CC ET COINS D'UN VIOLON D ANTONIO ET GIROLAMO AMATI
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Antonius, & Hteronymus Fr. Aman Cremoncn Andréa3 fil. F. I 630
Iruments d'un fini merveilleux. Leurs violons sont généralement de petit patron, avec des voûtes assez élevées et commençant à une certaine distance des bords.
Après la mort d'Antonio, Girolamo Amati travailla seul :
HieroûimusÂmatî Cremonensis Pecit Anno Salutis l6£fl
LE VIOLON ET SES I > I . l; 1 \ i -
Nicolo Ani.ili (Crémone, 3 septembre 1596-I2avril 1681 . (ils c[ successeur de Girolamo, es! le plus célèbre de toute sa famille. Jusqu'en 1645, il copia les modèles de son père; mais à partir de celle date, il agrandit son patron, abaissa
//, CA] i l < OINS D DU Al.ro ni Il SON ÉTIQUETT]
Nicolaus Amatus Cremoaçi Hieronymi fihi fecit .Amôsi
un peu les voûtes et produisit les beaux instruments connus sous l<' nom de grands Anta/i. Il forma de nombreux disciples, parmi lesquels on remarque Andréa Guarneri, ainsi que l'immortel Antonio Stradivari.
Girolamo Amati Crémone, -<> février 1649 i\ fé-
vrier 1740), lils de Nicolo, fut le dernier luthier de ce nom. Ses œuvres sont peu connues.
Nous savons aujourd'hui, par des pièces d'archives découvertes récemment, que Gasparo da Salô, naquit, en 1542, à Salô, petite ville sur le lac de Garde, et qu'il mourut à Brescia, en KiO!>. Son nom patronimique était Bertolotti ', mais il avait adopté, selon l'usage du temps, celui de son pays d'origine. Il travailla à Brescia, et son œuvre comprend des violons, des violes et des « violoni » ou contrebasses.
Dans le violon de ce maître, que nous reproduisons, la personnalité de l'auteur est accusée par les plus petits détails. Ce sont d'abord : la table avec sa voûle peu élevée et commençant près des bords ; les CC allongés et se terminant par des coins pointus, au milieu desquels se dirigent les onglets très courts des doubles tilets qui décorent les tables ; puis les f J\ également pointues, mais très ouvertes et placées presque parallèlement. Le vernis rouge brun est devenu presque noir.
D'une exécution hardie, ce violon inspire la confiance par son air de franchise; on sent en lui le compagnon solide et sans prétention. 11 mesure :
Longueur totale de la caisse . . . 35i millimètres,
Largeur dans le bas. 200
— au milieu 116
— dans le haut 160
Longueur de l'ouverture des CC. 80
— des// 81
On voit que ce violon contient déjà le modèle de la voûte des tables, que Stradivari adopta un siècle plus tard, ainsi que la l'orme pointue des /./de Guarneri del Gesù.
Giovanni-Paolo Maggini, qui travailla à Brescia de 1590
l. <;. Livi Nuova anthologia, 16 aoùl 1891, cité parle docteur Coutagne.
à 1640, s'était inspiré tic Gasparo da Salô, dont il lui sans doute l'élève.
Ses violons les plus célèbres sont ceux qui ont appartenu à Charles de Bériot et à notre cher et regretté Léonard. Le premier est aujourd'hui la propriété de M. le prime de Chimay ; le second appartient à M. Marteau. Le patron est très grand, les voûtes commencen taux bords:
les f f longues, très ouvertes, sont bien placées; les éclisses sont basses; un double filet, dont les onglets ressemblent à ceux de Gasparo da Salù, se voit autour des tables, et des dessins et ornements décorent le fond ; très beau vernis jaune brun.
Son fils, Pietro Maggini, travailla aussi à Brescia de 1630 à 1680; il a laissé, diton, des '[instruments qui surpassent en qualité ceux de son père.
