Les tables sont ornées de filets et ont des bords arrondis, dépassant les éclisses; celle du fond est coupée en sifflet; dans le haut, près du manche, une charmante tète sculptée termine le cheviller. Voici les proportions de cet instrument :

Longueur totale î/ioo millimètres.

— de la caisse y compris

les bords des tables. o,btjo -*

t, N° 168 du catalogue, édition 1884.

Largeur du bas o,4oo millimètres.

du milieu o,25o

— <lu haut o,33o —

Hauteur des éclisses, en bas . . o,i33 —

— en haut . . o, 1 15 —

Longueur des ouïes 0,118 —

— de la poignée du man-

che 0,270 —

— du cheviller o,/Joo

Vidal donne l'accord suivant du baryton à six cordes, mais sans en indiquer la source :

JE

et dit : « La plus grave des cordes sympathiques s'accordait sur :

en montant par succession diatonique jusqu'à la dernière '. » L'intervalle de sixte qui se trouve entre la quatrième et la cinquième corde nous surprend beaucoup; il doit probablement y avoir erreur.

D'après Cari Engel, la « viola bordone » à sept cordes s'accordait ainsi :

mjyrr^

et la corde sympathique la plus grave était aussi

VR

Le baryton, qui n'a jamais été en faveur qu'en Allemagne.

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