‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle, les luthiers et les fabricants d'archets (volume 3)Chapitre 40 sur 158 · Stow, Description de Londres, cité par Kastner · texte numérisé non relu

Stow, Description de Londres, cité par Kastner

2. Blondel, surnommé de Nesles, du lieu de sa naissance, a été l'un des chansonniers les plus csliinés du xue siècle

3. La Chronique de Rains, publiée sur le manuscrit de la Bibliotnèque du roi par Louis Paris, archiviste de la ville de Reims, membre de la Société royale des antiquaires de France. Paris, Techner, place du Louvre, 12, 1837, p. 53 et suivantes.

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« — Ciertcs, dist-elle, oil, un qui ja estoit bien a . ttti . ans, « mais nous ne poons savoir qui il est ciertainement. Mais « on le garde moult songneusement, et bien espérons qu'il « est gentius hom et grant sires. » Et quand Blondiaus entendi ces paroles si fu merveilles liés et li sembla en son cuer qu'il avoit trouvé çou qu'il quéroit. Mais ains ne fist samblant al ostesse. La nuit dormi et fu aise et quant il oï la gaile corner le jour, si se leva et ala à l'église proijer Dieu qu'il li aidast, et puis vint au castiel et s'accointa au castelain de laiens, et dist qu'il estoit menestreus de viièle et volontiers demouroit avec lui s'il lui plaisoit. Li castelains estoit jouenes chevaliers et jolis et dist qu'il le retenroit volentiers. Adonc fu liés Blondiaus et ala querre sa viièle et ses estrumens et tant servi le castelain qu'il fu moult bien de laiens et de toute la maisnie et moult plot ses siervices. Ensi demoura laiens tout l'iver, onques ne pot savoir qui li prisoniers estoit. Et tant qu'il aloit .1. jour, es fiestes de Pasques, par le jardin qui estoit lès la tour, et regarda entour, savoir se par aventure poroit veoir le prisonier. Ensi corne il estoit en cette pensée, li rois regarde et vit Blondiel et pensa cornent il se feroit à lui conoistre; et li souvint d'une canchon qu'il avoient fait entr'eaux deux, que nus ne savoit fors que eux deus. Si comencha haut et clèrement à canter le premier vier, car il cantoit très bien. Et quant Blondiaus l'oï, si sot certainement que c'estoit ses Sires. Si ot à cuer le plus grant joie quil ot onques mes à nul jour. Et se parti maintenant dou vergier et entra en sa cambre où il gisoit, et prist sa viièle et comencha à vièler une note, et en violant se delitoit de son Signeur qu'il avoit trouvé. Ensi demoura Blondiaus deschi à pentecousle, et si bien se couvri que nus ne se pierchut de son affaire. Adont vint Blondiaus au castelain et li dist : « Sire, s'il a vous plaist, je me iroie volentiers en mon pays, car lonc « tans a que je n'i fui. — Blondiel, biau frère, ce dist h « castelains, ce ne ferez vous mie, se vous m'en créés.

« Mais demorès encore et je vous ferai grant bien. — Ciertes, Sire, dist Blondiaus, je ne demouroie en nule ma- « nière. o Quant H castelains vit qu'il ne le pooit retenir, si li oclria le congier et li donna boine ronchi noeve. A tant se parti Blondiaus dou castelain et ala tant par ses journées qu'il vint en Engletère et dist as amis le Roi et as barons, où il avoit le Roi trouvé et cornent. Quant il orent entendu ces nouvièles si en furent moult liés. Car li rois estoit li plus larges chevaliers qui onques cauçast esporon. Et prisent consel entr'aus quil envoiroient en Osleriche au dus pour le roi raiiembre : et eslurent .ii. chevaliers qui là iroient, des plus vaillans et des plus sages. Et tant alèrent par lor journées qu'il vinrent à Osteriche au dus et le trouvèrent en .1. sien castiel et le saluèrent de par les barons d'Engleterre et li disent : « Sire, il vous mandent et prient « que vous prendès de lor signor raenchon : et il vous en « donront tant qu'il vous venra en gré. » Li dus lor respondi qu'il s'en conselleroit. El quant il s'en fu conselliés si dist : Signeur se vous le volés ravoir, il le vous convient racaterde .ii. cens mil mars d'esterlins; et si n'en reprendès plus ma parole, car ce seroit paine perdue. — Atant prisent li message congietau dus et disent que ce reporteroient li as barons et puis si en eussent conselg. Adont revinrent en Engletère et disent as barons çou que li dus lor avoit dit. Et il disent que ja pour cou ne demouroit. Adonc fisent aprester lor raenchon et le lisent envoier au dus. Et li dus délivra le roi. Mais anchois li list douner boine sûreté que jamais il n'en seroit moliesté.

« Ensi avint que li rois Richars fu raiiens et fu recheus en Engleterre à grant houneur : mais sa terre en fut moult grevée et les églises del règne, car il lor convint mettre jusques as calices, et cantèrent lonc tans en calisces d'estain. »

Les ménestrels jouaient un rôle important dans la création des chevaliers. Avant la cérémonie du bain, « vont par devant

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les chevaliers, chanlans, dansans, et esbatans jusques à l'huys de la chambre dudit escuyer » . Après cette cérémonie : « les escuyers esbatans et dansans seront admenez par devant l'escuyer avec les ménestrels faisant leurs mélodies jusques à la chapelle1 ». Cela devait être très gai et très animé quand on armait un chevalier. En résumé, les ménestrels étaient toujours avec l'écuyer candidat, à toutes les cérémonies préparatoires, et lorsque le roi lui avait donné l'accolade, en lui disant : soyez bon chevalier, ils accompagnaient encore le nouvel élu jusqu'à sa chambre. En récompense des fonctions qu'ils avaient exercées en pareil cas, ils recevaient : les vêtements que l'écuyer avait quittés pour revêtir le costume de chevalier, plus un marc d'argent si l'écuyer nouvellement élu était bachelier, le double s'il était baron, et le double encore s'il était comte ou plus que comte.

L'Allemagne avait aussi ses poètes, chanteurs et musiciens appelés Minnesinger [chanteurs d'amour), qui étaient, pour la plupart, de très haute lignée; car on trouve parmi eux un empereur, des rois, des princes, des ducs, des margraves et des comtes. Les plus célèbres furent Klingsor, Wolfram d'Eschenbach, Walther de Vogelweide, maître Gottfried de -Strasbourg, Reinmar l'Ancien, Ulric de Lichtenstein, Tannhâuser (le héros de R. Wagner), etc.

Dans les Nibelunfjen, qui ont été terminées, dit-on, vers 1 210, le poète donne les rôles les plus brillants aux chanteurs joueurs d'instruments. Lorsque Ezel, roi des Huns, envoie des ambassadeurs vers les rois des Burgondes, il choisit deux joueurs de vièle, Werbel et Swemmel, pour remplir cette

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