Les trois luthiers que nous venons de citer sont les plus originaux et les plus illustres de l'école de Brescia.
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LES ANCÊTRES hl V IOLON
puni- la première époque du violon. Leurs successeurs ont été bien moins personnels, H se rattachent plutôt, par leurs travaux, à l'école de Crémone.
GiO:PaoloMaggini, in Brelcia
II. CC, COINS 11 UTIUUETT] D US VIOLON DE C.-P. LPPARTESll A CnAKLES DE BÉBIOT
ACGIK1 \ i A N 1
Pendant qu'Andréa Amati, Gasparo da Sali'» et Giovanni- Paolo Maggini perfectionnaient le violon à Crémone et à Brescia, celui-ci se répandait de plus en plus. Il était même devenu l'objet d'un commerce d'une certaine importance dans les Flandres, car, en 1559, à Anvers, un nommé
Pielro Lupo vendit à un musicien envoyé par le magistral d'Utrech, cinq violons renfermés dans leur étui, pour la somme de soixante-douze livres. Pour s'assurer <l<- la qualité des instruments, on les faisait essayer par un joueur de profession avanl du terminer le marché, <•! il en coûtait six
Gérard Bonthorsl
du \m' siècle Mus.r royal 'I \m-i
livres tanl pour l'essai que pour le vin bu à celte occasion '.
Vers la même époque, Gérard Honthorsl peignait un
buveur tenant un verre de la main droite, <■( de la gauche un
1, Recherches sur les facteurs de clavecins ri les luthiers . par le
chevalier Lé le Burburc. Bulletins <■'•■ l'Académie royale */•• Belgique
vol. XV, 1863, p. 361.
violon très exactement dessiné et qui possède un cordier original et élégant. Un peu plus lard, Pieter van Siingelandt
nous montre un intérieur, où une ménagère semble s'intéresser au concert d'un violoniste et de deux chanteurs.
Depuis longtemps du reste le violon était d'un usage général dans toute l'Europe occidentale. En France, il figurait déjà dans les l'êtes de la Cour. — Ceci mérite une digression :
On lui voit notamment remplir un rôle très important dans le ballet magnifique que Catherine deMédicis fil représenter, en 1573, en l'honneur des ambassadeurs polonais, venus à Paris pour offrir au duc d'Anjou depuis Henri III , la couronne de Pologne :
« Elle les fcstina fort superbement en ses tuileries, dit Brantôme, el après dans une grande salle faiclc à Poste H toute entourée d'une infinité de (lambeaux, (die leur représenta le plus beau ballet qui fut jamais faict au monde je puis parler ainsy), lequel fut composé de seize dames et damoiselles des mieux apprises des siennes, qui comparurent dans un grand roch tout argenté, où elles estoient assises dans des niches en forme de nuées de tous costez. Ces seize daims représentoient les seize province de France avecques une musique la plus mélodieuse qu'on eust sceu voir; et après avoir faict dans ce roch le tour de la salle, par parade comme dans un camp, et aprè> s'être faict voir ainsy, elles vindrent toutes à descendre de ce roch, et s'étant mises en forme d'un petit battaillon bizarrement inventé, les violons montant jusqu'à une trentaine, sonnans quasy un air de guerre fort plaisant, elles vindrent marcher soubs l'air de ces violons, el par une belle cadence, sans en sortir jamais, s'approcher et s'arrester un peu devant Leurs Majestés; cl puis après, danser leur balle) si bizarrement inventé'. »
l. ].r. I'. Mexestrier. Des représentations <•» musique, Paris, 1682.
Balthazarini, dit Beaujoyeulx, ;i\;iil été amené de Turin h Paris parle maréchal de Brissac, gouverneur du Piémont, de 1550 à 1559, et présenté à Catherine de Médicis qui le plaça à la tête de sa Musique. Il prenait le titre de violon de la Chambre du roi, comme le montre la pièce suivante :