Voir lome I, p
Les diverses représentations de l'archet (sculptures, dessins, etc.) sont trop sommaires pour qu'on puisse préciser la matière dont (Hait composé ce qu'on dénomme aujourd'hui la « mèche de crins » de l'archet.
A défaut de description, il y a lieu de penser qu'on a dû se servir dès le début du crin de cheval, qui, parmi les matières connues, présentait toutes les qualités exigées dans la circonstance, sauf à l'enduire avec une résine quelconque pour lui donner du mordant sur la corde.
La mèche des premiers archets était tout simplement fixée à chacune des extrémités de la baguette au moyen d'une ligature, et l'instrumentiste empoignait à la fois le bois et la mèche de sa main droite' .
Assez souvent, le bois se prolongeait un peu à l'un des bouts au delà de la ligature de la mèche, de façon à former une sorte de poignée dont le musicien se servait pour faire mouvoir l'archet \
La hausse prit naissance sur les archets de forme allongée, qui, beaucoup plus faciles à manier que les petits arcs courts, devinrent d'un usage général dès que les instrumentistes eurent acquis un peu d'habileté. Or, avec un archet presque droit, il fallait bien empêcher que la mèche ne touchât le bois. C'est pourquoi on plaça une sorte de cale ou de coin entre eux, à l'emplacement actuel de la hausse, afin de les maintenir à une certaine distance l'un de l'autre et d'éviter ainsi tout frottement.
Ce fut cette cale, sur laquelle passait la mèche, qui devint la hausse.
Dans son tableau Le couronnement de la Vierge, Fra Angelico nous montre un ange qui joue du rebec avec un archet sur lequel un petit relief en bois sert de point d'appui
1. Voir les figures qui se trouvent dans le tome I, pages 21. 17, 55, '.s. 61. 83, 105. 120. 12.'. 138, 145 H In;
2. Voir les figures qui se trouvent dans le tome I. pages 2, 37, 16, 89, 91. 106. 125, 126, 172 el 190.
au pouce de la main droite. Ce n'est point encore la hausse, car fixé au-dessous de la ligature de la mèche, celte sorte de petit talon n'est pas utilisé pour éloigner le crin <lc la baguette. Son rôle est d'indiquer l'emplacement du pouce '
Mais une autre peinture, également du xv siècle, va nous fournir un des premiers exemples de la hausse. Nous voulons parler de la verrière des Grands cordeliers de la rue de Lourcine, à Paris, où l'on voit un viéleur qui tient en main un archet possédant une véritable hausse en forme de crochet, et après laquelle est attachée la mèche \
Du temps de Mersenne, c'est-à-dire pendant la première moitié du xvn" siècle, aucune modification sensible n'avait encore été apportée à l'archet, qui était resté à peu près dans le même état que celui dont il vient d'être question. Nous en trouvons la preuve dans la description que cet auteur fait de l'archet de violon, à tète pointue et hausse très élevée, qui se trouve à côté de la pochette que nous avons reproduite dans notre tome premier, page 163.
En se reportant à cette figure, on saisira plus facilement les explications du savant physicien :
« Les quatre chevilles servent pour bander les chordes et pour les accorder comme l'on veut, de sorte qu'il ne reste que l'archet NQ , lequel est composé de trois parties, à sçavoir du bois NQ, de la soye NO, et de la demie roiie, ou de la hausse PO. L'on appelle ordinairement ledit bois, le bâton ou le brin, et la soye le crin, parce qu'elle est composée de quatre-vingts on cent brins de crin de cheval, quoy qu'elle puisse estre prise du crin de plusieurs autres animaux ou que l'on puisse user de la soye tirée des vers, ou mesme de t''l brin de bois que l'on voudra, car s'il est frotté de colophone sic), il fera son-